Depuis qu'il est devenu le directeur de l'École forestière de La Tuque, celle-ci rayonne dans presque toutes les régions du Québec et même jusqu'en France.
L'Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice a d'ailleurs voulu rendre hommage à ce passionné en lui décernant l'an dernier le prix reconnaissance pour souligner le dévouement de Gilles Renaud qui oeuvre à la formation des jeunes encore attirés par les métiers de la forêt.
Né dans le village agricole de Delisle au Lac-Saint-Jean où sa famille cultivait la terre, Gilles Renaud était malgré tout destiné à la forêt. Allergique aux pollens, le travail sur la ferme ne lui convenait tout simplement pas. Il avoue que ces intolérances aux pollens l'ont amené à s'intéresser à la forêt, tellement qu'il l'étudiera jusqu'à obtenir son diplôme d'ingénieur forestier.
Malgré la profonde crise que vit la forêt, Gilles Renaud croit toujours en elle, en son potentiel. «C'est l'industrie forestière qui est en crise, pas la forêt. Malgré la crise, la forêt est encore là. Est-ce qu'il y a d'autres choses à faire avec la forêt? Il faut transformer la forêt autrement», dit-il. «La forêt c'est notre richesse. Il faut continuer de la développer. La forêt a encore besoin de soins et qu'on s'en occupe.» «Le présent n'est pas très beau, mais j'ai confiance en l'avenir», croit-il.
À l'heure où la foresterie est en pleine transformation et que les techniques changent beaucoup, l'École forestière doit s'adapter afin de former des professionnels du XXIe siècle. «C'est notre défi que de s'ouvrir le plus possible aux nouvelles technologies malgré un programme très strict. Il faut faire des aménagements extraordinaires», affirme-t-il.
Gilles Renaud vit intensément. Il ne connaît pas la demi-mesure. «C'est dans ma nature d'aller à fond. Je suis intense dans tout ce que je fais. Je suis intense sur le plan familial, sur le plan personnel et à mon travail.»
Une anecdote résume bien le caractère fonceur de notre tête d'affiche. Il y a quelques années, ses enfants l'ont convaincu, malgré sa forte réticence, à faire du ski alpin. Quatre ans plus tard, le voilà qu'il s'envole pour les montagnes rocheuses pour des vacances de télémark. «J'aime vivre les choses intensément», dit-il tout naturellement.
Lors de son arrivée à la direction de l'École forestière en 2008 alors que l'industrie connaît une grave crise structurelle, Gilles Renaud a su faire rayonner l'école malgré tout. «Je ne voulais pas être un directeur qui allait juste faire survivre l'école, je voulais être un directeur qui allait la sauver.»
«C'était tout un défi. Mais, si je n'avais pas de bonnes équipes, je n'aurais pas réussi. La communauté latuquoise soutient l'école», ajoute Gilles Renaud.
Vivre intensément sa vie professionnelle demande un équilibre de vie. Le «gentleman-farmer» qu'est Gilles Renaud le retrouve chez lui dans sa maison à la fine pointe de la technologie verte avec son poney et son lama entouré de sa famille. «Ma famille me permet de garder un équilibre dans la vie. Elle a toujours été derrière moi et je lui en suis reconnaissant.»
L'École forestière accueille chaque année près de 300 étudiants dans ses programmes de formation professionnelle et près de 200 étudiants à la formation pour adulte.