Y'a-t-il un lanceur dans la salle?

Matthew Rusch, entraîneur des lanceurs des Aigles.... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Matthew Rusch, entraîneur des lanceurs des Aigles.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Trois-Rivières) (Analyse) Vous trouvez le début de saison des Aigles difficile? Vous avez bien raison.

Au fil des années, lorsque les Oiseaux ont connu une longue séquence de déboires, les causes étaient nombreuses. Un soir, c'était les frappeurs qui oubliaient leurs bâtons. Le lendemain, c'était les lanceurs qui perdaient la zone des prises, et le troisième jour, c'était les erreurs qui coûtaient cher. On s'y est habitué que tout fonctionne rarement en même temps à Trois-Rivières.

Pas cette année.

Les déboires des Aigles peuvent s'expliquer que d'une façon, et c'est au monticule. Outre Ryan Leach et Owen Boon, tous les lanceurs trifluviens sous-performent.

On pourrait croire que la statistique la plus choquante chez les Aigles serait la moyenne de points mérités cumulative de l'équipe de 6,87. Ce n'est pas le cas.

C'est plutôt les 36 points accordés en première manche par la troupe de T.J. Stanton cette saison. Le constat est simple: les artilleurs partant ne font tout simplement pas le travail à un moment où ils devraient être le plus efficaces, lorsque leur bras est à son meilleur. C'est illogique, quand on constate qu'en deuxième manche, les Aigles ont accordé six points depuis le début du calendrier. Il y a clairement une problématique au niveau de la préparation des joueurs.

Depuis le début de la saison, à seulement six occasions les Aigles ont été les premiers à croiser la plaque. Résultat: ils ont une fiche de 4-2 dans ces rencontres. Mais surtout, les Aigles ont laissé l'adversaire inscrire des points en première manche lors de 14 parties. Oui, 67 % du temps, les Aigles tirent de l'arrière après quelques minutes de jeu. On doit donc jouer du baseball de rattrapage et la pression se retrouve non seulement sur le lanceur, mais aussi sur l'offensive qui doit jouer du baseball de rattrapage. À la longue, ça devient lourd pour un athlète de devoir jouer au sauveur chaque soir. Le mental écope et l'impatience

On peut se questionner sur les habiletés de Matthew Rusch, qui vont inévitablement décliner avec les années. Le joueur-entraîneur manque de mordant jusqu'à présent. Mais Jeremy Kehrt déçoit énormément. On espérait beaucoup de ce lanceur vétéran qui compte cinq saisons au niveau AAA. Mais à 30 ans, il a affiché des chiffres décevants dans le baseball affilié et au Mexique en 2016. Ça ne semble pas s'être réglé comme le démontre sa MPM de 9,64 cette saison. L'Américain a été blessé et a peu lancé avant ses deux premiers départs de la saison, ce qui peut expliquer ses contre-performances. Mais s'il n'y a pas de réveil, des changements devront rapidement être apportés, surtout qu'il occupe un des quatre postes de vétérans dans l'équipe. J'ai souvenir de Charlie Weatherby, amené en grande pompe lors de la première saison de l'équipe. Sur le déclin, il n'avait disputé que cinq matchs avec l'équipe.

En relève, Miguel Lahera aussi déçoit, tout comme Nick Sarianides, deux joueurs qui, sur papier, devaient être des piliers de la troupe T.J. Stanton. Mais depuis l'arrivée de la Ligue Can-Am à Trois-Rivières, le papier s'est rarement transformé en concret pour les Aigles.

En tant qu'ancien lanceur, T.J. Stanton doit s'arracher les cheveux. La bonne nouvelle, c'est qu'il en a encore beaucoup.

Situation catastrophique?

Faut-il jeter aux poubelles cette saison 2017? La réponse est: absolument pas.

Après tout, les Aigles ne sont qu'à deux matchs d'une place en séries éliminatoires et la campagne est extrêmement jeune. De toute évidence, un grand schisme existe entre les trois équipes de tête de la Ligue Can-Am et les trois autres. Les Trifluviens pourraient donc être dans une course aux séries pendant longtemps. Souvenez-vous de 2015. Ce n'était guère plus encourageant et ça s'est pourtant terminé en championnat.

De plus, je ne vois pas comment cette situation des points accordés en première manche peut perdurer. Cette statistique fausse énormément le rendement potentiel des Aigles. Lors des 15 derniers matchs, 12 fois l'adversaire a pris l'avance en première manche. Ça ne tient pas la route à long terme.

Mais surtout, j'aime ce que je vois ailleurs que sur la butte. L'équipe a enfin trouvé son rythme de croisière au bâton, particulièrement avec la libération de Zach Mathieu et l'arrivée du Cubain Julio Martinez. Il y a une profondeur intéressante qui permettra de donner des congés ici et là lorsque le mercure oscillera au-dessus des 30 degrés Celsius. Quant à la défensive, les reproches ne sont pas nombreux, et ils le seront encore moins lorsque le receveur Kyle Lafrenz sera parfaitement rétabli de sa blessure et pourra épingler des coureurs en course. Cette situation a aussi coûté quelques matchs aux Aigles.

Mais les partisans s'impatientent. Avec raison, puisqu'en additionnant la saison 2016, les Aigles montrent la pire fiche à domicile du circuit, soit de 26 victoires et 40 défaites, dont seulement deux gains en 2017. Vivement la fin de l'école, puisque le Stade Stéréo Plus est plutôt vide par les temps qui courent.




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