«Avant de courir, il faut apprendre à marcher»

Louis Robitaille a pris les guides d'une équipe... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Louis Robitaille a pris les guides d'une équipe qui amorce une phase de performance.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Louis Robitaille avait le feeling que c'était avec les Tigres qu'il obtiendrait le privilège de faire ses premières armes comme entraîneur-chef dans la LHJMQ. L'ex-policier sur deux lames était si près d'une entente avec le directeur-gérant Jérôme Mésonéro qu'il avait été invité à commencer à étudier le marché pour se dénicher une maison à Victoriaville.

La forte impression de Robitaille était bonne. Mais elle a dû patienter deux ans avant de se matérialiser! «J'ai compris pourquoi finalement, je n'avais pas eu le poste en 2014. Les Tigres avaient opté pour Bruce Richardson, qui venait de gagner dans le midget AAA. C'est une décision que j'ai respectée. Et en bout de ligne, ça m'a permis de continuer à me perfectionner aux côtés de Martin Raymond et Mario Durocher. Je suis définitivement un meilleur entraîneur aujourd'hui.»

Tant mieux, car le mandat dans les Bois-Francs est délicat. Rarement a-t-on vu une équipe junior faire autant de changements au sein de son état-major en l'espace de quelques semaines.

Depuis la fin de la saison, tenez-vous bien, il y a eu le congédiement de Bruce Richardson, le départ du directeur-gérant Daniel Fréchette - qui a perdu sa bagarre contre le cancer -, le retrait du gouverneur Jean Marcotte, l'embauche d'Éric Veilleux pour le double emploi de pilote et directeur-gérant, qu'il a aussitôt quitté afin de prendre la barre du club-école de l'Avalanche du Colorado dans la Ligue américaine.

Cette suite d'événements a coûté le job de président à Johnny Izzi, qui a été remplacé par Charles Pellerin. Ce dernier a offert le poste de directeur-gérant à Kevin Cloutier, qui à son tour a choisi Robitaille pour gérer le trafic derrière le banc et dans le vestiaire. 

Un tel scénario ne pourrait jamais être transposé au grand écran, tellement il paraît invraisemblable! Mais il a au moins permis à Robitaille d'obtenir sa chance, après avoir passé plusieurs entrevues aux quatre coins de la ligue.

«J'en ai eu beaucoup trop à mon goût! À chaque fois, on me disait que j'avais été excellent mais pour une raison ou pour une autre, je n'étais pas le candidat retenu. Je commençais à me dire que quelque chose clochait! Puis, il y a eu cet appel de Kevin (Cloutier) et tout a déboulé rapidement.»

Voilà donc ce gagnant de la Coupe Calder, sous les ordres de Bruce Boudreau au milieu des années 2000, à la tête des Tigres, qui amorcent une phase de performance de deux ans. À Victoriaville, l'appétit des fans et de l'organisation est aiguisé. Cette équipe n'a pas été choyée ces derniers printemps et avec des vedettes comme Pascal Laberge et Maxime Comtois dans l'alignement, il est entendu là-bas que ça doit changer.

Robitaille connaît le discours, on lui répète partout où il va. Le Montréalais fait ce qu'il peut pour freiner un peu les attentes.

«Avant de courir, il faut apprendre à marcher! Notre équipe a gagné un match de séries en deux ans, on a des choses à apprendre. Ce ne sont pas les meilleurs joueurs qui peuvent gagner en séries, c'est la meilleure équipe. L'objectif, c'est de progresser pour être prêts lorsque les séries vont s'amorcer.»

«On va se comporter comme des frères»

S'il reste vague sur les objectifs de son club, Robitaille devient beaucoup plus précis sur l'identité qu'il veut développer à Victoriaville. Le hockey a changé, les Tigres ne peuvent pas endosser le même style de jeu qui caractérisait son nouveau pilote, et qui lui a permis de disputer 400 matchs chez les pros, dont deux dans la Ligue nationale. Mais ça n'empêchera pas Robitaille de mettre son empreinte sur certains éléments.

«Le hockey est de plus en plus rapide, et il y a de moins en moins de bagarres. Mais l'intensité, ça n'a pas changé. On va attaquer et se défendre à cinq sur la glace. Et on va se comporter comme des frères, sans jamais abandonner. Ce sont des passionnés qu'on va développer», prévient Robitaille, qui a amorcé son règne avec deux victoires, lors du premier week-end d'activités dans la LHJMQ.

Et pour la petite histoire, sachez que le quartier de Victoriaville où il planifiait s'installer il y a deux ans n'a finalement pas accueilli le sympathique homme de hockey et sa famille. Robitaille a opté pour louer... la maison qu'Éric Veilleux avait choisi au cours de son très bref mandat avec les Tigres!

Maxime Comtois... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 3.0

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Maxime Comtois

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Un joyau à protéger

Maxime Comtois fera parler beaucoup de lui au cours des prochains mois. Le talent lui sort par les oreilles et il est identifié comme le plus bel espoir du Québec en vue du prochain repêchage de la LNH. À moins d'une catastrophe, il montera sur l'estrade en première ronde. Une grande saison et il pourra rêver à un top-5. 

Voilà une situation rêvée pour un jeune homme qui rêve de gagner sa vie avec des patins aux pieds. En même temps, elle entraîne certains pièges. Louis Robitaille entend protéger son joyau de 17 ans.

«Je suis content d'avoir travaillé à Val-d'Or la saison dernière, j'ai pu voir comment Julien Gauthier réagissait dans une situation semblable. Ça m'a bien préparé pour aider Maxime», fait valoir Robitaille. «C'est un pro. Son éthique de travail est déjà au-dessus de la moyenne dans la LNH. C'est le gars qui travaille le plus fort dans notre équipe. Notre travail, ce sera de gérer ses périodes de repos, autant sur les plans mental que physique.»

Parce que Comtois s'apprête à traverser l'année la plus éprouvante de sa carrière. Il est déjà l'une des deux locomotives de son club, il y aura le Défi face aux Russes plus tard cet automne, et peut-être même le camp d'Équipe Canada junior.

Viendra ensuite le match des meilleurs espoirs, les séries et le combine de la LNH avant de savoir quelle équipe du circuit Bettman l'ajoutera à ses rangs. Considérant la pression rattachée à tout ça, c'est une charge de travail très, très grande.

«Il est vrai qu'on leur en demande beaucoup. En même temps, ce sont des compétiteurs, ils veulent vivre tous ces événements. C'est notre mandat comme équipe junior de s'assurer qu'un gars comme Maxime puisse avoir droit à un peu de répit. Même si ça ne fera pas toujours son affaire!»

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