La pêche tout confort

Le pavillon du Lac-des-Neiges a été construit au... (Photo: Louis Ménard)

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Le pavillon du Lac-des-Neiges a été construit au cours des années 60 pour les ministres du gouvernement québécois. Un des joyaux de la Sépaq dans la réserve faunique des Laurentides, il est maintenant accessible pour tous.

Photo: Louis Ménard

Louis Ménard

Louis Ménard
Le Nouvelliste

(Quelque part dans le bois!) Vous aimez la pêche, mais pas la rusticité ou la planification et la gestion fastidieuse des repas qui viennent avec? Si vous êtes prêts à débourser 300 $ la nuit pour un séjour de trois nuits, la Société des établissements de plein air du Québec a ce qu'il vous faut! Le pavillon du Lac-des-Neiges, un des joyaux de la réserve faunique des Laurentides, vous attend avec tout ce qu'il y a de confort, ou presque, à la ville dans un environnement à couper le souffle.

L'intérieur du pavillon du Lac-des-Neiges nous rappelle qu'on... (Photo: Société des établissements de plein air du Québec) - image 1.0

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L'intérieur du pavillon du Lac-des-Neiges nous rappelle qu'on est à la pêche sans pour autant nous priver du confort de la maison.

Photo: Société des établissements de plein air du Québec

Érigé dans les années 60 pour permettre aux ministres du gouvernement québécois d'évacuer le stress de l'Assemblée nationale, puis ouvert à l'ensemble des députés au cours des années 80, le pavillon du Lac-des-Neiges est maintenant accessible pour tous les Québécois qui désirent vivre une expérience haut de gamme de pêche à la truite mouchetée et à la truite grise (touladi). Haut de gamme comme dans installations modernes, literie fournie, gros poissons, guides et bouffe écoeurante!

Le lac des Neiges, long d'une douzaine de kilomètres, est situé dans la partie sud-est de la réserve des Laurentides. On y accède par la route 175, qui relie Québec à Saguenay, à la hauteur de la forêt Montmorency. De là, il faut parcourir 28 kilomètres de chemins de gravier fort bien entretenus. Pas besoin d'un véhicule utilitaire, une voiture vous mènera à bon port si vous roulez tranquillement et que vous comptez pêcher uniquement sur le grand lac des Neiges.

Une fois arrivés sur place, vous serez surpris par la qualité des installations.

Le pavillon est divisé en trois sections bien distinctes.

Dans la première, on retrouve les huit chambres pour deux personnes et les deux salles d'eau, une pour les femmes et l'autre pour les hommes, avec toilettes et douches. Nul besoin d'apporter savon, shampoing et serviettes, c'est fourni par la Sépaq. Tout comme le service d'entretien des chambres où une préposée fait votre lit chaque matin. Le paradis, quoi!

La deuxième partie, au centre, contient la salle à manger, une aire aménagée avec des fauteuils, pour piquer un brin de jasette, et même la télévision par satellite puisque le pavillon est alimenté en électricité par une imposante génératrice. Il y a aussi une véranda avec moustiquaire... que nous n'avons malheureusement pas vraiment mise à l'épreuve lors de notre séjour tant le mercure frisait le point de congélation lors du premier week-end de juin!

Quant à la troisième partie, elle est constituée des quartiers du chef cuisinier qui, dans cet environnement des plus modernes, s'occupe de délecter les papilles des pêcheurs affamés.

Deux menus sont offerts à chaque repas, histoire de s'assurer que même les estomacs difficiles y trouvent leur compte. À notre arrivée, le 1er juin, nous avons eu à choisir entre un appétissant filet de doré en sauce et un invitant filet mignon sauce au poivre et cognac. Dilemme, dilemme...

À l'extérieur, les usagers ont aussi droit à des installations de première classe. Un gazebo avec vue sur le lac est maintenant offert à la clientèle qui, confortablement installée, jouit d'une vue imprenable sur l'immense plan d'eau.

En fin de journée, avec le soleil qui décline à l'horizon, le panorama d'une incommensurable beauté vous fait oublier tous vos petits et gros tracas et amène cette réflexion d'une évidence parfois voilée par nos soucisquotidiens: C'est beau en ta le Québec!

