«Vendeur-acheteur, c'est de la merde!»

Richard Martel se plaît dans la LNAH, mais... (François Gervais)

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Richard Martel se plaît dans la LNAH, mais il garde la porte ouverte pour la LHJMQ.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Richard Martel n'avait pas besoin d'un dessin. Le Nouvelliste voulait le rencontrer avant son match de vendredi dernier face au Blizzard, il avait compris que le sujet principal n'était pas son boulot dans la LNAH, qu'il accomplit par ailleurs avec panache. «Tu veux savoir ce que je fais ici, dans un aréna comme celui-là, plutôt que dans la LHJMQ, hein?»

Le ton était donné. Par ce flamboyant personnage, qui ne laisse personne indifférent. Martel sait qu'il est coloré, il ne peut pas se battre là-dessus. Mais il se défend bien d'être unidimensionnel. «Je suis quand même celui qui a amassé le plus de victoires dans l'histoire de la LHJMQ. Coloré c'est ben l'fun. Mais si tu gagnes pas après un mois, tu vas être coloré dans ton salon!»

Après un passage en Europe qui s'est terminé dans la controverse, Martel a viré le Saguenay à l'envers le printemps dernier en prenant les guides des Marquis en séries. Le buzz médiatique a été tellement enivrant que Martel a cru qu'une équipe de la LHJMQ allait au moins le convoquer en entrevue. 

«Il y avait quand même quelques clubs où il y avait des ouvertures, j'ai été déçu que personne ne souhaite au moins me rencontrer et savoir où j'étais rendu dans mon cheminement. Remarque, je n'ai fait aucune démarche, à part un appel chez les Voltigeurs quand ils se cherchaient un directeur-gérant. Sinon, je me suis dit que les gens me connaissaient et qu'ils savaient que j'étais disponible... On dit que je suis un entraîneur dur, une réputation qui me colle à la peau depuis mes débuts. Or quand j'ai commencé, si tu n'étais pas dur, tu ne passais pas. Je me suis ajusté au fil des années, j'aurais aimé en faire la démonstration.»

Martel avoue aussi s'être imaginé... à la barre des Cataractes! À la fin de l'hiver, il voyait bien que l'équipe ne tournait pas rondement, et il croyait que Martin Mondou serait tenté de faire appel à ses services. 

«Quand tu changes un entraîneur, tu cherches un profil différent. Ça fonctionnait de ce côté. Et puis il y avait une bonne chimie entre Martin et moi quand j'étais chez les Saguenéens, je me suis dit que le téléphone allait sonner. Je ne suis pas fou, la preuve c'est qu'il a engagé Claude Bouchard, un autre entraîneur chevronné qui attendait une nouvelle chance. Ne fait-il pas de l'excellent boulot, Claude? Je suis le gars le moins surpris du monde, il a beaucoup d'expérience. Voilà quelque chose qui ne s'achète pas. Maintenant, pourquoi c'est Claude et pas moi qui a eu l'appel? Peut-être parce qu'il avait déjà gagné la coupe du Président... Reste que je suis content pour lui, il démontre à tous les sceptiques, et il y en avait pas mal, qu'un entraîneur avec du bagage sait s'ajuster.»

Les choses ont changé dans la LHJMQ depuis son départ, en 2011. Les amendes pleuvent sur les entraîneurs qui osent faire des déclarations incendiaires. Il y aussi pas mal moins de robustesse sur la glace. Est-ce un hasard si les foules sont à la baisse depuis quelques années? 

«Il faut être prudent et ne pas faire trop de liens faciles. Les causes sont probablement plus complexes. Ce que je sais par contre, c'est que le concept de vendeur-acheteur, c'est de la merde», lance Martel en s'enflammant. 

Il est maintenant debout, il a haussé le ton de deux crans, et ses yeux ont doublé de volume. Le grand orateur venait de se pointer! 

«C'est quoi ça, vendeur-acheteur? Certains décident de leur position deux semaines après le début de la saison! Ça n'a aucun sens. Tu dois avoir une équipe compétitive à chaque saison. Et la saison où les astres s'alignent, tu fonces intelligemment. Denis Francoeur a eu du succès pendant 10 ans à Shawinigan malgré des moyens limités parce qu'il développait ses équipes. Les bons joueurs savent maintenant qu'il n'y a aucun problème à perdre 7-8 matchs en ligne, qu'ils vont simplement se faire échanger à un gros club à Noël. Ce n'est pas comme ça que tu vas élever des joueurs avec un sens des responsabilités.»

«Et puis il y a l'autre bout de l'équation qui fait mal. Je lève mon chapeau à Martin Mondou, il a réussi à remonter les Cataractes rapidement après avoir mis tous ses oeufs dans le même panier en 2012. Mais regarde les autres qui ont pris cette méthode, plusieurs équipes ont souffert pendant des années, sur la glace et aux guichets. Ça ne vaut pas le coup.»

Martel se dit heureux dans la LNAH, un calibre de jeu qui l'a surpris. Mais si le téléphone sonne, il va répondre! À moins que ce ne soit pour la mairie de Saguenay, une option qu'il a écartée après une réflexion de quelques semaines. 

«Je n'irai pas. Ils m'ont shaké avec ça, mais j'ai dit non. Je m'amuse encore beaucoup dans le hockey, tu sais...»

Les jeunes ont besoin d'un mentor selon Martel

La roue tourne, il y a une nouvelle génération d'entraîneurs qui s'est installée dans la LHJMQ. Richard Martel trouve qu'ils sont chanceux de bénéficier de bien meilleures conditions de travail. Mais il plaide pour qu'il soit mieux entouré.  

«Un jeune a besoin d'encadrement. Regarde nos gars qui ont réussi à atteindre la LNH, ils ont tous été élevés par Charlie Henry à Gatineau ou les frères Morissette à Laval. Tu peux pas mettre n'importe qui dans leurs pattes, ils n'écouteront pas si les conseils ne viennent pas d'un gars établi. Les équipes ont du budget maintenant, il me semble qu'elles y gagneraient à greffer des hommes de hockey d'expérience à leur personnel. Pour moi, ça s'appelle un placement payant.»

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