Le 10 juin prochain, il sera le premier à passer sous le rasoir d'une coiffeuse dans le cadre de cette activité annuelle organisée au profit de Leucan.
Sa chevelure abondante cédera pour une septième fois et toujours avec l'accord de sa mère, Denise Villemure.
«À 10 ans, j'ai voulu me faire raser la tête. Je trouvais ça drôle de voir des gens avec la tête rasée. Ma mère n'était toutefois pas d'accord. Quand je lui ai parlé de Leucan, du Défi des têtes rasées, elle a convenu que la cause en valait la peine. D'autant plus que dans la famille, nous avons des proches qui sont décédés des suites d'un cancer», expliquait l'adolescent, entre deux cours à l'école secondaire Paul-Le Jeune.
Olivier Hudon s'est même rendu à l'église du village pour inviter le curé et les paroissiens à participer au Défi des têtes rasées.
Il ne rate pas l'occasion de souligner que ses parents, Normand Hudon, ex-maire de Notre-Dame-de-Montauban, sa mère et sa soeur, Carolane, l'appuient sans réserve depuis sept ans.
Tout comme deux hommes d'affaires de son village, René Carrier et Réjean Lavoie.
«Les deux passent la journée à la salle. Ils arrivent même à faire monter les enchères ou à convaincre quelqu'un de se faire raser en faisant eux-mêmes des dons», dit Olivier Hudon.
La première année, le garçon de 10 ans qu'il était espérait bien amasser entre 300 $ et 400 $ pour cette bonne cause, mais lui et ses supporters furent surpris des 3400 $ recueillis pour cette première expérience.
Dans un village de 800 habitants, on a déjà amassé 12 000 $ en une seule édition. En six ans, les citoyens de Notre-Dame-de-Montauban ont contribué pour quelque 35 000 $.
Et combien le jeune Hudon compte-t-il amasser pour 2012? «Je n'ai jamais de chiffres dans ma tête. L'objectif est toujours d'amasser le plus d'argent possible et un maximum de participants. Il y a la participation des gens, les dons parfois minimes et les commanditaires qui nous ont permis d'atteindre des sommes importantes», raconte-t-il.
En guise de remerciement
Qu'est-ce qui a amené Olivier Hudon, outre le fait que de voir des têtes rasées l'amuse, à s'impliquer dans cette organisation? «C'est une forme de remerciement pour la santé que j'ai. On ne demande pas à des gens malades de s'impliquer. Ils ont besoin de toutes leurs énergies pour combattre la maladie. C'est donc à nous, les gens en santé, de nous occuper de recueillir des fonds pour soulager la maladie. Et je sais que Leucan aide les gens, les malades comme leurs proches, à soutenir les périodes difficiles de leur vie», explique l'élève de quatrième secondaire de l'école secondaire Paul-Le Jeune.
«Je sais que Leucan aide les familles à accompagner leurs enfants dans la maladie. J'ai rencontré plusieurs enfants malades et à voir leur regard j'ai pu constater qu'ils apprécient mon implication. Ce sont des jeunes plus matures que la majorité des jeunes de leur âge. Ils grandissent plus vite dans la maladie. Eux connaissent la réelle valeur de la vie. Dans ce temps-là, je me dis que ça vaut vraiment la peine que je m'implique», souligne Olivier Hudon, membre de l'équipe de football de son école, impliqué dans d'autres actions bénévoles de son patelin et amateur de rodéo.
«J'ai suivi quelques cliniques de rodéo. J'aimerais en faire un jour, et profiter de l'occasion pour réunir le monde des cow-boys et Leucan. On pourrait permettre à des jeunes malades de faire connaissance avec cette discipline et, du coup, recueillir des fonds encore pour Leucan», avance le Montaubain.
Olivier Hudon dit avoir l'assurance que sa famille va le soutenir tant qu'il voudra s'impliquer auprès de Leucan. Comme lui, son père, Normand Hudon, se fait raser à tous les ans depuis sept ans. Carolane, sa soeur, a participé au défi à une reprise et compte le faire encore: «... cette année, ou l'an prochain, mais après son bal des finissants», affirme-t-il.
À 16 ans, Olivier Hudon garde les pieds sur terre. Il n'est pas du genre à tirer profit personnellement de son implication sociale, sachant trop bien que les jeunes qui bénéficient de son implication via Leucan en ont grandement besoin.