Un ménage se prépare chez les Aigles

T.J. Stanton aura d'importantes décisions à prendre dans... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

T.J. Stanton aura d'importantes décisions à prendre dans les prochains mois afin de relancer les Aigles, qui ont connu une deuxième saison de misère consécutive.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) La première saison complète de T.J. Stanton à la barre des Aigles n'a pas été à son goût. Pour une deuxième année, l'équipe a terminé au fond du classement de la Ligue Can-Am, ratant du même coup les séries éliminatoires. Un ménage plus que nécessaire se prépare dans le vestiaire du Stade Stéréo Plus.

Au fil de la saison, les Oiseaux ont éprouvé de nombreux problèmes. Un soir, c'était l'offensive qui faisait défaut, le lendemain, la défensive, et très souvent, les lanceurs qui ne livraient pas la marchandise. Mais s'il y a eu une constante pour expliquer les déboires de l'équipe, c'est l'absence de leadership sur et hors du terrain. Stanton n'hésite pas à dire que sa troupe aurait eu besoin d'une colonne vertébrale.

«Peu importe ton projet dans la vie, il y a toujours 10 % du groupe qui sera des alphas, des meneurs. Il va y avoir 80 % qui seront des moutons, prêts à suivre le groupe. Et finalement, le dernier 10 %, ce sont les cancers. Je ne pense pas qu'on avait un gros problème de cancers, mais il nous manquait les alphas. J'ai vu trop de joueurs venir se plaindre à propos d'un autre joueur. Pourquoi ne vas-tu pas lui dire en pleine face? J'haïs les excuses, et si nous sommes en mesure de trouver deux ou trois alphas, les joueurs qui utilisent des excuses ne le feront peut-être plus.»

L'un des moments les plus flagrants du manque de leadership chez les Aigles s'est produit le 19 août, quand Ethan Elias, qui affrontait son ancienne équipe, les Boulders de Rockland, a atteint le frappeur Mike Montville. Une engueulade s'en est suivie et le banc des Boulders s'est vidé. Chez les Trifluviens, personne n'est venu appuyer le lanceur, laissé seul à lui-même.

«On a besoin de joueurs qui sont solides, qui sont prêts à jouer du baseball de la manière dont je veux qu'il soit joué. Je me fous des statistiques. J'ai beaucoup appris cet été à ma première saison complète comme gérant. Mais ce que j'ai toujours eu comme qualité, c'est d'évaluer la personnalité d'un gars. Durant ma carrière de joueur, j'ai joué pour gagner un championnat presque toutes les années. Je sais qui est un gagnant et qui ne l'est pas. Si je fais des changements avec des joueurs qui sont des favoris de la foule, je vais comprendre que les partisans seront fâchés. Mais on ne gagne pas. Si tu ouvres le frigidaire, que tu sens le lait et qu'il est périmé, tu ne le remets pas dans le frigidaire en te disant que l'an prochain, il va sentir meilleur.»

Stanton s'apprête donc à modifier son noyau de joueurs afin de créer une équipe qui se serre les coudes sur le terrain. Bien qu'il n'identifie aucun joueur pour l'instant, il ne faudrait pas être surpris que de gros noms écopent. 

«On a de bons morceaux, mais on doit s'améliorer à certains endroits. Il y a des gars qui vont être surpris, mais c'est ça le baseball indépendant. Il n'y a pas de contrat à vie. Moi-même, je n'en ai pas un. Ce ne sera pas un gros ménage, mais il devra être stratégique.»

Les Cubains de retour?

Le gérant hésite lorsqu'on lui demande s'il fera de nouveau appel à des athlètes cubains la saison prochaine. Le style de jeu qu'on retrouve sur l'île, ainsi que les différences culturelles, ont compliqué la création d'une équipe unie.

Il faut dire que contrairement aux trois joueurs cubains chez les Capitales de Québec, on ne peut pas dire que tout s'est bien déroulé à Trois-Rivières. Miguel Lahera a déçu au monticule, alors qu'il était le releveur numéro un de Cuba à la Classique mondiale de baseball. Alexander Ayala a très bien fait au bâton, mais ses lacunes en défensive ne pouvaient être ignorées. C'est sans oublier Julio Martinez, disparu dans la brume lors d'un voyage aux États-Unis.

À la défense de ses lanceurs

Au monticule, la saison des Aigles a été une catastrophe. Avec une moyenne de points mérités cumulative de 5,58, les Oiseaux se retrouvent loin derrière dans la Ligue Can-Am. Stanton n'a toutefois pas lancé la serviette avec ses artilleurs et estime qu'ils ne sont pas les seuls responsables de cette déroute.

«Notre défensive a été vraiment mauvaise cette année. Ce n'est pas juste au niveau du nombre d'erreurs, mais aussi pour atteindre la balle. On jouait un style de baseball vraiment pourri et ça n'aide pas les lanceurs. Et une partie du blâme doit aller aux receveurs. C'est une combinaison de facteurs», explique-t-il, en précisant qu'Elias et Chris Murphy seront de retour l'an prochain malgré leurs statistiques.

Une première pièce acquise

Le gérant estime avoir mis la main sur la première pièce de son casse-tête avec l'acquisition de Taylor Brennan des Jackals à la date limite des transactions. Il sera assurément à son poste au troisième but en 2018.

«Brennan, c'est un alpha. Dès la première journée qu'il est arrivé, il a complètement changé l'allure de notre attaque. Après s'être fait retirer au bâton, il est revenu à l'abri et a dit exactement quel était le tir du lanceur. Les autres joueurs ont écouté... mais se sont fait avoir pareil. Cette saison, ce n'est pas que les joueurs ne voulaient pas gagner, mais ils n'étaient pas prêts à faire ce qu'il faut pour gagner.»

«Les gars étaient surpris de voir qu'ils étaient encore dans la course aux séries à la fin août. Mais qu'est-ce qu'ils faisaient en juin? Pendant les autres 75 matchs lors desquels je n'arrivais plus à dormir? Tu ne peux pas te qualifier pour les séries en juin... mais tu peux les perdre.»




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer