La jeune agricultrice est tellement engagée dans différents comités qu'elle se plaît même à dire qu'elle est plus occupée que son père au même âge. «Au départ, ça ne m'intéressait pas vraiment de m'impliquer, mais tranquillement, j'ai commencé à m'impliquer au niveau de la relève, et je n'ai jamais arrêté depuis.
Il faut dire que j'ai toujours été quelqu'un qui aimait bien s'impliquer à l'école aussi», soutient la Montcarmeloise. Si la jeune femme aime bien donner de son temps, c'est néanmoins le fait de pouvoir nourrir des individus qui la valorise le plus dans son travail.
«C'est tellement gratifiant de voir que l'on contribue à assurer la survie des gens d'une certaine façon et c'est toujours plaisant d'entendre quelqu'un nous dire que nos frites sont bonnes», rigole celle qui s'occupe de gérer plus d'une vingtaine d'employés au sein de l'entreprise familiale.
Si nourrir des personnes est une partie intégrante du métier, ce dernier amène également son lot de défis quotidiens. «C'est un travail qui peut paraître redondant, mais pourtant il est rempli de surprises. Chaque année est différente, tout dépendant s'il pleut beaucoup ou si le climat est sec», explique-t-elle.
Cependant, si Marie-Christine dit aujourd'hui que son travail est le plus beau métier du monde, cela n'a pas toujours été le cas. En effet, plus jeune, la Montcarmeloise a d'abord fait des études en psychologie et voulait même aller en médecine à un certain moment, jusqu'à temps qu'elle réalise qu'elle n'aimait pas le sang... Comme si elle était destinée à devenir agricultrice. «Plus jeune, j'ai exploré beaucoup d'autres domaines, mais chaque fois, j'en revenais toujours à l'agriculture», explique celle qui a étudié en administration lors de ses études universitaires.
À son avis, le fait qu'elle ait baigné toute sa vie dans le milieu agricole explique en grande partie pourquoi elle a opté pour cette profession. «Lorsque j'étais aux études, je travaillais à la ferme familiale la fin de semaine, puis graduellement, j'ai pris de plus en plus de place dans l'entreprise. Depuis que je suis petite que je suis dans ce milieu, ce sont mes racines», confie-t-elle.
Par ailleurs, l'implication de la jeune femme commence de plus en plus à être remarquée dans la région, à tel point qu'elle a récemment remporté le prix de la catégorie environnement, agriculture et agroalimentaire lors des récents grands prix Mauriciennes d'influence.
Elle a aussi eu l'honneur d'avoir été lauréate au gala Coups de coeur du syndicat des agricultrices de la Mauricie et participera également à l'organisation du 31e congrès provincial de la relève qui se tiendra en Mauricie, l'année prochaine.
Assurer la pérennité
Selon la jeune agricultrice, le plus gros défi auquel elle est confrontée actuellement, en tant que membre de plusieurs organismes régionaux, consiste à assurer la pérennité des fermes à long terme.
«De nos jours, plus de 55 % des fermes appartiennent à des gens âgés, et ceux-ci ne savent toujours pas à qui ils vont léguer leur entreprise dans le futur. Cela est assez inquiétant. En plus, nous devons aussi composer avec les tabous reliés à la profession, il y en a même qui pensent que le métier d'agriculteur demande 90 heures par semaine, alors que ce n'est pas vrai», souligne Marie-Christine Brière.
Heureusement, Marie-Christine affirme que plusieurs jeunes, comme elle, commencent tranquillement à prendre plus de place dans le milieu agricole.
«Quand je siège sur les comités, je vois de plus en plus de jeunes, particulièrement des femmes, ce qui est un bon signe pour l'avenir», conclut-elle.
Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'édition matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.