Le GP3R a le vent dans les voiles

Le directeur du Grand Prix de Trois-Rivières Dominic... (Stéphane Lessard)

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Le directeur du Grand Prix de Trois-Rivières Dominic Fugère (à gauche) a peut-être trouvé le partenaire de danse idéal pour développer le rallycross au Québec en la personne d'Éric Tremblay (debout à droite). Le gestionnaire du Challenge Extrême Élite de rallye est accompagné de l'un des pilotes de la série, David Morissette, et d'un véhicule qui devrait rouler dans les rues de Trois-Rivières pour l'édition de 2017.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Depuis qu'il a signé la première entente avec les dirigeants du Championnat mondial de rallycross à l'automne 2013, le directeur général du Grand Prix de Trois-Rivières, Dominic Fugère, ne ménage pas les efforts pour encourager le développement d'une série provinciale afin de mousser l'intérêt pour la discipline. En associant son organisation au Challenge Extrême Élite (CXE), il a peut-être déniché le partenaire de danse idéal.

Sanctionné par le National Auto Sport Association, le championnat CXE organise cinq courses de rallye au Québec durant l'année, dont à La Tuque et Lac-aux-Sables. Selon le gestionnaire de la série Éric Tremblay, les pilotes piaffent d'impatience à l'idée de découvrir le circuit trifluvien. En fait, ils troqueront les parcours boisés pour une piste de course, la même qu'emprunteront les meilleurs pilotes de rallycross sur la planète pendant la 48e édition, en août 2017.

«Ça fait trois ans qu'on planche là-dessus, c'est un mariage naturel entre le Grand Prix et notre championnat», souligne Tremblay, qui a confirmé qu'au moins deux catégories de véhicules seront représentées: les deux roues motrices et les quatre roues motrices. 

On espère convaincre suffisamment de pilotes pour ajouter les véhicules côte à côte, une classe dans laquelle Marc-Antoine Camirand connaît du succès. Il est d'ailleurs inscrit au calendrier du CXE et a remporté la manche de Portneuf. Aux yeux de Dominic Fugère, d'autres pilotes locaux pourraient être intéressés à emboîter le pas.

C'est le cas du Trifluvien Peter Robindaine, un adepte de rallye déjà fébrile à l'idée de tester sa voiture pour une épreuve de rallycross. «Il y a encore beaucoup d'inconnu, mais je pense que ça va donner un bon spectacle. De rouler sur la même piste que Petter Solberg et sa gang, c'est difficile à croire! Il s'agit d'une belle vitrine pour notre championnat de rallye», avance celui qui conduit la voiture de sécurité pendant la fin de semaine du GP3R dédiée au NASCAR. 

«Ça va faire différent d'être pilote! Je m'attends à un circuit rapide. Nous avons une course sur l'asphalte à Sanair pendant la saison, mais là, nous testerons une nouvelle surface avec l'asphalte et la terre battue. Et enfin, on va rouler devant des spectateurs! C'est plutôt rare dans notre série, quand nous sommes dans le bois...»

Voitures abordables

Plus important encore, les pilotes n'auront pas à réhypothéquer leur maison pour prendre le volant dans les rues du parc de l'Exposition. «Le plus important pour nous, c'est de créer une classe nationale de rallycross abordable», Dominic Fugère.

«Les voitures les plus puissantes du championnat mondial valent environ 500 000 $, les budgets d'opération des équipes se comptent en millions de dollars. Juste avoir la chance de courir dans la classe inférieure des RX Lites, ça coûte 20 000 $. Nous sommes donc très heureux d'offrir une belle alternative pour les pilotes du Québec. S'ils ont du talent, on va les repérer...»

Contrairement aux formats habituels des événements de rallye, il n'y aura pas de contre-la-montre au GP3R. On proposera plutôt un format qui se rapproche de la réalité du Championnat mondial de rallycross, avec des manches qualificatives et des courses de six tours. «Il faudra s'adapter», lance le pilote de rallye David Morissette.

«Sébastien Loeb [neuf fois champion du monde de rallye] a réussi sa conversion au rallycross, vous pouvez le faire vous aussi», a répondu Fugère en souriant.

