LHJMQ: la partie de poker est enclenchée

Le directeur général et entraîneur-chef de l'Océanic de... (Le Soleil)

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Le directeur général et entraîneur-chef de l'Océanic de Rimouski Serge Beausoleil espère qu'une solution sera apportée afin d'éviter que des joueurs menacent de ne pas se rapporter à l'équipe qui les repêche.

Le Soleil

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Le repêchage 2017 de la LHJMQ s'annonce faste. Au moins une douzaine de joueurs ont les habiletés pour avoir un impact dès l'an prochain à 16 ans selon plusieurs dépisteurs interrogés au cours des dernières semaines. Le hic, c'est que quelques-uns d'entre eux sont originaires des Maritimes, et montreraient bien peu d'appétit pour jouer au Québec.

En élargissant le contingent jusqu'à la fin de la première ronde, six joueurs ont notamment avisé le Drakkar de Baie-Comeau qu'ils ne désiraient même pas rencontrer l'organisation, qui doit repêcher au 6e et 9e échelons le 3 juin à Saint-John. Un tiers, donc, des 18 meilleurs espoirs, c'est quand même pas banal. 

La situation donne d'ailleurs des maux de tête au directeur-gérant Steve Ahern, payé pour recruter les meilleurs éléments possible afin de poursuivre la reconstruction du Drakkar. 

«Alex Newhook (5e), Justin Barron (6e), Bailey Peach (9e), Jeremy Jacques (11e), Dawson Mercer (12e) et Jaxon Bellamy (16e) ne veulent pas nous rencontrer.

Il faut remonter à ma première année en poste il y a huit ans pour retrouver une situation semblable. À l'époque, je comprenais les raisons mais depuis, notre organisation a fait ses devoirs. Au plan académique notamment, nous sommes des chefs de file. Mais ça ne change rien pour ces gens-là vraisemblablement», soupire Ahern. 

«Mais notre intention, c'est quand même de repêcher les meilleurs disponibles. On a avisé les agents, on va les prendre si c'est à leur tour sur notre liste. On l'aurait fait avec Jared MacIsaac l'an dernier, les Mooseheads ont décidé de payer pour obtenir notre choix. Si la situation se représente à nouveau, on va prendre les gars qu'on aime, peu importe ce qu'ils disent», prévient-il.

Ahern a trop vu de joueurs élites lui glisser entre les mains parce qu'ils jouaient au poker. Il assure qu'il ne se fera plus avoir. Les cas du gardien Alexis Gravel, qui a glissé en deuxième ronde l'an dernier avant de se faire choisir avec les Mooseheads, est frais à sa mémoire. Tout comme celui de Nico Hischier, un autre porte-couleurs des Mooseheads.

«On se demande parfois comment certaines organisations font. Gravel disait ne pas avoir d'intérêt pour la LHJMQ, il est pourtant à Halifax. On voulait aussi Hischier, il était premier sur notre liste. On a parlé à l'agent, si j'avais pu l'amener à Baie-Comeau à partir des paramètres établis par la ligue, je l'aurais fait. Où est-il en ce moment?», questionne Ahern. 

«Le CSR a fait de l'excellent boulot pour amener les meilleurs espoirs au Challenge Gatorade, mais ça se complique dans les discussions avec les équipes. Je me demande comment un gars comme Barron peut ne pas vouloir jouer avec Xavier Bouchard. Ou encore pourquoi Peach n'a pas d'intérêt de jouer avec Gabriel Fortier. La situation est problématique, faut trouver des solutions.»

Une lettre d'intention?

Il n'y a pas qu'à Baie-Comeau où le statu quo ne fait pas l'affaire des hommes de hockey. Le temps est venu, selon Serge Beausoleil, de l'Océanic de Rimouski, de trouver une façon d'écarter ceux qui tiennent à tout prix à choisir leur équipe. L'Océanic détient trois choix de première ronde au prochain encan, dont la toute première sélection.

«Moi, je n'ai aucun problème avec ceux qui ont des options. Ça fait partie de la réalité. Mais il y a aussi des joueurs qui disent qu'ils ne sont nullement intéressés à jouer dans notre ligue, qui glissent donc le jour du repêchage mais qui soudainement changent d'idée. Pas plus tard que l'an dernier, il y a eu un gardien qui a glissé ainsi en deuxième ronde, et qui est pourtant dans notre ligue. À ça, il faut trouver une solution.»

Beausoleil propose la création d'une lettre d'intention, ou encore une liste spéciale où les droits de ces récalcitrants seraient gelés pour un an. «Ce sont des options, il y en a peut-être d'autres. Il y a moyen d'être créatif quand on veut régler un problème... Ce qu'on voit depuis plusieurs années, c'est que beaucoup de joueurs des Maritimes ont des réticences à jouer au Québec. L'inverse n'est pas vrai. Il faut trouver des solutions», répète-t-il.

Courteau surpris

Du côté de la LHJMQ, le commissaire se dit surpris d'entendre que la cohorte 2017 abriterait autant de mercenaires.

«J'étais au Combine il y a deux semaines, j'ai posé des questions à Carl Bouchard (ndlr: le directeur du CSR) et jamais il ne m'a dit qu'il y avait une problématique de ce côté. Si c'est le cas, ce n'est pas drôle, j'en conviens», admet Courteau, pour qui une lettre d'intention ne règlerait rien. Pas plus qu'une liste gelée.

«Ça fait des années qu'on parle de ces possibilités. Ça se parlait au moment où je suis entré dans les bureaux de la ligue! Une lettre d'intention n'aurait pas d'effet, tous les agents conseilleraient à leurs joueurs de la signer. Quant à une liste gelée, un tel règlement n'a aucune chance de passer lors d'un vote.»

Il existe une seule solution aux yeux de Courteau, qui est de toujours repêcher le meilleur joueur disponible, peu importe ce qu'il dit.

«Quand j'étais gérant des Remparts, j'avais laissé passer Michel Petit comme ça et il s'était retrouvé à Sherbrooke. Je n'ai plus jamais laissé passer un gars! Tu aimes un joueur, tu le prends puis tu fais ton travail pour l'amener chez vous. Si jamais ça ne fonctionne pas, tu peux toujours échanger ses droits par la suite», souligne le commissaire, en rappelant aussi que la formule de choix compensatoire existe depuis quelques années pour protéger les clubs en première ronde.




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