Un nez rouge qui peut sauver des vies

Guillaume Vermette... (Photo: Émilie O'Connor)

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Guillaume Vermette

Photo: Émilie O'Connor

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Roland Paillé
Le Nouvelliste

Clown humanitaire, Guillaume Vermette compte à son actif trois voyages en Russie où il a été appelé à se produire devant des orphelins, entre autres. En plus de les faire rire, il a vite réalisé que son action pouvait leur apporter réconfort, voire un changement dans leur vie.

C'est par l'animation que Guillaume est arrivé au métier de clown. Alors qu'il n'avait que 17 ans, il a été engagé pour un projet dans le Grand Nord québécois. Son mandat consistait à animer des Inuits. «Je n'avais jamais vu de ma vie des enfants avec des yeux si vides. Pendant le mois que j'ai été là, j'ai rencontré un jeune qui s'est suicidé, j'ai vu de gros problèmes de toxicomanie, des accidents se dérouler sous mes yeux et j'ai eu des confidences horribles. Bref, ça m'a frappé. Encore aujourd'hui, parmi les endroits où je suis allé, ça demeure un de ceux qui me touchent le plus», raconte-t-il.

Puis, lors d'une fin de semaine de congé, il a revêtu une perruque et des accessoires qui lui tombaient sous la main. «Je me suis improvisé clown. Je suis allé dans la rue pour mon propre plaisir, et faire du bien à ces jeunes-là. Je me suis rendu compte qu'ils en avaient vraiment besoin. En plus de rire sur le coup, ça avait des impacts à plus long terme sur leur vie», témoigne-t-il. «Il y en a avec lesquels j'ai gardé contact et qui me disent: «Tu m'as vraiment donné le goût de m'en sortir, de faire autre chose, de continuer à aller à l'école».

Intéressé à poursuivre dans cette voie, il a étudié en psychologie, à l'université ainsi qu'à l'École de clown et de comédie Francine Côté, à Montréal, en plus de participer à plusieurs stages privés.

Des recherches lui ont appris l'existence de Clown sans frontières, de Dr Clown et de Patch Adams. Elles ont eu un effet indiscutable sur lui. «C'est ça que je veux faire dans la vie», s'est-il alors dit. «Un clown ne fait pas de blagues comme un humoriste. Même que je ne parle pratiquement pas dans mes prestations», fait-il remarquer. «J'utilise d'autres choses qui font du bien aux gens. Et le clown est un outil fantastique parce que c'est tellement humain. C'est toucher et/ou faire rire, avec les émotions et le mouvement. Mon personnage (Yahou, qui porte un nez rouge et un casque d'aviateur) est réellement en relation avec les personnes qu'il croise. C'est un personnage qui est naïf, attachant, accessible, qui prend le temps d'écouter et d'être là pour les gens. Ça, ça peut faire une différence».

Par la suite, il est entré en contact avec Patch Adams. «Ça fait 28 ans qu'il va en Russie à chaque année, accompagné d'une quarantaine de clowns (provenant de partout dans le monde).»

En Russie, Guillaume a visité orphelinats, hôpitaux, centres de sans-abri, foyers de personnes âgées et centres pour aveugles. «Tu ouvres une porte et tu ne sais jamais à quoi t'attendre.»

«Pendant 15 jours, on fait la tournée de ces institutions. C'est une expérience fantastique, magnifique. Je n'ai jamais autant pleuré et autant ri de toute ma vie. Ça reste encore, à mes yeux, la plus puissante (expérience) que j'ai vécue.»

Yahou travaille beaucoup avec des orphelins. «Juste à Moscou, il y en a un million. Ils n'ont aucune visite, ne font rien de leurs journées. Si un clown les visite une fois par année et passe un après-midi avec eux, tous les orphelins se rappellent de chaque moment et ils ont hâte qu'il revienne. C'est la fête pour eux. J'arrive maintenant dans un orphelinat, et dès qu'ils me voient à l'extrémité d'un corridor, ils courent et se lancent dans mes bras... Ça change vraiment quelque chose. Ça donne de l'espoir». S'il est attendu d'une fois à l'autre par ces enfants délaissés, il y retourne avec autant d'enthousiasme.

Parallèlement au volet humanitaire de sa carrière, Guillaume prend part à des spectacles de cirque engagé, de sensibilisation dans les écoles primaires. «Oui, les enfants passent un bon moment. Mais je les sensibilise aux droits des enfants dans le monde, aux expériences que j'ai vécues.» D'ailleurs, il donne aussi des conférences inspirées de son vécu et qui ont pour titre «Un nez rouge peut sauver des vies».

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'édition matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

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