André Nadeau, malgré ses 67 ans bien en forme, est très sensible à cette question, peut-être parce que son beau-père, qui a passé sa vie à Saint-Léonard-d'Aston, est maintenant en résidence à Notre-Dame-du-Bon-Conseil en compagnie d'une vingtaine d'autres résidents, tous de Saint-Léonard-d'Aston, tous loin de chez eux.
André Nadeau, c'est le président du conseil d'administration du Centre l'Assomption de Saint-Léonard-d'Aston, une ancienne école convertie, il y a quelques décennies, en résidence pour les gens du troisième âge.
Aujourd'hui, cet édifice de quatre étages construit en 1906 par les soeurs de l'Assomption est converti en un endroit où l'on peut vivre jusqu'à son dernier souffle.
Une infirmière vient tous les jours rencontrer la quarantaine de résidents et le médecin passe aux 15 jours pour visiter ses patients.
«Quand ils sont malades, les résidents n'ont pas besoin de tout quitter pour finir leurs jours ailleurs», dit-il. Il y a tout ce qu'il faut pour eux dans ce milieu de vie exceptionnel.
Il fut un temps, toutefois, où le Centre l'Assomption était en train de perdre tous ses locataires, raconte M. Nadeau.
«C'était une bâtisse pour les personnes autonomes. Les gens âgés, avec le temps, devenaient malades et comme il n'y avait pas de soins de santé sur place, ils s'en allaient», explique-t-il. «J'ai vu des gens pleurer et se demander où ils iraient. Ils voulaient rester dans leur milieu», dit-il.
Lorsque l'édifice ne comptait plus qu'une douzaine de résidents sur une possibilité de 30, en 2009, le conseil d'administration a eu une très grosse décision à prendre, soit changer la vocation de l'édifice pour en faire une résidence avec soins de longue durée.
«Les 12 locataires qui restaient ont accepté de négocier leur bail», raconte M. Nadeau. Pour eux, ça voulait dire un prix différent pour le loyer, mais surtout, beaucoup plus de services. De 3 ou 4 employés, le Centre est passé à une vingtaine d'employés. La conversion de l'édifice nécessite un investissement total de 200 000 $.
Certains travaux, comme des portes d'accès sécurisées par des codes pour protéger les résidents atteints d'Alzheimer, ont déjà été réalisés. Mais il reste encore près de 100 000 $ à injecter. André Nadeau a eu vent d'une méthode de financement selon laquelle les gens du milieu pouvaient prêter de petits montants d'argent garantis par des certificats et qui ne leur seraient remboursés que cinq ans plus tard, sans intérêt. Surprise, les gens ont emboîté le pas et quelque 30 000 $ ont été amassés depuis un mois à peine, sans même qu'on ait eu le temps de faire une campagne.
«Même les gens qui ne peuvent se permettre 1000 $ ou même 500 $ se regroupent entre amis ou en famille et fournissent de plus petits montants. Ils veulent garder la maison ici et garder leur monde ici», raconte M. Nadeau.
Un des objectifs de la campagne est l'achat d'une génératrice de 20 000 $ en cas de panne de courant prolongée.
L'édifice ne peut en effet se permettre de manquer d'énergie. Certains résidents ont besoin d'oxygène. D'autres pourraient être tentés d'allumer une chandelle pour s'éclairer et l'oublier, explique M. Nadeau.
Le président du conseil d'administration s'est fixé comme prochains objectifs de faire fabriquer une aile prothétique pour les résidents aux prises avec la maladie d'Alzheimer ainsi qu'un jardin clôturé qui leur permettra d'aller mettre le nez dehors, en été.
Conseiller municipal à Saint-Léonard de 1994 à 2009, André Nadeau a pris sa retraite de son travail de cuisinier depuis six ans. Depuis, il est devenu un bénévole indispensable pour sa communauté que l'on retrouve non seulement au Centre l'Assomption, où les défis à relever sont encore très gros, mais dans la Chambre de commerce, l'Office municipal d'habitation, la Guignolée, la Fondation Jean-Pierre Despins, l'Âge d'or et le Centre local de développement, pour n'en citer que quelques-uns. Chose certaine, son travail au Centre l'Assomption est une véritable bénédiction pour sa communauté.