Quand le plaisir mène à Hawaï

Judy-Ann Parke a performé au-delà de ses propres... (Courtoisie)

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Judy-Ann Parke a performé au-delà de ses propres attentes à Boulder.

Courtoisie

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(Trois-Rivières) Ce qui ne devait être qu'une répétition s'est transformée en rêve pour Judy-Ann Parke, dimanche dernier, à Boulder au Colorado. La triathlète a obtenu, à sa grande surprise, son laissez-passer pour le Championnat du monde Ironman à Kona à Hawaï.

Lorsqu'elle a troqué sa rame pour des espadrilles, un vélo et un maillot il y a trois ans, l'athlète de 38 ans, qui avait fait sa marque lors de la Classique internationale de canots, osait à peine rêver à la possibilité d'un jour se qualifier pour le prestigieux événement.

Même avant de se rendre à Boulder, l'idée de terminer sur le podium semblait peu probable, puisqu'il s'agissait avant tout d'une étape vers le Ironman de Tremblant, la grande étape de sa saison. Pourtant, après 11 heures et 10 minutes d'effort physique, c'est la deuxième marche du podium chez les 35-39 ans qui l'attendait, à quatre minutes de la gagnante, et 21e chez les femmes toutes catégories confondues.

«J'allais là pour une pratique. Mon but, c'était de me classer à Tremblant, en août. Ça faisait partie de mon entraînement, mais c'est arrivé comme ça, en s'amusant», lance-t-elle.

Le plaisir est d'ailleurs au centre de chacune de ses compétitions. Parke a tenté par le passé de se concentrer sur ses temps et de se mettre de la pression pour performer. Le résultat a été catastrophique à ses yeux.

«La pression, ça ne marche pas avec moi. Ça me rend trop nerveuse et je n'ai pas de plaisir. C'est long 11 heures quand tu n'as pas de plaisir. J'avais tenté de le faire dans un autre triathlon à Lake Placid, d'être focus et tenter de me classer. J'avais fait un bon temps, je m'étais améliorée, mais je n'ai pas eu de plaisir de toute la course. Je sentais trop de pression. Ça s'était répété à Tremblant l'an dernier.»

C'est donc avec l'attitude contraire qu'elle s'est élancée à Boulder, en tentant d'oublier que l'altitude pourrait lui jouer des tours. Ainsi, durant toute l'épreuve, elle n'a jamais regardé sa montre. Dans l'épreuve de natation, elle s'est tenue loin du trafic, puisqu'il ne s'agit pas de son épreuve de prédilection. Elle a par la suite explosé en vélo en terminant première de sa catégorie, puis deuxième à la course... en ralentissant le rythme puisqu'elle n'avait aucune idée qu'elle se battait pour la victoire.

«J'ai pris le temps de remercier les bénévoles, j'ai serré la main des enfants qui encourageaient sur le côté du parcours. Je voulais avoir du plaisir. J'étais contente que les gens soient là, que ce soit comme une fête. Je n'ai jamais su que j'étais en train de gagner.

Avec 4 km à faire, j'avais besoin de motivation et j'ai demandé mon classement. La personne qui était avec moi m'a dit que j'étais première ou deuxième. Quand j'ai passé la ligne d'arrivée, un bénévole m'a demandé si j'étais contente de mon temps. C'est à ce moment que j'ai regardé ma montre... et réalisé que j'avais fait 11h10, 10 minutes plus rapide que mon meilleur temps. Dire que j'avais l'impression d'être vraiment lente au marathon!»

Parke fera ainsi une croix sur l'Ironman de Tremblant, qui a lieu au mois d'août, afin de conserver ses énergies pour le Championnat du monde qui aura lieu en octobre. Avec seulement trois ans d'expérience, celle qui évolue sous les conseils de Charles Perreault, Gilles Cantin, Marc-André Perron et Hubert Damphousse peut encore s'améliorer, selon ce dernier.

«Elle a une progression constante par rapport à où elle était l'année dernière. Il y a toujours du travail à faire et elle n'est pas encore au sommet parce qu'il y a toujours des choses à peaufiner. Mais c'est un excellent temps.»

Et surtout, cette performance au Colorado lui aura assurément fait réaliser qu'elle a le droit de viser encore plus haut.

«Je ne suis pas une personne confiante. Ça me fait peur. Quand j'ai payé mon inscription pour Hawaï, j'avais plus l'air angoissée que contente. Kona, c'est encore plus difficile. Je vais y aller pour m'amuser, parce qu'il y a des filles qui sont vraiment des athlètes. Ça me prend un objectif et j'aimerais être capable de faire le même temps de 11h10. C'est un rêve que je réalise. Pourtant, je me disais que le Championnat du monde, ce serait possible pour moi à 60 ans, quand il va y avoir moins de monde dans ma catégorie!», conclut-elle en rigolant.




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