Selon le directeur général du Grand Prix, la puissance des moteurs chez les voitures du CXE se comparera sensiblement à celle des bolides de RX Lites, considéré comme le club-école des puissantes SuperCar. «Je compare ça à la Coupe Nissan Micra, mais pour le rallycross. Chose certaine, ça va améliorer notre programmation pour la première fin de semaine dédiée au rallycross.»

Cure de jouvence

Parlant de rallycross, il semble que le pari d'adopter cette discipline sourit à toute l'organisation du GP3R. 

Un rapport de Watson Recherche, préparé selon les nouvelles exigences de Tourisme Québec, fait état d'une hausse significative de l'achalandage pendant le festival automobile. En 2013, soit la dernière année avant l'arrivée des voitures de rallycross, 129 250 personnes avaient assisté aux courses. Ce nombre est passé à 194 479 amateurs à l'été 2016. Une hausse de 50,5 %, rien de moins.

«Le rallycross, c'est notre cure de jouvence, affirme Fugère. Disons que les chiffres nous confortent par rapport aux choix que nous avons faits.»

On apprend dans cette étude que le nombre de touristes croît chaque année. Ces visiteurs dépensent en moyenne 600 $ dans la région. La tranche des 25 à 35 ans est aussi mieux représentée depuis que les Petter Solberg, Ken Block et autres Mattias Ekstrom ont commencé à rouler dans les rues de la capitale mauricienne.

À quelques jours de Noël, le GP3R a aussi dévoilé de nouvelles promotions, histoire de souligner le 50e anniversaire du tout premier événement, en 1967. Ces offres spéciales sont disponibles à la billetterie de la salle J.-Antonio Thompson, sur le site web du GP3R ou encore en appelant au 1 866 416-9797. Le 48e GP3R aura lieu du 4 au 13 août.

Dumoulin et WeatherTech près d'une entente

Les bonnes nouvelles pourraient s'enchaîner chez la famille Dumoulin. Après la confirmation d'une entente entre l'aîné Jean-François et l'entreprise Spectra Premium, le cadet Louis-Philippe s'apprête lui aussi à recevoir de bonnes nouvelles de son principal commanditaire, WeatherTech Canada.

En entrevue au Nouvelliste jeudi, alors qu'il assistait à la conférence de presse du GP3R, le champion de la série canadienne de NASCAR en 2014 a confirmé qu'il était prêt d'une entente «avec des petits extras».

Dumoulin roule à temps plein dans la série de course automobile la plus compétitive au Canada, et ce depuis cinq ans, grâce à l'important partenariat ayant vu le jour avec WeatherTech en 2012. 

«Ça regarde très bien! Après cinq saisons complètes derrière la cravate, je peux vous dire qu'on travaille pour d'autres campagnes à venir et encore à plein temps dans la série NASCAR Pinty's.»

Devant composer avec plusieurs problèmes mécaniques, Dumoulin a connu une année 2016 en deux temps. «Le début de la saison fut catastrophique, rien n'était facile. Mais par la suite, nous avons obtenu des résultats encourageants, On construit là-dessus. D'ailleurs, nous repartons à zéro avec les deux voitures. On travaille très fort dans le garage du Groupe Bellemare en ce moment, on découvre des trucs qui ont probablement causé les pépins mécaniques de la dernière saison.»

En ce qui a trait à l'espoir de le revoir rouler en rallycross dès 2017, le plus jeune des deux frères se montre plutôt évasif. «Les négociations avec WeatherTech ne me permettent pas d'avancer dans ce dossier. Mais comme j'ai déjà dit, si une offre se présente, je vais l'étudier, c'est certain!»

Dans les jours suivant le 47e GP3R, Dominic Fugère avait lancé l'idée d'amener un pilote québécois au sein du Championnat mondial de rallycross, histoire de gonfler l'intérêt du public pour toute la durée de la saison, et non seulement la manche trifluvienne. 

Fugère estime que Dumoulin serait le candidat idéal non seulement pour son expérience de piste, mais aussi en vertu du lien qui l'unit à WeatherTech, une entreprise internationale.

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