Odeur de caoutchouc et parfum d'élection

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, était de passage au GP3R samedi, une façon officieuse de lancer la course électorale qui a été officiellement déclenchée dimanche. À gauche, le candidat libéral dans Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, et, à droite, le candidat dans Trois-Rivières, Yvon Boivin.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Mélangé à l'odeur d'essence et de caoutchouc brûlé, un parfum de course électorale s'est aussi fait sentir au Grand Prix de Trois-Rivières (GP3R). Donnant officieusement le coup d'envoi d'une longue campagne qui a été déclenchée dimanche, le chef du Parti libéral du Canada a fait un arrêt au stand du GP3R, samedi. Un premier bain de foule comme prémices à plusieurs exercices semblables échelonnés sur les onze semaines à venir.

Poignées de main dans les estrades populaires, poignées de main dans les paddocks, poignées de main sous les chapiteaux privés, poignées de main à gauche et à droite, autoportrait ici, photo là, Justin Trudeau a serré beaucoup de mains, samedi, imité par le candidat libéral dans Trois-Rivières, Yvon Boivin, et son homologue dans Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne. Absence remarquée sur la grille de départ: le candidat libéral dans Berthier-Maskinongé, Pierre Destrempes.

Même si la campagne électorale n'était toujours pas lancée, samedi, ce premier tour d'essai libre, histoire de réchauffer les pneus, aura été bénéfique pour Justin Trudeau, du moins si l'on en croit les encouragements chaleureux et les sourires qu'il a reçus des amateurs de circuits automobiles.

«Quel plaisir pour moi d'être de retour au Grand Prix de Trois-Rivières. J'y suis venu étant jeune, avec mon père, je pense dans les années 70 ou au début des années 80, j'en ai toujours gardé de beaux souvenirs. C'est certain que de revenir aujourd'hui et de voir à quel point cela a grandi, de voir à quel point cela a un impact sur la région en termes d'emploi, en termes de bénévolat, en termes de tourisme, c'est vraiment quelque chose à célébrer. C'est sûr qu'on est dans un contexte politique maintenant, la campagne va être très probablement déclenchée demain [dimanche]», note d'emblée M. Trudeau. Dans son entourage, on insiste pour dire que cette visite était prévue de longue date.

Dans les paddocks, les mécaniciens préparent les voitures pour la prochaine course. S'ajustant à la distance à parcourir, ils mesurent l'essence nécessaire, la pression des pneus, le niveau d'huile. Lorsqu'on lui demande si le Parti libéral du Canada dispose du véhicule adapté pour une course électorale de près de 80 jours, Justin Trudeau répond par l'affirmative, ajoutant que son bolide n'est pas une monoplace et qu'il roule depuis plusieurs années déjà.

«On travaille depuis des années à bâtir une équipe qui sera prête sur le terrain. M. Harper a ajouté quelques tours de piste, ce qui coûtera plus cher aux contribuables, mais la réalité c'est que nous sommes prêts», assure le pilote libéral. Chose certaine, les membres de son écurie ont «beaucoup de travail à faire, pas juste pour regagner la confiance des Canadiens, mais pour démontrer qu'on a une vision et un plan pour aider les gens.»

Force est de constater que l'équipe libérale disposera d'amplement de temps pour faire la démonstration souhaitée aux Canadiens. Onze semaines, en somme, avant de sortir le drapeau à damier, onze semaines pour parcourir le pays d'un océan à l'autre, additionnant au Grand Prix de Trois-Rivières un florilège d'activités caritatives, festivals, dîners aux hot dogs et autres manifestations populaires. Mais comme l'écrit le chroniqueur Gilbert Lavoie: «Une campagne électorale, c'est dans les derniers milles que ça se joue.»

Pour l'ancien président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, le drapeau vert des élections était déjà levé, samedi. «Le chef du Parti libéral commence sa campagne à Trois-Rivières, c'est un message très clair», croit Yvon Boivin.

Les premières promesses

Précisément, en Mauricie, M. Trudeau s'engage à remettre à l'avant du débat l'industrie forestière (200 millions $ par année investis dans les ressources naturelles) et, évidemment, la question de la pyrrhotite.

«On doit travailler avec les différents paliers de gouvernement pour trouver une solution. On comprend que c'est un drame à la fois humain et économique, qui atteint énormément de gens de façon complètement injuste. Le gouvernement fédéral se doit d'être un partenaire afin de régler cette situation» souligne M. Trudeau. Au point où il pourrait devenir partenaire financier des victimes de la pyrrhotite? «Oui, de l'argent, et l'appui nécessaire», mentionne-t-il sans vouloir chiffrer le chèque qu'un gouvernement libéral serait près à signer pour soutenir les citoyens touchés par la pyrrhotite.

Yvon Boivin opine de la tête. Il refuse, lui aussi, de chiffrer l'aide financière dont les victimes de la pyrrhotite auraient besoin. À son avis, la présence même de M. Trudeau traduit l'importance accordée à cet enjeu par le Parti libéral du Canada. «On ne chiffre pas pour le moment. Pour le moment, ce que l'on dit, c'est qu'on va régler ce dossier-là. On va analyser la situation et on va arriver avec des vraies solutions. On va le régler le problème», promet M. Boivin.

Débattra, débattra pas?

Alors que les pilotes de NASCAR s'élançaient pour les essais libres sur le circuit Gilles-Villeneuve, Justin Trudeau dénonçait la volonté de son vis-à-vis du NPD, Thomas Mulcair, de ne pas participer à un débat des chefs dans l'éventualité où Stephen Harper s'absenterait. «J'ai bien hâte au débat», rétorque-t-il plutôt.

«Je ne veux pas faire plus de débats en anglais qu'en français. Je trouve ça désolant que M. Mulcair et M. Harper ne se soient engagés qu'à un seul débat en français sur onze semaines. Faudrait qu'on en ait plus que ça», estime-t-il. «Que M. Mulcair commence à jouer le même jeu que M. Harper, de ne pas vouloir présenter ses idées en public lors d'un débat, je trouve ça vraiment désolant», conclut Justin Trudeau avant de reprendre la route vers le Rest of Canada.

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