Une moins bonne équipe, davantage hypothéquée

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Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin

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COMMENTAIRE / Marc Bergevin peut bien dire le contraire, mais il apparaît assez évident que le Canadien est une moins bonne équipe après l'ouverture du marché des joueurs autonomes qu'au moment où l'équipe a rendu les armes en première ronde des séries face aux Rangers.

Depuis cette déconfiture, Alexei Emelin a été perdu au repêchage d'expansion et Nathan Beaulieu expédié pour des pinottes à Buffalo. Quant à Alex Radulov et Andrei Markov, ils ont décidé de tester le marché des joueurs autonomes, où ils sont toujours disponibles d'ailleurs. 

Quatre vétérans sont donc disparus de la carte et ont été remplacés par Jonathan Drouin et Karl Alzner. Il y a aussi quelques ajouts de profondeur comme David Schlemko et Joe Morrow mais impossible de nier que le Canadien est plus mince du côté gauche en défensive, que l'offensive est au mieux équivalente et qu'aucun joueur de centre top 6 n'a été ajouté par Bergevin.

Alzner n'est pas une vilaine prise, même si de son propre aveu, il est un peu amoché par son style de jeu. Il a reconnu il y a quelques mois ne pas être en mesure d'ouvrir les pots à la maison, car ses doigts le faisaient trop souffrir! Pour défendre son territoire et bloquer des tirs, ça va aller. Si vous attendez qu'il relance l'attaque à la gauche de Shea Weber, vous allez être déçus! Or si Markov ne change pas d'idée en revenant au bercail, c'est le rôle qui l'attend. Ouf.

À l'attaque, Drouin peut compenser pour la perte éventuelle de Radulov, même s'il ne joue pas à la même position. Reste que cette offensive, de l'avis de plusieurs, avait besoin de renfort... Le statu quo est loin d'être sexy. Remarquez, Radulov, comme Markov, peut encore accepter la perche tendue par Bergevin mais à entendre le directeur-gérant dimanche, on comprend que ce n'est pas dans les cartes. Bergevin n'a pas caché que le manque de reconnaissance du clan Radulov l'agaçait. «Si tu veux de la loyauté, achète-toi un chien!» 

Pas sûr que cette flèche sera de nature à réchauffer le climat entre les deux parties. Bergevin aurait pu se garder une petite gêne tant que la décision de Radulov de quitter Montréal n'est pas coulée dans le béton. Car le Canadien a plus besoin de Radulov que l'inverse.

Trop long, trop cher

À défaut d'être en mesure de parler d'une pêche fructueuse sur le marché des joueurs autonomes, Marc Bergevin a officialisé la prolongation de contrat accordée à Carey Price. Ce n'est pas une surprise, les deux parties disent depuis des semaines vouloir s'entendre. Ce qui étonne, c'est à quel point le Canadien a dû concéder pour rendre heureux son gardien étoile. 

Huit ans pour un gardien de 29 ans qui a été hypothéqué par un genou capricieux, c'est l'éternité. Une moyenne de 10,5 millions $ pour un athlète qui n'a jamais été en mesure de transporter son club une fois rendu en séries, c'est très généreux. On pensait que Price allait être un peu plus conciliant, question d'offrir plus de latitude à son directeur-gérant pour placer la meilleure équipe possible devant lui. Ça ne s'est pas passé ainsi. Dommage. 

Bergevin vient de se menotter solide en offrant autant à Price. Il n'avait pas le choix, l'équipe qu'il gère depuis cinq ans a été bâtie autour de l'Élu. Price, c'est la garantie que l'équipe va batailler pendant les 4-5 prochaines années pour une place en séries. Pour un directeur-gérant dont le statut a certainement été fragilisé par son bilan des dernières années, ça peut lui permettre de survivre pendant encore un bout de temps. Pour ce qui est de bâtir un club prétendant à la coupe Stanley par contre, c'est moins évident.




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