Malheureusement, le poids des ans a eu raison d'un des joyaux du pavillon du Lac-des-Neiges au cours de l'hiver, le «boathouse», le hangar des chaloupes. Les embarcations y passaient la nuit à l'abri des intempéries, mais son état de décrépitude avancé a obligé les gestionnaires de la réserve à le démolir. Qu'à cela ne tienne, de nouveaux quais ont été installés et l'accès y est d'autant plus facilité que des trottoirs de bois relient maintenant le pavillon, le gazebo et les quais.

La Sépaq a aussi profité de l'occasion pour renouveler son parc de chaloupes qui disposent toutes maintenant de sièges rembourrés et de moteur d'au moins 15 forces. Le grand luxe!

De plus, une poissonnerie, avec cuves d'éviscération, réfrigérateurs et machine à glace, a été érigée sur le site qu'occupait l'ancien hangar. C'est là que sont entreposées vos prises en attendant que vous les rapportiez à la maison à la fin de votre séjour. Vous n'avez qu'à fournir la glacière, la glace est comprise.

La clientèle du pavillon du Lac-des-Neiges est avant tout corporative. La Sépaq a toutefois réservé des dates pour les groupes de pêcheurs qui désireraient vivre cette expérience unique. Majoritairement, les dates disponibles sont prévues pour des groupes de 16 personnes. Des couples de pêcheurs ont toutefois la possibilité de réserver à la chambre pour la période du 19 au 22 juillet.

Pour les couples, ces forfaits sont offerts à 300 $ par nuit et incluent tous les repas, la pêche, l'embarcation et l'essence de même que les services de trois guides pour les 16 occupants du pavillon.

Pour les périodes suivantes (16-19 juillet, 22-25 juillet,25-27 juillet et 30 juillet au1er août), des groupes de 16 personnes peuvent réserver les installations pour 200 $ la nuit, mais doivent en contrepartie s'occuper eux-mêmes de leurs repas. Les guides sont toutefois inclus dans le prix.

Il sera aussi possible de réserver pour 157 $ la nuit entre les 8 et 27 août, mais les services de traiteur et de guides ne seront plus offerts.

Les utilisateurs auront accès à la cuisine pour préparer leurs repas et les embarcations, incluant l'essence, seront toujours fournies.

Il existe une autre possibilité pour ceux et celles qui veulent se laisser tenter par le lac des Neiges: les camps Giroux.

Il s'agit d'une séries de quatre chalets reliés par une passerelle et qui peuvent regrouper 14 personnes en différentes configurations: un chalet de six dans un premier temps, puis un chalet de quatre et deux de deux dans un deuxième temps. Les 14 occupants ont accès à une cuisine commune.

Le tarif est de 157 $ par nuit pour la pêche, les embarcations et l'essence. Les guides et les repas ne sont pas inclus.

Il se fait de belles pêches sur le... (Photo: Louis Ménard) - image 2.0

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Il se fait de belles pêches sur le lac des Neiges, même quand les conditions climatiques ne sont pas vraiment propices.

Photo: Louis Ménard

Suivez-le guide...

Les installations auront beau être de première classe, la bouffe, écoeurante, si le poisson n'est pas au rendez-vous, un séjour de pêche haut de gamme n'en sera pas vraiment un. Quand on paie 900 $ par personne, 1800 $ pour un couple, pour trois jours, on s'attend à ce que les résultats reflètent le coût de la facture. La pêche étant toutefois une science inexacte grandement influencée par les conditions climatiques, en prévoir les résultats à l'avance constitue un jeu dangereux qui peut amener son lot de déceptions.

Lors de notre séjour au début de juin, la région du lac des Neiges a eu droit à des conditions très difficiles: front froid, vent du nord et pluie forte, parfois même accompagnée de grêle lors d'une sortie sur un lac de tête, le McLeod. Nous avions droit à un quota de 30 truites, incluant deux touladis, pour deux personnes et malgré ces conditions climatiques difficiles, nous sommes repartis du pavillon du Lac-des-Neiges avec 26 prises, incluant nos deux touladis!

