La drogue impossible à repousser de Bouchard

Claude Bouchard... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Claude Bouchard

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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(Val-d'Or) Chacun sa façon de planer. Certains vont chercher leur adrénaline dans les sports extrêmes. Pour d'autres, il n'y a rien de plus enivrant que de monter sur une scène. Vous connaissez sûrement des gens qui trippent fort sur le poker, ou qui sont incapables de regarder du sport sans avoir misé une somme d'argent, petite ou grosse! Pour les gens de l'espèce de Claude Bouchard, c'est derrière le banc d'une équipe de hockey que ça se passe. Une drogue impossible à repousser, peu importe l'âge ou la situation personnelle.

Le nouveau pilote des Cataractes n'a eu besoin que de quelques coups de fil de Martin Mondou pour tout abandonner au Saguenay, sa terre natale, il y a trois semaines. Il y était pourtant très bien installé et heureux autant sur le plan personnel que professionnel. En quelques heures, il a tout balancé pour un contrat de trois mois! Il a négocié un congé sans solde avec la commission scolaire, il a quitté les Saguenéens de Chicoutimi et les Marquis de Jonquière de la LNAH et il a fermé son condo pour aller cohabiter avec un cousin en Mauricie, à quelques dizaines de kilomètres d'un aréna où il passe maintenant pas loin de 15 heures par jour. À son grand bonheur!

«Je suis le gars le plus heureux du monde. C'est fort la passion», s'exclame Bouchard, qui n'a jamais hésité à partir du moment où la commission scolaire l'a - encore - accommodé.

«Chez les Saguenéens, je travaillais avec Yanick Jean, un ami qui coache comme moi. Il me comprend, il n'a pas essayé de me retenir. Chez les Marquis, c'était une organisation de première classe, dans une ligue plus sérieuse qu'avant. Mais ça reste une ligue (LNAH) où les pratiques sont rares, et où la particularité des bagarres ne fait pas trop partie de mes valeurs. Quand je voyais l'autre équipe amorcer le match avec cinq batailleurs, je me grattais la tête pas mal! C'est un privilège de diriger dans la LHJMQ, et j'attendais ce moment depuis très longtemps. Alors la décision de faire mes valises n'a pas été difficile à prendre.»

Surtout que Bouchard se souvenait parfaitement des mois qui ont suivi son refus de prendre le job à Bathurst, le seul qui lui a été offert dans le circuit Courteau après son départ de Val-d'Or en 2006.

«C'est passé proche une couple de fois. J'ai eu des entrevues à Drummondville, Shawinigan, Chicoutimi. À Bathurst, j'avais refusé l'emploi, pour les bonnes raisons, mais ça ne m'a pas empêché de vivre des mois d'enfer par la suite. Tout d'un coup, autour de moi, plus rien n'avait la même saveur et mon humeur était très maussade. Quand tu as le coaching dans le sang, il n'y a rien qui accote ça. J'avais l'impression qu'il restait un bout de mon histoire à écrire, et ce sont les Cataractes qui m'offrent cette chance de l'écrire. Tant mieux, j'ai adoré mon premier passage en Mauricie.»

Bouchard était débarqué à Shawinigan pour seconder Denis Francoeur à la fin des années 90, son premier job dans la LHJMQ. Il a ensuite dirigé les Estacades midget AAA, avant de mettre le cap sur Val-d'Or où il a levé la Coupe du Président dès sa première saison, au printemps 2001. Il a finalement été congédié en 2006, et il a ensuite roulé sa bosse comme pilote dans le midget AAA et dans la LNAH, en plus d'occuper un rôle d'adjoint dans le junior à Gatineau, Baie-Comeau et Chicoutimi.

«Quand j'ai été congédié en 2006, c'est vrai que je croyais que l'appel allait venir plus vite! Je me suis quand même retroussé les manches et j'ai continué à faire du millage. C'est toute cette expérience que je peux amener aux Cataractes pour les aider à aller jusqu'au bout.»

Un parallèle à tracer avec les Foreurs de 2001

Prenez la parole de Claude Bouchard, lever la Coupe du Président n'a rien de banal. Il l'a fait en 2001, et il attend toujours un deuxième rendez-vous avec le prestigieux trophée. Le message qu'il va passer à ses nouveaux poulains d'ici au premier match des séries, c'est qu'il faut tout faire pour saisir l'occasion quand les bons ingrédients sont réunis dans un vestiaire.

«Quand j'ai gagné en 2001, je pensais que ça serait une conquête parmi tant d'autres! Sans dire que je croyais que c'était facile, ce triomphe à ma première saison me donnait l'impression que c'était très accessible. La réalité est bien différente! Regarde dans la Ligue aujourd'hui, il y a beaucoup de bons entraîneurs et pourtant, le trois quart n'ont jamais levé cette Coupe! Quand les astres s'alignent, il faut sauter dans le train.»

Certaines défaites ont été dures à avaler pour Bouchard à travers les années. En Mauricie, la débâcle des Estacades midget AAA après avoir mené 3-1 dans la série quatre de sept contre les Gouverneurs de Sainte-Foy fait encore jaser 15 ans plus tard.

Bouchard pointe aussi l'élimination du Drakkar il y a deux ans face aux Foreurs en grande finale de la LHJMQ comme un échec totalement indigeste.

«En séries, le talent représente 20 % de l'équation, l'aspect mental 70 % et le hasard, 10 %. À Baie-Comeau avec Éric Veilleux, on était convaincu que nous avions l'équipe pour non seulement gagner la Coupe du Président , mais la Coupe Memorial aussi. C'est un but malchanceux qui a fait la différence alors que la marque était de 3-3 en toute fin de rencontre, lors du septième match. Cette fois-là, le 10 % de hasard était contre nous...»

Mais c'est surtout le processus menant au grand sacre du printemps 2001 que Bouchard va partager avec ses hommes d'ici à la grande danse du printemps. Vrai qu'il y a un parallèle à tracer entre les Foreurs de l'époque et les Cataractes 2015-16.

En 2001, les Foreurs avaient terminé au deuxième rang du classement général, une quinzaine de points derrière les Cataractes de Marc-André Bergeron, Jason Pominville, Jonathan Bellemare, Dominic Forget et autres Zbynek Michalek.

«Cette année-là, nous manquions de constance. Ça nous avait coûté plusieurs points au classement. Il y avait d'autres gros clubs dans la ligue, les Cataractes évidemment mais aussi les Tigres et les Huskies. Le vent a tourné pour nous avant les séries, les joueurs ont décidé de tous s'engager pour amener l'équipe à un autre niveau. Ça n'a pas été facile, ça ne l'est jamais en séries. Mais quand une équipe talentueuse se soude, et accepte de payer le prix, soudainement tout devient possible quand tu fais face à l'adversité de la bonne façon.»

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