Il y a 40 ans, Villeneuve remportait le GP3R

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Gilles Villeneuve a survolé la compétition le 5 septembre 1976 sur le circuit du Grand Prix de Trois-Rivières en Formule Atlantique, devançant quelques pilotes réguliers de Formule 1.

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(Trois-Rivières) La scène a marqué une génération d'amateurs de course automobile en Mauricie. Gilles Villeneuve, un jeune de 26 ans rempli de promesses, parvient à distancer des vedettes internationales de Formule 1 pour remporter l'épreuve de Formule Atlantique du Grand Prix de Trois-Rivières.

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James Hunt (à droite) était venu épier Villeneuve, sous l'ordre de McLaren.

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Gilles Villeneuve en action.

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Ça se passait le 5 septembre 1976. Quarante ans plus tard, Le Nouvelliste s'est entretenu avec des témoins privilégiés de ce que plusieurs considèrent comme l'une des meilleures éditions de l'histoire du GP3R.

À l'époque, le talentueux pilote de Berthierville fait déjà sensation, mais les sports motorisés demeurent marginaux dans la couverture médiatique au Québec. Par contre, ce n'est qu'une question de temps avant que Villeneuve ne devienne un phénomène populaire.

En devançant des grosses pointures comme James Hunt et Allan Jones dans les rues de Trois-Rivières en ce beau dimanche de la fin de l'été 1976, il réussit à marquer les esprits.

Pilote influent de cette décennie, Hunt se voit confier un mandat par la puissante écurie McLaren: épier ce Canadien dont tout le monde parle. Il n'est pas rare, à cette époque, que les pilotes de F1 participent aux manches de la Formule Atlantique quand celles-ci n'entrent pas en conflit d'horaire avec la série reine.

Pour l'organisation du Grand Prix, il n'était donc pas question de louper l'opportunité de présenter Villeneuve sous son plus beau jour à la crème des Européens. «Nous voulions leur prouver que Gilles était un pilote extraordinaire. On souhaitait tous qu'il gagne», sourit Bob Germain, alors directeur de course au GP3R.

La grille de départ avait de quoi faire saliver les partisans avec pas moins de 32 pilotes. Du lot, 12 auront été en mesure de gravir les échelons jusqu'à la F1, dont Villeneuve, évidemment. D'ailleurs, il n'a jamais laissé planer le moindre doute ce jour-là, l'emportant avec un coussin confortable de 10 secondes sur Allan Jones. Hunt, qui allait s'imposer comme le nouveau champion mondial de F1 plus tard dans l'année, terminait troisième.

Ancien journaliste du Nouvelliste, Serge L'Heureux oeuvrait comme photographe au Grand Prix de 1976. «C'était la première grosse édition du GP3R avec tant de vedettes, à commencer par Hunt, souligne-t-il. Je garde le souvenir d'un gars très poli. D'ailleurs, il remercie les gens après avoir signé les autographes! Tout le monde le regarde, il arrive en ville avec le statut de principal prétendant pour le championnat de F1. On a hâte de le voir sur la même piste que Gilles.»

Le résultat de la course provoque tout un party sur le site du parc de l'Exposition. «Car c'est sa manière de l'emporter qui impressionne, note Serge L'Heureux. Il domine. Au fond, il n'y a pas eu de course!»

Au terme de l'épreuve, le jeune journaliste demande à Jones si, selon lui, Hunt a vraiment poussé sa machine pour tenter de rejoindre Villeneuve. «Il n'a pas aimé ma question... Selon Jones, James Hunt avait tout fait pour rattraper Villeneuve, mais en vain.»

Robert Martin, lui aussi un ex-journaliste du Nouvelliste, couvrait le GP3R de 1976 pour L'Écho de La Tuque. Quatre décennies plus tard, il saisit encore mieux l'impact qu'a eu cette spectaculaire victoire pour la cause de la course automobile au Québec. Villeneuve a carrément défriché le chemin pour une nouvelle génération de pilotes et il a gagné son pari en obtenant un volant avec McLaren, le temps de trois épreuves en 1977. Bien sûr, James Hunt a influencé le choix de l'écurie de l'enrôler.

«Aujourd'hui, nous sommes en mesure de mesurer à quel point cette victoire l'a propulsé vers le sommet. Si Gilles avait eu le temps, il serait devenu champion de F1 avec Ferrari dans les années 80», avance Robert Martin.

«C'était mon premier Grand Prix comme journaliste et l'un de mes meilleurs en carrière. J'ai encore mon accréditation!»

Ils étaient en fait une quinzaine de journalistes à couvrir l'événement à l'époque et travaillaient presque tous pour des médias régionaux. André Côté du Nouvelliste faisait partie de ceux-là; il avait notamment obtenu le scoop concernant la présence de Hunt, quelques semaines avant la tenue du GP3R.

«Gilles avait l'air d'un enfant aux côtés de Hunt, mais on sentait le respect que se vouaient les deux, se remémore-t-il. Or, le rapport de Hunt à McLaren concernant Villeneuve devait être très bon!»

Les années ont passé et Côté est demeuré en contact avec le pilote québécois. «J'ai célébré sa première victoire en F1, c'était mémorable! Une autre fois, j'ai embarqué avec lui dans sa Honda Civic pour me rendre à une conférence de presse à Montréal. J'ai eu la peur de ma vie...»

Membre fondateur du Grand Prix, Paul Charest couvrait les activités de 1976 pour CKTM. Il salue l'initiative du président Lorne Germain, le frère de Bob, qui a longtemps travaillé pour attirer des pilotes internationaux de grande renommée en Mauricie. «Nous avions une réputation enviable, même qu'à un certain moment, les pilotes nous appelaient pour savoir s'ils pouvaient venir à Trois-Rivières. Mais la plus grande fierté reste d'avoir permis à Gilles de réaliser son rêve. Et le plus beau dans tout ça, c'est qu'il est demeuré le même gars authentique.»

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