D'autres membres de notre groupe ont eu encore plus de succès puisqu'une truite grise de 3,5 lbs et une mouchetée de

2,5 lbs ont notamment été extirpées du grand lac des Neiges. Et c'est sans compter que la plupart des pêcheurs ont atteint leur quota. Dans des conditions aussi difficiles, ce n'est pas banal!

Comment expliquer ces succès? Les trois guides mis à la disposition du groupe n'y sont pas étrangers. Ils connaissent ce plan d'eau comme le fond de leur poche et vont tout mettre en oeuvre pour que votre expérience de pêche au lac des Neiges en soit une dont vous vous souviendrez longtemps. Leurs conseils vont aller de la longueur de votre bas de ligne à la couleur du leurre à utiliser en passant par les zones à prospecter en fonction de l'espèce recherchée. Et si vous n'avez pas LA cuillère ou LA mouche et que vous promettez de rembourser en cas de perte, ils sortiront de leurs coffres au trésor l'outil qui vous aidera à connaître du succès. Lors de notre séjour, il s'agissait d'un rapala et d'une mouche Magog smelt qui avaient en commun la couleur mauve. Merci Normand pour ces deux belles truites grises!

En juillet et en août, le lac des Neiges devient, semble-t-il, le théâtre d'un phénomène rarement observé ailleurs: des grises et des mouchetées de gros calibre qui attaquent des bombers à saumon, des grosses mouches artificielles sèches, en surface en plein milieu de la journée! Selon le réputé journaliste de plein air du Soleil André A. Bellemare, ce sont des éclosions de Litobrancha recurvata qui seraient à l'origine de ce phénomène spectaculaire.

Quand vous sortez de la chaloupe, enfin, vous n'avez pas à vous taper l'éviscération puisque ce sont les guides qui s'en occupent. Alléluia!

Évidemment, trois guides pour 16 personnes, ça implique qu'il doit y avoir des duos qui pêchent sans guide chaque jour. Le gérant du pavillon du Lac-des-Neiges, Berthier Deschênes, s'assure toutefois que tout le monde a droit à l'accompagnement d'un guide au moins une fois durant son séjour. Et même si vous n'êtes pas accompagnés d'un guide, on vous suggérera de suivre les embarcations guidées pour bénéficier vous aussi des meilleurs secteurs de pêche! Ça c'est du service!

Un petit conseil: ne négligez pas la pêche à partir des quais sur le lac des Neiges. Une belle mouchetée de 13 pouces déjouée par ma conjointe est venue valider la croyance populaire qui dit que sous chaque quai se cachent bien des poissons qui attendent qu'on leur offre à manger...

La pêche ne se limite pas qu'au lac des Neiges, toutefois. Nous avons eu accès au McLeod, un lac de tête qui est toutefois d'accès difficile en raison d'un chemin parsemé de grosses roches. Ça prend un gros véhicule à quatre roues motrices, genre pick-up haut perché, pour se rendre jusqu'au sentier qui mène au lac. Une fois dans la chaloupe, cependant, c'est d'une facilité déconcertante, autant au lancer léger qu'à la mouche. Nous avons mis moins de deux heures à récolter nos 16 truites, pour la plupart dans les 12 pouces!

Parmi les autres lacs accessibles, on retrouve, entre autres, le Fradette, le Lily et le Gamache.

Pour les amateurs de pêche à la mouche, il est aussi possible d'y trouver son compte dans la rivière des Neiges. Le gérant Berthier Deschênes entend d'ailleurs mettre du temps pour développer cette activité en aménageant des sentiers puisque le potentiel de belles prises est bien réel comme il a été possible de le constater dans la passe migratoire qui relie le lac et la rivière.

Un dernier mot, en terminant: si vous avez des jumelles et un guide ornithologique, mettez-les dans vos bagages. La faune est abondante.

Pour vous informer des disponibilités ou réserver, www.reservesfauniques.com/laurentides ou 1-800-665-6527.

Les coûts de ce séjour ont été défrayés par la Sépaq.

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