Un cadeau japonais inattendu

Zak Colby rend de fiers services aux Aigles... (Andréanne Lemire)

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Zak Colby rend de fiers services aux Aigles depuis qu'il a troqué son uniforme de l'équipe étoile de l'île japonaise de Shikoku pour le rouge et blanc trifluvien.

Andréanne Lemire

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(Trois-Rivières) Il frappe la balle à tous les champs, accomplit du bon boulot en défensive au deuxième but et sa bonne humeur est contagieuse, même s'il n'a rejoint les Aigles que depuis quelques jours à peine.

Zak Colby fait flèche de tout bois depuis qu'il a quitté la sélection japonaise des meilleurs joueurs de l'île de Shikoku pour endosser l'uniforme rouge et blanc de l'équipe de Trois-Rivières dans la Ligue Can-Am.

Avant la rencontre de mercredi contre les Miners de Sussex, le Nippo-Américain montrait une moyenne au bâton de ,571, pour huit coups sûrs après trois rencontres.

En 20 parties avec l'île de Shikoku, il s'était révélé comme l'une des pièces maîtresses de la formation, que ce soit par son leadership ou ses prouesses sur le terrain.

Mais pourquoi donc ce jeune homme de 27 ans, né en Californie d'une mère japonaise, n'a-t-il jamais reçu d'offre pour évoluer dans le baseball affilié, et ce en dépit de saisons prometteuses dans les échelons inférieurs?

C'est la question à laquelle tente de répondre le gérant des Aigles Pierre-Luc Laforest, impressionné par le jeu de Colby depuis que celui-ci est débarqué en Amérique du Nord avec l'équipe de Shikoku.

«Il est peut-être le secret le mieux gardé dans sa ligue», songe Laforest.

«Des Colby, j'en prendrait neuf dans mon club demain matin. Les gars se rallient autour de lui, il a beaucoup d'entrain. Tu vois qu'il aime jouer au baseball et en plus, il est polyvalent. Je ne comprends pas pourquoi autant de recruteurs ont passé par-dessus lui...»

Le principal concerné ne le sait pas plus. En 2012, il a pourtant remporté le championnat de la Perfect Game Collegiate Baseball League avec les Mohawks d'Amsterdam, dans l'État de New York, campant avec brio le rôle de receveur. Un an plus tard, il faisait un court passage remarqué dans la Frontier League, un circuit légèrement inférieur à la Can-Am.

«Puis, après, plus rien», raconte Colby, croisé près du vestiaire des Aigles mercredi en début de soirée. «Je sortais des collèges, j'avais besoin d'un club pour poursuivre ma carrière. Personne n'a pris de chance avec moi. En regardant mes options, le Japon m'apparaissait comme un endroit intrigant.»

C'est ainsi qu'il a entamé sa carrière nippone, connaissant sa part de succès avec les Ehime Mandarin Pirates de l'île de Shikoku.

De fil en aiguille, en plus de son statut de joueur-étoile, Colby est devenu un rouage important aux activités du circuit, organisant entre autres des camps de sélection en Californie pour recruter de jeunes talents intéressés par l'aventure japonaise.

Colby ne s'attendait toutefois pas à ce que les rôles s'inversent en accompagnant l'équipe d'étoiles de sa ligue en Amérique du Nord! Il est effectivement devenu le premier joueur de cette sélection à intégrer un vestiaire de la Can-Am. Les Aigles, démunis par les blessures, tenaient à l'engager.

«C'est un bel honneur et j'espère que d'autres emboîteront le pas. À moyen terme, j'aimerais voir plus de Japonais dans la ligue et pas seulement pendant le mois de juillet.»

Car la présence de Colby dans l'entourage des Trifluviens ne durera pas. D'ici deux semaines, il prendra un vol en direction du Japon, où il participera à un camp d'essai organisé par les ligues majeures japonaises, l'équivalent du baseball majeur sur notre continent.

Il pourra aussi terminer la saison de l'île de Shikoku, interrompue en juillet en raison des conditions météorologiques qui sévissent à cette période de l'année au pays du Soleil-Levant.

«Les meilleurs joueurs que vous avez avec vus avec Shikoku, ils ont d'excellentes chances d'être repêchés par des équipes du baseball majeur japonais. C'est aussi mon objectif.»

Et si jamais ça ne fonctionne pas, il y aura toujours un plan B. Comme les Aigles de Trois-Rivières, qui sait.

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