Camirand a frôlé la mort... avant de gagner en rallye

À 37 ans, Marc-Antoine Camirand s'est découvert une... (Sylvain Mayer)

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À 37 ans, Marc-Antoine Camirand s'est découvert une nouvelle passion automobile, cette fois du côté du rallye performance.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) Ceux qui s'intéressent à la course automobile connaissent les aptitudes de Marc-Antoine Camirand non seulement comme pilote, mais aussi en tant que développeur. Après avoir expérimenté presque tous les types de séries au cours des sa carrière, voilà qu'à 37 ans, il se découvre une passion pour le rallye, par l'entremise du Challenge Extrême Élite, un nouveau championnat de rallye performance ayant vu le jour l'été dernier.

Le Challenge, sanctionné par l'organisme américain NASA Rally Sport, offre aux pilotes du Québec l'occasion de concourir sur des tracés de 160 à 200 km avec des étapes chronométrées.

On y retrouve des voitures, des motos, mais aussi des véhicules côte à côte, classe dans laquelle Camirand est inscrit. La première manche de la saison a eu lieu il y a environ un mois, à Saint-Raymond-de-Portneuf et, sans surprise, l'habile pilote de Saint-Léonard-d'Aston a remporté les honneurs de sa catégorie.

Mieux encore, il a pris le deuxième rang au cumulatif, devant plusieurs conducteurs en voiture qui, de leur côté, misaient sur l'appui d'un copilote, un privilège non accordé aux membres en côte à côte. C'est sans compter la puissance du moteur des voitures par rapport aux véhicules côte à côte.

Bref, Camirand n'a pas loupé son entrée sur la scène du Challenge Extrême Élite. Des séquences vidéos captées pendant la manche de la région de Portneuf  ont été visionnées des milliers de fois en l'espace de quatre semaines.

Pourtant, n'eut été d'un petit miracle, Marc-Antoine Camirand n'aurait probablement jamais pu prendre le volant de son bolide pour la course du 12 novembre.

Chanceux dans sa malchance

La veille, alors qu'il effectuait une journée de reconnaissance sur le parcours, en pleine forêt, avec l'ingénieur de son équipe Yvan Turcotte, Camirand a été victime d'un grave accident. Une camionnette qui circulait en sens inverse est entrée en collision avec leur côte à côte (il ne s'agissait pas du bolide de compétition).

Le choc a été très violent, le devant de la camionnette allant frapper directement le côté où Camirand prenait place. Pour une raison qu'il peine lui-même à expliquer, il s'en est tiré avec une vingtaine de points de suture et un genou amoché.

«J'ai pris une couple d'Advil et j'étais prêt à repartir», sourit le principal concerné, conscient de sa chance. «Un fragment d'os dans mon genou a été cassé, j'ai dû porter une attelle et j'ai arrêté de me déplacer en béquilles au cours des derniers jours. Il m'a frappé à la hauteur de l'épaule. Sur mon casque, on voyait la peinture du pick-up!»

La camionnette est une perte totale, tandis que le côte à côte a résisté à l'impact. «Je n'ai pas eu le temps d'avoir peur. Par chance, on ne roulait qu'à 45 ou 50 km/h. Je me demande encore ce que le gars faisait dans ce chemin si éloigné...» 

Une série à développer

Mal en point physiquement pour la course du samedi, Camirand a pourtant vogué vers une victoire facile dans sa catégorie. Vrai qu'il n'y avait que trois participants pour le volet du côte à côte, mais le fait qu'il ait réussi à distancer presque tous les pilotes en voiture prouve encore une fois qu'il est un pilote hors-pair, selon le directeur général chez Elitech Sport Évasion, Gabriel Fugère.

Elitech s'est engagé avec Camirand pour toute la saison et souhaite participer au développement de la série.

«Il a fait ses preuves à Portneuf. Nous, on veut continuer d'investir dans le rallye et le rallycross», assure Fugère, qui avait fourni à Camirand son bolide dans le cadre des activités du Championnat canadien de rallycross en autoquad (CCRA) lors du Grand Prix de Trois-Rivières en août dernier.

Un vote de confiance accueilli avec grande satisfaction par Camirand, qui a connu une année difficile en course automobile après le départ du propriétaire Derek White de la série canadienne de NASCAR, en raison d'une opération policière majeure visant un réseau international de contrebande de tabac.

Le Léonardais attend toujours un appel afin de poursuivre sa carrière dans le monde du stock-car, où il avait passé une saison complète en 2015.

«Le rallye me rappelle les courses sur glace. Je n'ai pas eu trop de misère à m'adapter. Contrairement aux autres séries, il y a beaucoup d'entraide entre les pilotes en rallye. Maintenant, il ne me manque que la terre battue pour boucler la boucle de tous les types de courses automobiles. Après, j'aurai touché à pas mal tout!»

Deux des quatre dernières courses du Challenge Extrême Élite seront disputées dans la région. La prochaine manche aura lieu à Lac-aux-Sables le 14 janvier, puis les coureurs se déplaceront à La Tuque (28 janvier), Sanair (21 et 22 avril) et Saguenay (17 juin).

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