Les Sea Dogs ont le dernier mot

Les Cataractes se sont butés à un Marc-Antoine... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Les Cataractes se sont butés à un Marc-Antoine Turcotte en grande forme, mercredi soir dans un revers de 3-2 face aux Sea Dogs.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Shawinigan) Avec ou sans Martin Bernard, le constat demeure le même: les Cataractes peinent à offrir un effort constant pendant 60 minutes.

Quelques heures après avoir appris le congédiement de leur entraîneur-chef, les Shawiniganais ont subi un deuxième revers en autant de jours, mais cette fois à domicile et contre un club de pointe.

Plus dégourdis à partir de la mi-match, les Sea Dogs de Saint-John ont pris l'ascendant pour finalement s'imposer 3-2 devant une foule de 3189 spectateurs, au Centre Gervais Auto. Cette quatrième victoire consécutive propulse d'ailleurs les hommes de Danny Flynn au deuxième rang du classement général de la LHJMQ... devant les Cataractes.

«On a eu un petit relâchement en deuxième période et ça leur a donné deux buts. En bout de ligne, c'est ce qui a fait la différence», analysait le capitaine Anthony Beauvillier, auteur d'un beau but, le deuxième des siens sur un jeu de puissance.

«C'est plate parce que les choses auraient pu basculer par la suite. On a eu nos chances, on a bien répondu même après qu'ils aient pris l'avance en troisième.»

Vrai que les Cataractes affichaient une meilleure mine que la veille, à Québec. En fait, cette confrontation au sommet a donné du hockey de grande qualité aux amateurs.

De belles pièces de jeu, quelques coups ici et là, de l'intensité à souhait. On se croyait déjà en séries.

Turcotte épate

Hormis un départ quelque peu boiteux et la fameuse séquence de trois minutes ayant conduit à l'égalisation des Sea Dogs, les locaux n'avaient pas grand chose à se reprocher, surtout qu'ils devaient composer avec un Marc-Antoine Turcotte au sommet de son art.

Le gardien de Saint-John, nommé la première étoile de la partie, a effectué plusieurs arrêts-clés parmi les 29 tirs qu'il a reçus. Sans ses services au deuxième engagement, les représentants du Nouveau-Brunswick auraient probablement quitté la Mauricie avec des miettes.

«Il a été solide, encore une fois», témoignait Flynn, qui le considère comme un de ses meilleurs joueurs depuis le lancement des hostilités. «Si on a pu effectuer une telle remontée, c'est grâce à lui. Les gars ont joué avec beaucoup de coeur contre une équipe qui mise sur une attaque menaçante.»

En panne

Une attaque qui n'en reste pas moins en panne. Les Cataractes n'ont enfilé que deux buts à forces égales à leurs trois dernières sorties. Une seule fois au cours des quatre récents duels, Shawinigan est parvenu à inscrire au moins trois buts.

Outre Beauvillier, Alex Pawelczyk a fait scintiller la lumière rouge mercredi soir, à 4 contre 5 de surcroît.

«Nous avons attaqué le filet pour se créer des chances ce soir», insistait l'entraîneur Steve Larouche, d'office comme pilote en chef derrière le banc en attendant l'arrivée de Claude Bouchard.

«On avait joué la veille [à Québec], mais j'ai trouvé que notre exécution était à point.»

Un avis partagé par Beauvillier. «Avoir été juste un peu plus opportunistes, le résultat était différent. En terme d'intensité, c'est le genre de performance qu'on veut. Ç'a brassé beaucoup ce soir et il faut que ça devienne notre identité pour les semaines à venir. Ce ne sera pas plaisant de nous affronter.»

Dure journée

Seul membre des Cataractes disponible pour parler du congédiement de Martin Bernard après la rencontre, Steve Larouche a rendu hommage à son «chum».

«Oui, j'ai perdu un ami. J'étais avec lui quand il a appris la nouvelle, ça n'a pas été facile. J'ai vécu une journée en montagnes russes», a relaté l'adjoint, qui a su à 14 h 30 qu'il dirigerait l'équipe.

Carnet de notes

Philippe Cadorette est devenu le 12e gardien de l'histoire de la LHJMQ à participer à un 200e match en carrière. Malgré la défaite, il a su se signaler, notamment en volant un but certain au jeune surdoué Joe Veleno, qu'il a frustré avec un arrêt de la jambière sur un tir du revers... Le but de Pawelczyk était son 20e de la campagne. Il atteint ce plateau pour la première fois en quatre saisons...

Dennis Yan a connu une soirée douloureuse au bureau. Victime d'une solide mise en échec de Bokondji Imama en deuxième, il a aussi été atteint par la rondelle plus tard.

Gabriel Sylvestre, avec quelques tirs bloqués, a probablement terminé sa journée avec quelques bleus... Les Cataractes visiteront le Drakkar, pire formation du circuit Courteau, vendredi à Baie-Comeau. Ils visiteront ensuite les Voltigeurs à Drummondville dimanche.

Les fans endossent la décision

Ça n'a rien d'un échantillon scientifique, mais les partisans sondés mercredi soir au Centre Gervais Auto endossaient en majorité la décision de l'état-major des Cataractes dans le dossier de Martin Bernard.

Détenteur d'un billet de saison depuis 33 ans, Gérald Jean, de Shawinigan, juge que Bernard avait tout simplement perdu son banc. «Ce n'est pas normal de battre Val-d'Or vendredi dernier dans un match émotif et de tomber aussi à plat contre Québec quelques jours plus tard.»

Spectateur attentif, notre amateur de hockey en rajoute. «Il me semble qu'il [Bernard] manquait d'agressivité et d'émotion derrière le banc. Est-ce que les règles étaient trop molles à l'interne? En tout cas, je ne trouve pas qu'il grouillait très fort en arrière de son banc!»

Une analyse partagée par Guy Bellemare, un résident du secteur Saint-Georges qui a lui même dirigé au hockey mineur chez les bantams. «Ce n'est jamais bon signe quand l'entraîneur sort la même cassette pour expliquer les défaites. Je pense que ça prenait quelque chose comme un électrochoc.»

Il ne remet pas en doute les compétences de celui qui aura été l'homme de confiance de Martin Mondou pendant près de trois ans. «Pour développer une équipe, il a prouvé qu'il était l'homme de la situation. Il a réalisé tout un tour de force en peu de temps. Mais je ne sais pas s'il aurait pu gagner le championnat...»

À savoir si l'embauche de Claude Bouchard insufflera une nouvelle dose d'énergie à une formation qui semble en avoir bien besoin, Joseph Pelletier, de Louiseville, a son opinion. «Congédier un entraîneur à ce temps-ci de l'année, ce n'est pas évident. Mais l'équipe pourrait remonter plus vite qu'on pense si ça clique avec le nouvel entraîneur.»

Lina Hamel-Beaulieu, une autre habituée du Centre Gervais Auto, refuse de pointer du doigt Bernard pour tous les maux récents des Cataractes. «À qui la faute? Un mélange des deux, les joueurs et l'entraîneur ont leur part de responsabilités. Mais c'est vrai que ça manquait un peu de punch. Il faut dire que j'ai connu l'époque de Ron Racette et Michel Bergeron!»

«En général, les Cataractes donnent quand même un bon spectacle. Sauf que c'est vrai que l'attaque avait des difficultés malgré l'ajout d'excellents joueurs», conclut Michel Bélanger de Trois-Rivières.

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