Vincent Dunn: un volcan pas toujours tranquille

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Vincent Dunn pourrait s'avérer un élément dominant dans la course de l'Océanic de Rimouski vers les grands honneurs.

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Steve Turcotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il frappe comme un train, il peut défier n'importe qui avec ses poings et il n'a pas la langue dans sa poche. Aux caractéristiques classiques d'une peste, il faut ajouter des mains assez agiles pour enfiler 31 buts en 50 matchs la saison dernière. Vous pouvez comprendre pourquoi Vincent Dunn a été choisi par ses pairs comme le joueur le plus détestable de la LHJMQ l'hiver dernier.

Dunn est un spécimen de plus en plus rare. Non seulement l'attaquant de 5'11'' accepte cette réputation de trouble-fête, mais il y prend un plaisir assumé. «Ça m'a fait un petit velours l'an dernier de savoir que j'étais le joueur le plus détesté dans la ligue, ça venait confirmer que je jouais bien mon rôle», explique le vétéran de 19 ans. «Tant mieux si je dérange, ça veut dire que je suis en mesure de créer de l'espace sur la glace pour mes coéquipiers. C'est mon travail», ajoute-t-il.

La ligne est toutefois mince entre taper sur les nerfs de ses ennemis et devenir une source de distraction dans sa propre équipe. Après deux saisons, les Foreurs de Val-d'Or ont jeté l'éponge, monnayant ses services chez les Olympiques de Gatineau, dans son patelin. Dunn n'a alors eu besoin que d'une saison pour venir à bout de la patience de Benoît Groulx, qui l'a échangé l'été dernier à l'Océanic.

C'est donc à Rimouski que Dunn, un espoir des Sénateurs d'Ottawa, devrait terminer son stage dans la LHJMQ. L'entraîneur Serge Beausoleil est convaincu qu'il peut l'aider à canaliser toute cette fougue. Le mandat est délicat. À ses deux premiers matchs, Dunn a passé 43 minutes au cachot, chassé trois fois pour mauvaise conduite. «En début de saison, les émotions sont dans le tapis, j'ai eu du mal à me contrôler. C'est certainement quelque chose que je dois travailler. Les Sénateurs veulent que je reste davantage en contrôle, nous en avons parlé», confie-t-il.

Même s'il avait un contrat professionnel en poche, Dunn a été renvoyé chez les juniors sans être invité au camp principal des Sénateurs. Y décode-t-il un message? «Le message, c'est que je n'ai pas connu un gros camp des recrues. J'en suis conscient, autant que je suis déçu. J'avais participé au gros camp l'an dernier... Mais bon, tout ce qui compte à partir de maintenant, c'est la saison qui est devant moi. Je veux connaître une grosse année. Je vais avoir la chance de jouer sur un trio offensif, avec de bons joueurs. Je dois en profiter.»

C'est tout ce que demande son nouvel entraîneur, qui reconnaît volontiers avoir pris un risque en refilant des choix de premier et de sixième tours au repêchage afin de mettre la main sur le bouillant athlète. «C'est une troisième chance qu'il obtient avec nous et il a tout à gagner à en profiter. Il doit comprendre qu'il est plus utile à son équipe sur la glace qu'au banc des pénalités. Mais on savait avant d'aller le chercher que ce genre de joueur comporte une part de risques, et nous étions prêts à l'assumer vu son potentiel. Le jeu en vaut la chandelle», assure l'entraîneur-chef et directeur de l'Océanic.

Selon Serge Beausoleil, Dunn doit surtout apprendre que les arbitres ne sont pas ses ennemis et soigner ses relations avec eux. S'il réussit à se servir positivement du volcan qui bouillonne en lui, il pourrait bien devenir le morceau manquant au casse-tête de l'Océanic. L'équipe est d'ailleurs pressentie depuis le jour 1 de la saison comme grande favorite dans la LHJMQ. «S'il se contrôle, s'il reste concentré, il est un des meilleurs joueurs de notre ligue. D'autant plus que c'est un gamer. On veut que notre équipe soit plus affamée, qu'elle joue avec passion. Vincent peut nous aider là-dedans, c'est clair», lance l'entraîneur.

Ce changement d'attitude lui permettrait aussi de donner plus de poids à la comparaison avec Chris Neil, dont il espère suivre les traces dans la capitale fédérale. «C'est toujours flatteur de me faire comparer à lui. C'est vrai que nos styles se ressemblent, même si je sais que j'ai encore beaucoup de chemin à parcourir pour connaître une carrière comme la sienne. À l'heure actuelle, je ne sais même pas si je vais atteindre la LNH. Je m'entraîne avec Chris depuis deux ans l'été, il me donne de bons conseils. Comme moi, dans le junior, il n'arrivait pas toujours à maîtriser ses émotions. Son cheminement est certainement une source d'inspiration.»

Face aux Cataractes jeudi soir

Les Cataractes seront aux premières loges jeudi soir pour constater l'impact que peut avoir Vincent Dunn sur une rencontre du circuit Courteau puisqu'ils seront les visiteurs à Rimouski.

Les protégés de Martin Bernard entreprennent en effet, jeudi, un voyage de trois matchs en quatre jours sur les patinoires adverses. La rencontre de jeudi soir constituera le deuxième affrontement en sept jours face à la meilleure équipe au pays, qui présente une fiche de huit gains en neuf sorties.

Vendredi, les Cataractes parcourront plusieurs kilomètres en autobus pour se rendre à Bathurst afin d'y affronter le Titan. Shawinigan avait eu le dessus dimanche dernier au centre Gervais Auto.

Cette séquence prendra fin dimanche à Drummondville face aux Voltigeurs.

Avec la collaboration de Louis-Simon Gauthier

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