L'omerta cubaine et les défections

Au sein de l'équipe cubaine, les nombreuses défections... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Au sein de l'équipe cubaine, les nombreuses défections de joueurs vers les Ligues majeures est un sujet tabou.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Les relations entre Cuba et les États-Unis ont beau s'être réchauffées au cours des derniers mois, l'omerta demeure entière dans l'entourage de l'équipe nationale cubaine lorsque vient le temps de discuter des joueurs ayant fait défection vers le pays de l'Oncle Sam pour évoluer dans le Baseball majeur.

Oubliez l'idée de s'entretenir sur le sujet avec les joueurs. Ils n'oseraient répondre à une question à saveur politique. Idem du côté de la Fédération cubaine de baseball.

En discussion avec l'interprète servant d'intermédiaire, le président Higinio Velez a clairement fait savoir qu'il ne voulait rien savoir de jaser de ces joueurs ayant tourné le dos à la nation. «On peut très bien parler de baseball, mais pas de ce sujet», laisse-t-il tomber.

Impossible donc de savoir comment sont perçus ces joueurs ayant fui leur terre natale pour profiter du baseball américain.

Remarquez, ce silence peut se comprendre. En tournée au Canada, l'occasion serait idéale si un joueur souhaitait faire faux-bond à sa patrie. Tout le monde reste discret. Tout le monde rentre dans le rang.

D'ailleurs, après un léger incident à Québec la semaine dernière qui aurait mis les agents de sécurité sur les dents, des individus se seraient de nouveau approchés un peu trop près d'un joueur cubain, mercredi matin lors du déjeuner d'équipe. Les hommes en charge d'assurer la sécurité du contingent cubain ont aussitôt craint qu'une défection s'organisait. Tout est cependant rentré dans l'ordre rapidement.

Au fil des ans, les évasions spectaculaires se sont multipliées chez les joueurs cubains qui désiraient vivre la gloire - et la richesse - du Baseball majeur.

Cette saison, une trentaine de Cubains évoluent dans le circuit Manfred, les plus connus étant Yoenis Céspedes (Mets de New York), José Abreu (White Sox de Chicago), Yasiel Puig (Dodgers de Los Angeles), Rusney Castillo (Red Sox de Boston) et Aroldis Chapman (Yankees de New York).

Nombreux dépisteurs

D'ailleurs, les équipes du Baseball majeur continuent de saliver à l'idée d'enrôler une future perle cubaine. Près d'une dizaine de dépisteurs prennent place dans les gradins depuis le début de la série, un fait assez rarissime pour la Ligue Can-Am.

Le Nouvelliste a d'ailleurs discuté quelques instants avec Walt Burrows, des Twins du Minnesota, et Chris Calciano, des Red Sox de Boston à propos de leur visite en sol trifluvien. Évidemment, les deux hommes de baseball préfèrent ne pas dévoiler l'identité des joueurs qu'ils scruteront plus attentivement, question d'éviter les remontrances de la fédération cubaine.

À travers les branches, les noms du receveur Yosvani Alarcon et du releveur gaucher Livan Moinelo semblent toutefois attiser davantage les discussions. Néanmoins, les dépisteurs ne se cachent pas pour dire que les joueurs des Antilles représentent la raison principale de leur venue au stade Fernand-Bédard.

«Certainement que nous nous déplaçons pour voir les Cubains. Les occasions sont rares de les voir à l'oeuvre», indique Calciano qui avait également fait le trajet à Toronto l'été dernier pour apercevoir les Cubains lors des Jeux panaméricains.

«On recherche les joueurs qui possèdent les atouts pouvant avoir un impact dans les majeures. Aussi, ça nous permet de faire un suivi sur certains joueurs qu'on a vus dans le passé», renchérit Burrows, tout en soulignant jeter également un oeil sur les joueurs des Aigles.

Par ailleurs, pour ce dernier, il ne s'agit pas de sa première visite dans la cité de Laviolette. En 1996, alors qu'il était à l'emploi de la Centrale de recrutement du Baseball majeur au Canada, il s'était pointé le nez sur l'avenue Gilles-Villeneuve pour épier Maxim St-Pierre qui évoluait alors avec les Orioles d'Ahunstic. Quelques mois plus tard, le Québécois accédait au baseball affilié dans l'organisation des Tigers de Detroit, où il a passé une quinzaine d'années en plus d'obtenir un rappel de six rencontres dans les majeures.

Qui sait si, cette fois-ci, il parviendra à dénicher un joyau cubain, qui brillera bientôt sous les projecteurs du circuit Manfred? À suivre...

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