À quand une bannière pour Denis Francoeur?

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En signant huit saisons gagnantes à l'époque où la concession des Cataractes vivait des heures sombres sur le plan financier, Denis Francoeur a peut-être sauvé le hockey junior à Shawinigan.

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CHRONIQUE / Les derniers chandails retirés par les Cataractes font jaser. Clairement, Martin Mondou et ses partenaires privilégient l'immortalisation de joueurs qui ont réussi à faire leur marque dans la LNH.

Certains partisans apprécieraient davantage que soient reconnus ceux qui les ont fait vibrer durant leurs années junior à Shawinigan. Les deux visions se rejoignent dans les cas de Marc-André Bergeron et Pascal Dupuis, mais pas dans celui de Patrick Lalime, qui s'est surtout démarqué dans le circuit Bettman. 

Je comprends la plus vieille organisation de la LHJMQ d'être séduite par les gars qui ont gravi les échelons. Ils sont des modèles pour les jeunes joueurs de l'équipe, ils prouvent que le plan de développement mis de l'avant par les hommes de hockey de la concession fonctionne.

De plus, les Bergeron, Dupuis et Lalime ont toujours été de fiers ambassadeurs des Cataractes. Dans un avenir pas si lointain, ce sera le tour de Jason Pominville. Et vous pouvez parier qu'Alex Burrows obtiendra lui aussi le même privilège, tout comme Michaël Bournival. 

Ceci étant dit, ce serait une erreur de ne reconnaître que ceux qui ont fait carrière dans le show. Certains, chez les juniors, ont été tellement productifs qu'ils devraient être considérés pour cet ultime honneur.

Je pense notamment à Denis Paul, un ancien capitaine qui a marqué plus de 150 buts aux côtés de Patrice Lefebvre et Stéphan Lebeau en quatre saisons et qui a participé à une finale LHJMQ et une finale de Coupe Memorial.

Les 240 points de François Groleau sont assez impressionnants merci, eux aussi. Chez les gardiens, Mathieu Chouinard, Gabriel Girard, Julien Ellis et Mario Gosselin ont tous marqué la Mauricie à leur façon. Bref, dans ce rayon, il y a quelques candidats de très grande qualité. 

Et parmi tous ces gars-là, une candidature est au-dessus de la mêlée. C'est celle de Denis Francoeur. 

Huit saisons gagnantes sur neuf complétées par un entraîneur-chef et directeur-gérant dans un petit marché, ça relève presque de la magie. Francoeur a été à la barre de l'équipe entre 1996 et 2005, une époque où les Cataractes faisaient partie des pires clubs du plateau au point de vue financier.

Il ne pouvait se payer des Européens de qualité, il a même dû littéralement vendre des choix au repêchage pour aider le conseil d'administration à joindre les deux bouts. Pourtant, rien n'y paraissait sur la glace, les Cataractes surpassaient souvent les attentes.

Un directeur-gérant rusé

Francoeur était rusé comme directeur-gérant et il a réussi quelques coups de maître avec les acquisitions à rabais de Marc-André Bergeron, Pascal Dupuis, Radim Vrbata, Zbynek Michalek et autres Benoît Mondou.

L'entraîneur, lui, aurait aimé certainement connaître plus de succès en séries mais il a tout de même engrangé 360 victoires, ce qui en fait de loin le pilote le plus victorieux de l'histoire de l'organisation. En près de cinq décennies de hockey junior, Francoeur pointe au neuvième rang à ce chapitre dans la LHJMQ.

Mieux, parmi tous les entraîneurs qui ont dirigé au moins 300 matchs, il prend le septième rang pour le pourcentage de victoires, à ,582. Il est notamment devant Éric Veilleux, Benoît Groulx, Dominique Ducharme, Mario Durocher...

L'aspect développement individuel de son travail doit également être souligné. Marc-André Bergeron était un réserviste avec le Drakkar quand il est tombé entre ses mains. Il a joué près de 500 matchs dans la grande ligue par la suite!

Alex Burrows évoluait dans le junior AAA à 18 ans, il a appris pendant deux saisons sous les ordres de Francoeur au début des années 2000, et ce fut un tremplin vers une brillante carrière professionnelle qui est encore en cours.

Radim Vrbata et Zbynek Michalek ont été rejetés par les Olympiques et les Tigres, eux aussi semblent avoir tiré profit de leur passage à Shawinigan sous la supervision de Francoeur. La contribution de Francoeur au parcours de Pascal Dupuis a été largement médiatisée depuis une semaine. Bref, quel homme de hockey au Québec peut se vanter d'avoir aidé autant de joueurs à déjouer les calculs et à se rendre en plus haut niveau?

Personnellement, je trouve un peu décevant qu'une bannière à son nom ne soit pas déjà perchée dans les hauteurs du centre Gervais Auto. Avec une feuille de route au maximum équivalente à celle de son ancien mentor, André Tourigny a eu droit à ce privilège l'an dernier à Rouyn-Noranda, deux ans à peine après son départ.

Je comprends que les circonstances entourant les départs de Tourigny et Francoeur sont différentes. Tourigny avait gradué comme adjoint dans la LNH, Francoeur a été mis à la porte car la relation de confiance avec le conseil d'administration s'était effritée. Mais c'était en 2006, et les gens derrière la décision de le congédier ne sont plus associés à l'équipe. Il me semble que les 11 dernières années ont bien fait mûrir sa contribution.

Les Cataractes se préparent déjà aux festivités entourant le 50e anniversaire de leur concession, en 2018-19. Quelques projets sont dans l'air, notamment l'organisation de la séance de repêchage de la LHJMQ.

On entend aussi dire en coulisses que certaines personnes aimeraient répéter l'expérience de la classique hivernale. Ce serait bien aussi de trouver un trou dans l'agenda pour reconnaître comme il se doit l'un de leurs plus grands bâtisseurs.

Non, il n'est pas copain-copain avec la direction. Mais si ces gens-là sont aujourd'hui en place et connaissent beaucoup de succès, c'est en partie parce qu'un petit gars de Shawinigan a su manoeuvrer avec brio en période de tempête pendant une décennie...

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