Un avenir précaire pour le Blizzard

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Seulement 570 personnes ont assisté à ce qui pourrait avoir été le dernier match du Blizzard de Trois-Rivières, dimanche.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Après une saison marquée par une grande instabilité au sein de l'état-major, des défaites à la tonne et des gradins dégarnis, l'heure est maintenant à la réflexion chez le Blizzard. Cette fois, les chances de le revoir à l'automne prochain semblent plus minces que jamais.

Ce n'est pas la première fois que le propriétaire Ronald Lavertu se questionne quant à l'avenir de la concession. Le printemps dernier, il avait décidé de poursuivre l'aventure au Colisée puisqu'il avait un sentiment du devoir non accompli. Il espérait ramener les partisans dans la vieille grange de l'avenue Gilles-Villeneuve, et surtout, faire un bon bout de chemin en séries éliminatoires. Cet espoir s'est rapidement estompé dès le début de la saison quand son club a subi 13 défaites en 14 matchs. S'en est suivi une parade d'hommes de hockey, Jonathan Lessard laissant sa place à Bob Desjardins, puis à Sébastien Vouligny. 

Avec un tel début de calendrier, le Colisée est resté vide avec une moyenne de 668 partisans, identique à la campagne précédente. Même si le Blizzard a par la suite maintenu un dossier de 11-14-2, en plus d'être impliqué dans une course aux séries, les sièges n'ont pas été davantage remplis.

«Le mal était fait en début de saison. C'est notre pire année depuis trois ans aux guichets. Des foules, nous n'en avons qu'en séries. Est-ce que Trois-Rivières est une ville de hockey? Je me le demande...», soupire Lavertu, qui dit toutefois comprendre la réaction des amateurs. 

«Si on avait gagné 35 matchs sur 40 et qu'il n'y avait eu que 500 personnes, j'aurais pu crier. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé.»

L'homme d'affaires se laissera ainsi quelques semaines de réflexion quant à l'avenir de la formation. Toutes les options sont sur la table, incluant la vente du club à des actionnaires locaux, étrangers ou tout simplement mettre la clé dans la porte.

«Si un gars de la région est intéressé, pas de problème, je vais lui laisser! Je peux même rester impliqué un petit peu. Mais j'ai assez donné. À 150 000 $ ou 200 000 $ par an, j'ai assez donné. Je ne dis pas si on était 4-5 gars, que ça coûtait 25 000 $ par personne et qu'on a du plaisir... c'est un loisir comme un autre. Mais tout seul, au prix que ça coûte... non. J'ai assez donné. Et peut-être que je ne suis pas dans mon élément. Je serais le premier surpris si je revenais.»

Encore faut-il qu'un actionnaire de la région lève la main. Lavertu balaie de la main les rumeurs entendues ici et là et explique qu'il voulait attendre la fin de la saison avant de rencontrer de potentiels investisseurs, mais qu'aucun n'a cogné à la porte pour l'instant.

L'intérêt pourrait plutôt venir d'ailleurs. Le mois dernier, la Ligue nord-américaine de hockey a annoncé qu'elle comptait étendre ses cadres avec une expansion de deux équipes dans les trois prochaines saisons. Or, un groupe intéressé à se lancer dans l'aventure pourrait plutôt acheter le Blizzard et surtout, sa liste de joueurs. La nouvelle formation pourrait ainsi compter quelques éléments majeurs, dont les champions des marqueurs et des buteurs, dès sa saison inaugurale, plutôt que des joueurs non protégés lors du repêchage d'expansion.

«Je pense que c'est plus avantageux d'acheter un club et de le déménager. Ceux à qui j'ai parlé sont de cet avis», mentionne le propriétaire.

La déception de rater les séries

Une autre raison qui pourrait faire pencher la balance envers la vente de la concession est la tenue de l'équipe la saison dernière. Certains joueurs n'ont pas livré la marchandise, non pas sur la feuille de match, mais plutôt en ce qui a trait à la loyauté et au niveau d'engagement envers l'équipe. Lavertu a préféré ne pas s'étendre sur le sujet, mais on peut assurément penser à la saga de Marco Cousineau qui, en pleine course aux séries éliminatoires, a raté deux matchs cruciaux pour des raisons professionnelles. Le gardien n'a pas été habillé par le pilote Sébastien Vouligny lors des trois parties suivantes.

«C'est sûr que j'ai été déçu, mais je ne veux pas faire le procès de personne. C'était le match le plus important. Les gars venaient de gagner une méchante partie (contre Saint-Georges), mais (quand ils ont vu que Cousineau ne serait pas à Laval), ils y sont allés et se sont fait torcher. J'ai trouvé ça ordinaire.»

Cette défaite aura coûté une place en séries au Blizzard, ainsi que les revenus qui sont liés à une telle participation.

«On avait un beau groupe de joueurs, auquel il manquait deux ou trois éléments. C'est décevant de rater les séries. En plus, les planètes étaient alignées: les Patriotes sont éliminés et les Barons du Cap aussi. On aurait pu avoir du monde en séries. Si tu te rends en demi-finale, avec 1500 ou 2000 personnes, ce n'est pas long que ça fait du bien. Là, on va avoir un chèque de 10 000 $. C'est mieux que rien, mais j'aurais aimé mieux ramasser 10 000 $ en vendant de la bière et en essayant de se battre!», lance l'homme d'affaires à propos de la compensation remise à l'équipe de la LNAH qui ratait la danse printanière.

À travers toute cette tempête, Lavertu dit toutefois avoir été heureux de l'équipe de direction mise en place après le congédiement de Bob Desjardins.

«J'aurais aimé mettre Vouligny en charge avec Samuel (Fortier) bien avant. L'expérience avec Bob Desjardins n'a pas été concluante. Je ne veux pas dénigrer personne, mais c'est le plus beau groupe que j'ai vu, avec Jonathan Lessard. Ça allait super bien, mais on n'avait peut-être pas le noyau qu'on voulait. Je suis très déçu de la saison. Au moins, on a fini sur une bonne note.»




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