Un Señor chez les étoiles

Daniel Mateo sera au match des étoiles de... (François Gervais)

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Daniel Mateo sera au match des étoiles de la Ligue Can-Am et de l'Association américaine.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Les Aigles enverront la plus petite délégation possible au match des étoiles de la Ligue Can-Am et de l'Association américaine, le 2 août à St. Paul au Minnesota, mais celui qui les représentera n'a pas volé sa place.

De loin le frappeur le plus constant de l'équipe depuis deux ans, Daniel Mateo a été sélectionné par le gérant des Boulders de Rockland, Jamie Keefe, afin d'intégrer la sélection des étoiles Sud.

Ce vote de confiance arrive au bon moment pour Mateo qui, à 24 ans, demeure l'un des plus beaux espoirs des Aigles en mesure de retourner dans les rangs affiliés et, qui sait, parvenir aux ligues majeures.

Frappeur ambidextre, le Dominicain représente une menace constante autant pour les lanceurs droitiers que gauchers. Avant le début de la série contre les Champions d'Ottawa, il se situait autour du top 10 de la Can-Am pour les points produits et la moyenne au bâton. Il pointait aussi au cinquième échelon pour les coups sûrs.

Rarement retiré sur trois prises, Mateo excelle dans les situations corsées, comme le prouve sa moyenne de plus de ,300 avec des coureurs en position de marquer et de plus de ,400 dans les mêmes conditions, mais avec deux retraits.

Si Steve Brown et Javier Herrera s'approchent de pareilles statistiques, Señor Mateo reste un joyau unique pour le gérant T.J. Stanton, qui peut l'utiliser à toutes les positions. D'ailleurs, il ne commet presque pas d'erreurs depuis le début de la campagne.

Avec un bilan provisoire aussi épatant, personne ne se surprend chez les Aigles de le voir accompagner les autres étoiles de la Can-Am à St. Paul.

«Tu ne peux pas détester Daniel, c'est tellement un gars sympathique. Quand nous sommes allés en République dominicaine cet hiver, il a pris le bus et s'est tapé un voyage aller-retour de 14 heures juste pour nous voir», sourit le directeur général René Martin, qui l'a connu au milieu de la saison 2014.

«On ne le voit pas beaucoup dans la communauté, car il ne maîtrise pas le français et parle très peu en anglais. Sauf que dans le vestiaire, tout le monde l'aime! C'est difficile de ne pas rire en le voyant quitter le stade sur son vélo trop petit. Il y a une certaine naïveté en lui.»

Succès immédiat

À peine libéré par les Reds de Cincinnati il y a deux ans, Mateo a rejoint les Aigles et il a connu un succès immédiat avec le club aux États-Unis, produisant 12 points en autant de matchs.

Une blessure l'a par la suite tenu à l'écart de la compétition, mais il a disputé toute la saison 2015 avec les Oiseaux. Acteur de premier plan du championnat des séries, il n'a pas dérougi cette année, même si l'équipe ne suit pas son rythme.

Dans des circonstances plus que difficiles, son travail a ainsi été récompensé.

«C'est un honneur de représenter les Aigles, c'est la preuve que les améliorations apportées à mon jeu apportent de bons résultats», souligne Mateo, par l'entremise de l'interprète Jesus Merchan.

Il semble en effet que le numéro 3 a gagné en maturité, un précieux atout notamment perceptible dans ses présences au bâton. «Je décode plus facilement les lanceurs adverses, je pense que je suis devenu un frappeur plus intimidant pour eux.»

Chose certaine, s'il poursuit sur cette lancée, son agent recevra quelques appels en provenances de recruteurs du baseball affilié! Son nom revient souvent lorsque des dépisteurs se présentent aux rencontres des Aigles. Ce fut entre autres le cas lors de la visite des Cubains en juin.

«Et si ma chance ne vient pas, je reviendrai à Trois-Rivières avec plaisir. J'adore la vie ici, en particulier celle du centre-ville!»

L'hiver, c'est en Colombie qu'il frappe des balles et effectue des relais, dans la même ligue que Steve Brown.

Un modèle qui a touché aux Majeures

Issu d'une famille nombreuse, Daniel Mateo est né à San Cristobal en République dominicaine en août 1991.

Du plus loin qu'il se rappelle, tout le monde jouait au baseball dans son quartier.

Son grand frère Marco, un lanceur populaire dans sa communauté, a évolué dans les ligues majeures avec les Cubs de Chicago et les Padres de San Diego. Il joue maintenant au Japon.

«C'est mon modèle et mon meilleur ami. Je joue au baseball grâce à lui. Si une chance se présente, j'aimerais qu'on se retrouve dans la même équipe au Japon ou en Amérique du Nord un jour.»

Les Aigles ne cracheraient certainement pas sur la chance d'attirer un ancien releveur des majeures dans leur nid!

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