Raphaël Gladu, le premier de plusieurs?

Il n'y a pas si longtemps, Raphaël Gladu... (Courtoisie)

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Il n'y a pas si longtemps, Raphaël Gladu évoluait pour les Estacades au niveau midget AAA. Il servira maintenant d'inspiration pour les joueurs de ce niveau.

Courtoisie

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(Trois-Rivières) Mercredi, Raphaël Gladu est devenu le premier Mauricien à être repêché dans les Ligues majeures de baseball en 14 ans. Pourrait-il paver la voie à d'autres joueurs de la région?

Dès le calibre moustique, Yan St-Pierre savait qu'il avait devant lui un joueur spécial, dont le talent inné lui a permis de frapper pour ,600 lors de cette saison.

«Raphaël a toujours travaillé très fort et on pouvait voir qu'il était talentueux. Il aurait pu jouer à différentes positions tellement il était athlétique, mais son but, c'était avant tout de réussir», souligne le directeur général de Baseball CRM, qui a suivi pendant sept ans celui qui a été sélectionné par les Mets de New York en 16e ronde de l'encan annuel.

Chez les Aigles juniors, tous les joueurs étaient fébriles cette semaine en espérant voir leur coéquipier avoir droit à un honneur que seuls deux autres Québécois ont été en mesure d'obtenir en 2017. «Je vivais le rêve avec lui, lance le gérant Jean-Philippe Lemay. Raphaël vient d'ouvrir une porte pour les autres joueurs. C'est un parcours qui peut être inspirant, un chemin qui démontre l'importance de la persévérance, avec une éthique de travail irréprochable.»

Développement régional

Certes, Gladu avait dès sa jeunesse un talent indéniable et est un bourreau de travail, mais encore fallait-il qu'il évolue dans un encadrement approprié afin de se développer. Or, la Mauricie est en train de devenir un chef de file au Québec, avec d'excellents résultats sur le terrain dans les dernières années, dont une médaille d'or aux Jeux du Québec et un championnat midget AAA l'été dernier. C'est sans oublier les succès des Aigles juniors. Pourtant, le bassin de joueurs est l'un des plus petits au Québec.

«Il y a d'excellentes choses qui se passent présentement en Mauricie. Je me souviens, quand j'ai commencé dans le coaching en 2009, quand un joueur s'inscrivait, on lui donnait une vieille chemise et il fallait aller dans un magasin pour aller chercher les pantalons et les bas. Ça n'incitait pas à développer un sentiment d'appartenance. Il n'y a pas de doute, dans le développement, la structure était défaillante», se rappelle Lemay.

Le développement des joueurs, mené par les Aigles AA et Baseball CRM a d'ailleurs été au coeur des succès de la région dans les dernières années. Deux organisations qui, techniquement, sont rivales, mais qui semblent travailler main dans la main et qui permettent à l'athlète de se développer 12 mois par année.

«Les Aigles AA ont leur philosophie, Baseball CRM a sa philosophie, alors que le junior, c'est différent parce qu'on veut gagner, donc le développement se fait de façon moins accrue. Mais il n'y a pas de bonne ou moins bonne façon de faire. Tout le monde met l'épaule à la roue pour que les jeunes de la Mauricie et de la rive sud aient le meilleur développement», ajoute le pilote des Aigles.

La qualité des infrastructures joue aussi son rôle. Le Stade Stéréo Plus impressionne les plus jeunes, qui rêvent d'y jouer un jour. On retrouve aussi le Complexe sportif Alphonse-Desjardins qui permet de pratiquer le baseball 12 mois par année. Lemay est d'ailleurs convaincu que ce complexe permet aux équipes mauriciennes d'avoir de meilleurs débuts de saison.

«Je pense que les astres sont alignés. L'été, tu as un baseball AA très formateur puis l'hiver, tu peux continuer chez Baseball CRM. Il y a par la suite les Aigles juniors et ça se termine par une équipe professionnelle qui inspire les jeunes. Je peux dire que la région est extrêmement dynamique. On peut faire mieux, mais en comparaison avec six ou sept ans, c'est le jour et la nuit.»

La route des États-Unis

Après son passage dans le midget AAA, Raphaël Gladu avait poursuivi son parcours chez les Dragons du Collège Laflèche, un programme de Baseball CRM, indépendant de Baseball Québec, qui lui a permis de se joindre à une université américaine par la suite. D'ailleurs, ce printemps, quatre athlètes de la région évoluaient au pays de l'Oncle Sam. Un passage aux États-Unis est-il obligatoire pour faire naître le prochain Raphaël Gladu?

«Est-ce que ça aide? Oui, parce que tu es aux États-Unis. Mais tu pourrais être dans ta cour, si tu lances 90 mph, les recruteurs vont le savoir», rappelle Yan St-Pierre.

Alors, est-ce qu'il existe actuellement en Mauricie le prochain Raphaël Gladu?

«Il y en a qui ont le potentiel pour franchir les autres étapes, mais ils vont devoir travailler plus fort. Les jeunes ont tendance à moins travailler ou travailler plus mal. Ils font plein d'affaires, mais est-ce que ce sera payant? Tu ne peux pas faire de l'entraînement sept jours sur sept, deux fois par jour. Le repos et l'alimentation, c'est important. C'est là que l'exemple de Raphaël est intéressant, parce qu'il a toujours travaillé fort», conclut St-Pierre.




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