Marc André Dumont: un chemin inverse aux joueurnalistes

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Après une carrière dans la sphère médiatique, Marc-André Dumont a sauté à pieds joints dans le monde du hockey.

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(Trois-Rivières) On ne compte plus les joueurs et les entraîneurs qui sautent par-dessus la clôture pour devenir journaliste ou analyste. Par contre, l'inverse est pas mal plus rare!C'est pourtant le cheminement de Marc-André Dumont, qui cumule les tâches d'entraîneur-chef et de directeur-gérant des Screaming Eagles du Cap-Breton.

Dumont fait du hockey à temps plein depuis 2005 mais avant de participer au lancement des Grenadiers de Châteauguay dans la Ligue midget AAA, la presse écrite avait été son gagne-pain pendant plus d'une décennie!

Principalement à l'oeuvre dans les hebdomadaires chez Transcontinental, Dumont a participé au lancement du journal Métro en tant que rédacteur en chef.

Il a aussi été chargé d'implanter Métro dans trois villes en Europe, avant de faire un passage au journal Les Affaires.

Mais quand est venue l'occasion de se lancer corps et âme dans le hockey, il n'a pas hésité. «J'ai commencé alors que j'étais aux études à écrire dans un hebdo, j'étais un collaborateur dans les pages sportives. De fil en aiguille, on m'a présenté plusieurs nouveaux défis, qui m'ont permis d'ajouter des expériences différentes à mon bagage. Parallèlement par contre, j'ai toujours été entraîneur dans le hockey mineur. Ma passion, c'était déjà le hockey à l'époque!», raconte Dumont.

La rencontre avec Guy Boucher, qui l'a invité à le seconder derrière le banc des Lions du Lac-St-Louis, a été marquante. C'est à ce moment-là que Dumont s'est surpris à rêver de gagner sa vie avec quelques complets, un sifflet, des craies et une paire de patins. «J'ai été chanceux dans mon parcours, j'ai eu la chance de seconder Guy Boucher puis Benoît Groulx un peu plus tard comme adjoint chez les Olympiques. Quand tu travailles aussi étroitement avec des entraîneurs de ce calibre, ça te permet de grandir énormément. C'est comme dans n'importe quel domaine, c'est la somme des expériences qui te nourrit, qui te permet de cheminer et qui te permet d'avancer.»

Comme une salle de rédaction

Sa première chance dans la LHJMQ, ce sont les Foreurs qui la lui ont accordée. D'abord engagé comme pilote en 2009, on a fini aussi par lui remettre le fauteuil de directeur général. Son règne à Val-d'Or aura duré jusqu'au de la saison 2012-13 et dès la campagne suivante, il prenait les guides des Screaming Eagles. À Val-d'Or comme au Cap-Breton, son passé de gestionnaire en presse écrite le sert bien. «Sur plus d'un aspect, une équipe de hockey, ça ressemble à une salle de rédaction! Les journalistes aussi n'ont pas tous les mêmes qualités. Certains sont très talentueux, d'autres sont reconnus pour travailler très fort. En bout de ligne, le rédacteur en chef doit composer le mieux possible avec le personnel à sa disposition pour faire le meilleur journal ou le meilleur magazine possible. Ça ressemble pas mal à l'univers d'un entraîneur!», sourit Dumont.

Des difficultés en défensive

Au Cap-Breton cette saison, Dumont a besoin de tous les trucs qu'il a amassés dans ces deux univers pour réussir à remettre ses Screaming Eagles sur les rails. L'équipe, en reconstruction depuis 2010, avait enfin montré des signes clairs de progression l'an dernier et les observateurs s'attendaient à un autre pas dans la bonne direction en 2014-15 mais les premiers mois ont été bien difficiles. Spectaculaires à l'attaque, les Screaming Eagles peinaient toutefois terriblement dans leur territoire, une combinaison qui les oblige actuellement à se battre pour une place en séries. «Nous avons perdu trois défenseurs d'expérience à la fin de la dernière saison et notre jeune brigade n'a pas été en mesure de faire le travail», analyse Dumont, loin de lancer la pierre à François Brassard, qui ne s'est pas avéré le général espéré entre les poteaux. Résultat, Brassard a été libéré après la dernière période de transactions, et il défend maintenant la cage des Olympiques. «Ça ne veut pas dire que je le blâme pour nos résultats, au contraire. Nos problèmes défensifs étaient collectifs. Fallait que tout le monde en donne plus, incluant nos attaquants. Si nous avons libéré François, c'est que nous avons eu l'opportunité d'acquérir Alexandre Bélanger, et ça nous permettait de pouvoir entrer un autre vétéran de 20 ans dans l'alignement.»

L'arrivée de Bélanger, Alexandre Gosselin, Stephen Andersen et Olivier Leblanc à la dernière période de transactions semble avoir rapporté les dividendes espérés, les Screaming Eagles ont recommencé à gagner des matchs avec plus de régularité. «Le 16e rang au classement général, on ne s'en soucie pas car c'est le reflet du passé. Nous sommes tournés vers l'avenir et présentement, je dirige une équipe affamée. On le sait tous, la parité est très forte cette saison dans la ligue. Le rang au classement importera peu une fois rendus en séries. L'important, c'est d'y arriver en confiance et c'est là-dessus qu'on se concentre.»

Époque différente

Faire du hockey junior en 2015, c'est aussi comprendre que tous les faits et gestes des joueurs et entraîneurs sont épiés. Même les directeurs généraux ne sont pas épargnés, ils doivent travailler différemment maintenant que l'information voyage à une vitesse folle.

Certains hommes de hockey comme Steve Ahern et Philippe Boucher, respectivement du Drakkar et des Remparts, ont déjà exprimé une certaine frustration de constater que les secrets sont percés bien plus rapidement qu'avant.

Dumont, qui a déjà été à l'autre bout du spectre, invite ses homologues à trouver de nouvelles façon de travailler. «On n'a pas le choix, on ne reviendra pas en arrière. La vitesse à laquelle l'information circule, c'est mondial. Il faut s'ajuster en conséquence, par exemple, prévenir nos joueurs dès qu'il y a une transaction pour être sûr qu'ils ne l'apprennent pas d'une autre façon. Sinon je trouve que de façon générale, le respect est mutuel entre les hommes de hockey et les journalistes, que les deux univers comprennent la réalité de l'autre.

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