Les Cataractes perdent leur veto territorial

La LHJMQ s'apprête à éliminer le veto territorial... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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La LHJMQ s'apprête à éliminer le veto territorial qui permet aux Cataractes de Shawinigan d'empêcher le retour d'une concession à Trois-Rivières.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Au moment où Yves Lévesque tente de sécuriser la subvention provinciale promise pour l'érection d'un nouveau Colisée à Trois-Rivières, le principal obstacle au retour du hockey junior dans la cité de Laviolette a été levé. Le Nouvelliste a en effet appris que le veto territorial dans la constitution de la LHJMQ sera bientôt aboli par les membres, qui se prononceront sur le sujet d'ici au prochain repêchage du circuit en juin.

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Gilles Courteau

Archives La Tribune, Maxime Picard

Ce sont les gouverneurs du circuit qui ont accepté en décembre ce projet de règlement, soumis par un comité mis en place depuis que le Bureau de la concurrence avait menacé la ligue de poursuites judiciaires si le veto territorial restait en force. Ne reste plus qu'à obtenir l'approbation des membres de la Ligue - propriétaires et actionnaires du circuit -, une formalité puisqu'il y a consensus autour de la table sur la volonté d'éviter un bras de fer juridique. 

Abordé sur la question ce week-end pendant la Classique hivernale à Saint-Tite, Gilles Courteau a reconnu que son circuit avait pris la décision à l'interne d'éliminer le veto, qui a fait couler beaucoup d'encre depuis deux ans.

«Il y aura plutôt une série de conditions à respecter s'il y avait une demande acheminée à la Ligue pour implanter une équipe dans une ville qui est située à l'intérieur d'un territoire d'une équipe», explique le commissaire. «Nos concessions restent protégées. Mais la grande différence, c'est que ce n'est plus une seule équipe qui aura la décision entre les mains, mais bien le circuit en entier.»

À Shawinigan, on se dit satisfait du niveau de protection offert par ce projet de règlement. Le président de l'équipe Claude Lessard a d'ailleurs siégé sur le comité consultatif chargé de produire différents scénarios pour satisfaire le Bureau de la concurrence. «Nous avons fait nos devoirs. Avec l'Armada, nous avons engagé une firme d'avocats spécialisée dans ce type de droit, qui est très spécifique. En bout de ligne, il est vrai que nous allons perdre notre veto, mais ce qui sera sur la table pour nous protéger est tout de même très substantiel. C'est du remodelage», insiste le gouverneur des Cataractes Justin Darchen.

Ce dernier cite notamment le genre de compensation financière qui serait exigée si jamais un promoteur se pointait le bout du nez à Trois-Rivières. «Ça se chiffrerait facilement en millions $ si on en arrivait à cette étape-là. Bien sûr, on aurait à produire des preuves sur la provenance de notre clientèle et de nos commanditaires, mais ça serait assez facile pour nous...»

Et même si des poches profondes acceptaient de verser une telle compensation, les Cataractes auraient encore une chance de bloquer un tel projet lors d'un vote spécial des membres. «Les promoteurs auraient alors besoin de 80 % des votes des membres, contrairement aux deux tiers pour les autres décisions, pour pouvoir aller de l'avant. On s'est battu pour en arriver à 80 %, ce qui fait en sorte que nous aurions besoin uniquement que deux clubs nous appuient pour que ça soit bloqué. Considérant que nous avons fait des démarches conjointes avec l'Armada dans ce dossier, il ne faudrait donc qu'un seul autre club vote comme nous... Or je sais que plusieurs équipes qui composent avec des marchés semblables aux nôtres comprennent parfaitement notre réalité.»

Vous l'aurez deviné, les Cataractes sont encore et toujours farouchement opposés à un éventuel retour des Draveurs. Darchen écarte avec autorité l'hypothèse d'un autre chapitre d'une longue guerre de clochers entre Shawinigan et Trois-Rivières, il pointe uniquement la réalité économique de la Mauricie et du Québec dans son ensemble pour expliquer la position de la plus vieille franchise de la LHJMQ. 

«On perd de l'argent depuis la Coupe Memorial, ce n'est pas un secret pour personne. Deux belles saisons s'en viennent sur la glace, nous sommes confiants que des jours meilleurs sont à l'horizon, mais la situation est loin d'être facile. Qu'on le veuille ou non, les gens ont de moins en moins de sous à dépenser dans les loisirs. C'est vrai ici, c'est vrai dans tout le Québec. On n'a rien contre Trois-Rivières, au contraire, la majorité de nos actionnaires font des affaires partout en Mauricie. Mais la réalité c'est que les Cataractes ont besoin de toute la région pour opérer convenablement.

Avec deux clubs juniors dans notre région, il y en a un qui serait voué à mourir. Et on sait que ce serait le nôtre! Est-ce que la LHJMQ serait mieux servie avec ce scénario? On croit que non et la volonté des gens autour de la table dans la LHJMQ, c'est d'abord de tout mettre en oeuvre pour protéger les franchises existantes. Quand tu vois un propriétaire aussi influent que M. Irving (Moncton) s'exprimer de façon tranchante à ce sujet dans nos réunions, tu comprends qu'on souhaite pas mal tous la même chose.»

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