«On a travaillé beaucoup dans ce dossier, depuis les années 60. Le dernier comité officiel a été présidé par Guy Laroche. On y trouvait aussi Robert Matteau de Shawinigan, André Piché et Denis Vaugeois . On se réunissait à la salle à manger du Manoir des Vieilles Forges pour travailler. Ce sont de bons souvenirs», assure-t-il.
M. Côté se souvient aussi d'un voyage au site historique de Louisbourg, en Nouvelle-Écosse, pour voir comment on s'y prenait pour faire renaître un site historique disparu ainsi que son village. En fait, l'intervention de la chambre dans ce dossier remonte à 1963 alors que sévit une querelle fédérale-provinciale autour du site. Grâce à une aide de 2500 $ en provenance du Secrétariat de la province, la chambre rédige alors un volumineux rapport sur le projet de reconstruction, incluant une revue historique, des plans détaillés de l'architecte Denoncourt et les coûts estimatifs complets et même des suggestions sur le financement et l'administration.
C'est en 1968 que naît le premier comité pour la reconstruction des Vieilles Forges alors que l'année précédente, Québec a fait l'acquisition de ce terrain de 519 000 pieds carrés et l'avait proclamé site historique. Mais le manque de communication entre les deux paliers gouvernementaux passe près de faire avorter le projet de reconstruction... qui en fait ne dépassera finalement jamais la phase 1.
Suivent ensuite de nouvelles querelles entre Québec et Ottawa, sur qui sera propriétaire des objets qui seront découverts sur le site.
En 1966, on débute enfin les fouilles archéologiques sous la responsabilité de Québec qui y consacre 100 000 $. En 1972, Jean Chrétien, alors ministre du Nord canadien annonce qu'Ottawa dispose d'une somme pour le début des travaux de restauration du site des Vieilles Forges. L'année suivante, le lieu historique national est créé par le fédéral qui prend possession du site.
Ceci dit, M. Côté ne pouvait pas vraiment commenter les coupes annoncées par Parcs Canada ni estimer si on les faisait ou pas au bon endroit. Mais il se disait un peu triste face à tout cela. «Quand un gouvernement coupe, c'est sûr que c'est malheureux. Je ne vous cache pas que ça me fait quelque chose. Quand Radio-Canada a filmé la série historique Les Forges du Saint-Maurice, c'est moi qui était leur pied à terre. Le lancement local de l'émission s'était fait au Manoir de Niverville parce que c'est là qu'était installée la chambre dans le temps. On avait fait une croisière avec les acteurs, dont Jean Duceppe. Ce fut une belle expérience», de conclure M. Côté.
Ce matin, Culture Mauricie tiendra une conférence de presse sur le site des Forges du Saint-Maurice.