La mission d'une mère endeuillée

Lise Lebel... (Photo: Sylvain Mayer)

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Lise Lebel

Photo: Sylvain Mayer

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Lise Lebel n'est pas née conférencière. Elle l'est devenue bien malgré elle. Et voilà maintenant presque deux ans qu'elle sillonne les écoles secondaires avec un message bien simple: ne conduisez pas après avoir consommé de l'alcool.

Injustement privée de sa fille Katherine Beaulieu, depuis que celle-ci a perdu la vie tragiquement le 3 mai 2010 dans une collision avec une conductrice qui était présumément ivre au volant, cette mère shawiniganaise a donc décidé de faire de la lutte contre l'alcool au volant son cheval de bataille.

«On trouvait que c'était insensé la façon qu'elle était décédée. On ne voulait pas que ça devienne quelque chose de négatif dans la société. Alors on a décidé d'aller de l'avant afin de trouver des moyens pour ne pas que ça arrive à d'autre monde», explique-t-elle.

Ainsi, exactement un an après la nuit fatale, Lise Lebel a mis sur pied la Fondation Katherine-Beaulieu. Depuis, la Fondation multiplie les actions pour sensibiliser la population sur les conséquences de l'alcool au volant avec, toujours à l'avant-plan, l'histoire de Katherine.

Récemment, elle s'est même déplacée jusqu'à Baie-Comeau pour y raconter les circonstances du décès de sa fille de 21 ans, dans cette municipalité de la Côte-Nord où Katherine Beaulieu est pourtant une parfaite inconnue.

Au cours de son récit, le message est poignant et va droit au coeur. Elle raconte comment les policiers lui ont annoncé la mort de sa fille. Elle décrit aussi l'instant où elle doit identifier le corps inerte de sa fille, les funérailles et les semaines qui ont suivi. Un montage vidéo regroupant plusieurs images de Katherine accompagne le témoignage.

Au terme de la conférence, plusieurs élèves doivent essuyer leurs larmes avant de se rendre à la rencontre de Mme Lebel pour lui signifier que le message a bel et bien été saisi. C'est à ce moment que Lise Lebel peut mettre le cap sur une prochaine école avec le sentiment du devoir accompli.

«En racontant une vraie histoire, c'est ce qui fait que les jeunes sont touchés. On met des mots sur des sentiments cachés», souligne celle dont la fondation offre aussi du support aux familles éprouvées par l'alcool au volant.

Malgré tous les efforts qu'elle consacre pour éviter qu'une tragédie routière semblable à celle qui lui a enlevé sa fille ne se reproduise, Lise Lebel est consciente que sa cause n'est pas aussi concrète que le cancer ou encore les enfants malades. Néanmoins, tout juste avant le temps des Fêtes, la Fondation a ajouté une nouvelle corde à son arc en faisant l'acquisition de deux alcootests électroniques, qu'elle trimballe dans ses différentes activités.

«On ne touche pas quelque chose de concret. Ce n'est pas de la maladie. On ne ramasse pas des sous pour guérir des enfants ou pour acheter une machine dans un hôpital. On essaie de faire de la sensibilisation alors tout se passe entre les deux oreilles de chaque individu. On ne veut plus avoir à ramasser des cadavres sur les routes», dit-elle.

Bien que l'alcool au volant touche tout le monde, Lise Lebel concentre ses énergies sur les jeunes car, selon elle, ce sont eux qui ont le plus grand pouvoir de faire évoluer la société et rayer ses fléaux.

«C'est la génération des jeunes qu'on va récupérer et qui va faire la différence. Même si dans les statistiques, ce sont eux qui viennent tout défoncer, je suis convaincue que cette génération va changer la société, à tous les niveaux. Ils vont devenir despersonnes plus humaines», croit-elle.

En bout de ligne, Lise Lebel n'a jamais demandé à se retrouver sous les projecteurs. Malgré tout, grâce à ses nombreuses conférences et ses activités de sensibilisation, son visage et celui de Katherine Beaulieu sont devenus au fil des ans des symboles de la lutte contre l'alcool au volant.

Ainsi, elle peut préserver la mémoire de sa fille, fièrement.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'édition matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

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