Elissa Alarie à la croisée des chemins

Elissa Alarie pourrait avoir disputé sa dernière Coupe... (Associated Press)

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Elissa Alarie pourrait avoir disputé sa dernière Coupe du monde.

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(Trois-Rivières) Elissa Alarie aurait difficilement pu faire mieux lors de la Coupe du monde de rugby à 15, à la fin du mois d'août. Elle a terminé en deuxième position pour le nombre d'essais marqués, toutes nations confondues. Mais à 31 ans, la Trifluvienne se retrouve à la croisée des chemins.

Celle qui évolue au poste d'arrière pourrait bien avoir disputé sa dernière Coupe du monde. Alarie ne parle pas encore de retraite, mais elle ne cache pas qu'elle va y réfléchir dans les prochaines semaines. Comme la prochaine Coupe du monde n'aura lieu que dans trois ou quatre ans, le processus pourrait être long pour celle qui pense lentement mais sûrement à son après-carrière.

«Je me donne quelques mois pour réfléchir à ça. Nous avons une pause d'entraînement et il y a un tournoi de prévu à la fin du mois de novembre. Je vais voir si je me rends disponible ou pas», explique-t-elle.

Si le rugby à 15 n'est pas encore rayé de la carte, celui du rugby à 7 l'est officiellement. Comme la discipline est un sport olympique, les athlètes y sont brevetés et doivent donc s'y consacrer à 100 %, ce que Alarie n'est plus prête à faire. Il n'y aura donc pas de nouvelle tentative de participer aux Jeux olympiques, elle qui avait été nommée à titre de remplaçante sur l'équipe canadienne à Rio en 2016. C'est plutôt un emploi qui l'attend à l'Institut national du sport de Victoria en Colombie-Britannique, où elle réside maintenant. Le pont parfait pour une athlète qui amorce sa retraite, sans quitter le monde du sport.

«Le rugby à sept, c'est terminé. Avec mon emploi qui m'attend, j'ai hâte de faire de nouvelles choses. Je veux voir ce que je pourrai faire comme carrière après le rugby.»

Pourtant, la Trifluvienne semble encore au sommet de son art. En Irlande, elle a été parmi les meilleures Canadiennes avec Magalie Harvey et a terminé sixième pour les points marqués dans la compétition. «J'ai vraiment connu un bon tournoi. Je pense que c'est pour un mélange de raisons. Contrairement au rugby à 7, je ne me mettais pas de pression parce que j'avais beaucoup d'expérience. En plus, j'avais un rôle de leader à titre de vice-capitaine. J'étais davantage concentrée sur ce que l'équipe faisait en entier, parce que moi, je savais que j'étais capable de faire de bonnes choses.»

La compétition n'a toutefois pas été au goût du Canada, qui a dû se contenter du cinquième rang après avoir subi un cuisant revers de 48-5 face à la puissante Nouvelle-Zélande lors des matchs de groupe. Une défaite qui les a empêchées de se battre pour une médaille, comme ça avait été le cas en 2014. «C'est une déception. Le match de la Nouvelle-Zélande, c'est correct de perdre contre les championnes mondiales, mais c'est dans la manière. C'est ce qui a été le plus décevant. On s'est retrouvée dans le même groupe parce qu'elles avaient perdu en 2014 leur troisième match, comme nous. Ça fait des années que les femmes se battent pour un format comme les hommes, avec six matchs et des quarts de finale, parce que présentement, ce n'est pas assuré que les quatre meilleures équipes ont accès à la finale. C'est une question d'équité.»

Un rôle de modèle

De passage dans la région cette semaine, Alarie a obtenu une invitation de la part de l'école secondaire des Pionniers afin de parler de son parcours. Plus de 200 jeunes se sont rassemblés pour l'écouter parler des hauts et des bas de sa carrière. Elle imite ainsi les athlètes qui lui avaient donné les mêmes conseils lorsqu'elle était adolescente. «C'était le fun et il y a eu de vraiment bonnes questions de la part des élèves. C'est intéressant de redonner à des jeunes. Je leur parle de mon parcours. Au secondaire, je jouais au basketball et j'avais été sur le banc durant toute l'année. C'est facile de voir une athlète qui a réussi, mais le parcours n'est pas linéaire du tout. Il y a des hauts et des bas. Il faut croire en soi et c'est le message que je voulais leur passer.»

Parmi cette foule, il y avait de jeunes filles. À une période de leur vie où plusieurs adolescentes mettent de côté la pratique du sport pour se consacrer à d'autres activités, à leur vie sociale ou à leur premier emploi, Alarie espère en avoir convaincu quelques-unes de l'importance de bouger. «Selon les statistiques, c'est à cet âge que les filles arrêtent de faire du sport. Il y a autre chose dans la vie que les Facebook et Instagram. Elles doivent se trouver une passion et bouger. Ça peut aussi être l'art ou la musique. Le rugby est un sport très inclusif, peu importe ton passé ou ta forme physique. C'est important à cet âge que les filles aient d'autres modèles que ceux qu'on retrouve dans les revues, même si elles sont à une période où c'est souvent plus important d'être belle que forte ou intelligente», conclut la médaillée d'argent de la Coupe du monde 2014.




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