Du soleil pour les enfants souffrant de maladie mentale

Maxime Bolduc et Anne-Sophie Careau.... (Photo: Émilie O'Connor)

Agrandir

Maxime Bolduc et Anne-Sophie Careau.

Photo: Émilie O'Connor

Partager

Roland Paillé
Le Nouvelliste

Anne-Sophie Careau et Maxime Bolduc ont trois enfants dont deux sont atteints du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT). Ce trouble neurologique se caractérise par des tics moteurs ou vocaux. Si la situation tend à s'améliorer pour la famille, la traversée du désert a eu son lot de perturbations. Néanmoins, le couple a voulu venir en aide à ses pairs en créant la Fondation Tourniquet.

«Leur maladie fait qu'ils vivent des émotions 1000 fois plus fortes qu'une autre personne. Alors, quand ils sont fâchés contre quelqu'un, ça n'a pas de fin. Et quand ils sont déçus, ils sont extrêmement déçus», soulignent les deux parents.

«Ce sont des enfants qui ont des besoins particuliers, jour et nuit. Ils sont très accaparants. Ils vivent un stress. Tout les dérange, tout les perturbe. Ils interprètent mal les situations, négativement. Ils se sentent tout le temps rejetés», analyse Anne-Sophie, qui mène des études en psychothérapie.

Ils ont rencontré une pédopsychiatre, et même si la médication ne change pas tout, ça leur permet d'aller à l'école et de réussir. «Ce sont de bons enfants, super intelligents, mais ils font des niaiseries», relève Maxime.

Après un été au cours duquel les deux enfants ont été initiés au baseball organisé, l'heure du hockey a sonné pour le garçon. «Mon garçon me demandait de jouer au hockey depuis l'âge de cinq ans, mais je voyais que c'était impossible pour lui. On lui donnait une consigne et il s'opposait immédiatement.

«Mais après une saison de baseball, qui n'a pas été facile, on a quand même observé beaucoup d'amélioration avec ses amis. Je pense que ça vaut la peine de persévérer. Aujourd'hui il vieillit, il est plus mature, mais je pense que le fait de côtoyer d'autres enfants contribue à l'améliorer de jour en jour. Il a des amis, ceux-ci sont contents de venir jouer avec lui, et il est invité à des fêtes», note Maxime. «Il y a vraiment du progrès», confirme Anne-Sophie.

Comprenant très bien ce que ressentent les parents d'enfants atteints de tels troubles, le couple a eu l'idée de créer la Fondation Tourniquet, dans laquelle la mère de Maxime, Nadie Bouthillette, retraitée après une carrière de 25 ans en santé mentale, s'investit beaucoup.

La mission consiste à offrir du soutien financier aux familles touchées afin qu'elles puissent bénéficier de services d'activités et de répit déjà offerts par des organismes de la région. «Quand les enfants participent à des camps de jour ou de fin de semaine, ça donne un répit aux parents et leur enfant trouve le moyen de s'épanouir dans ces expériences-là», note Maxime.

Anne-Sophie constate que les enfants ayant une déficience intellectuelle ont plus d'avantages que ceux atteints de maladie mentale. «Dans les écoles, les enfants qui ont une déficience intellectuelle ont des classes adaptées, des intervenants; au CLSC, ils ont droit à plein de services, et au CRDI (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle), on leur offre des intervenants, des activités, des camps adaptés, la danse du vendredi soir, et ils ont leurs olympiques. C'est super.

«Je suis contente pour eux. Mais les gens qui ont un problème de santé mentale sont aussi nombreux qu'eux, mais ils n'ont rien. Eux aussi ont de la misère à fonctionner en société. Eux aussi ont besoin d'être intégrés. Nos enfants (Évelyne et Dylan) évoluent bien. Mais il y a beaucoup d'enfants qui évoluent moins bien», plaide-t-elle.

Depuis la création de la Fondation, un souper-bénéfice a rapporté 7850 $, ce qui a permis de défrayer une centaine de journées de camp de jour et neuf camps de fin de semaine. La prochaine activité de financement sera un spectacle-bénéfice avec l'humoriste François Massicotte et la chanteuse Fabiola Toupin, qui aura lieu vendredi (23 novembre) à la salle J.-Antonio-Thompson. Cette soirée sera placée sous la présidence d'honneur de la députée Danielle St-Amand, que le couple a contactée le lendemain des dernières élections provinciales et qui a accepté spontanément.

Les billets sont disponibles à la billetterie de la salle, au 819 380-9797.

On peut en savoir un peu plus sur la Fondation Tourniquet en consultant sa page Facebook.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'édition matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer