Spécialiste des sauvetages

Le défi de sauver le hockey de la... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le défi de sauver le hockey de la LNAH à Trois-Rivières sera difficile pour Dean Lygitsakos, mais le Louisevillois a réussi une telle aventure à deux occasions..

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Dean Lygitsakos devrait songer à s'ouvrir un cabinet spécialisé en sauvetage. Après avoir remis sur les rails la concession de Saguenay, puis opéré le même redressement à Saint-Georges-de-Beauce, le voilà avec une proposition sur la table pour ressusciter la concession de Trois-Rivières, ce qui va par le fait même garder en vie la Ligue nord-américaine de hockey!

Ceux qui connaissent ce rusé homme de hockey savent que c'est le genre de défi qui l'allume. Ça fait une semaine qu'il travaille comme un forcené sur le dossier, engagé dans une course contre la montre puisque les propriétaires autour de la table veulent savoir au plus vite si leur produit va survivre.

Mais Lygitsakos navigue depuis trop longtemps dans cette mer infestée de requins qu'est le hockey senior pour crier victoire trop rapidement. Ses pourparlers sont sérieux, les conditions pour s'embarquer dans cette aventure un peu folle semblent réunies.

Mais tant que les promoteurs - qui sont de l'extérieur de la Mauricie - et lui ne signeront pas un contrat qui le sécurise, il n'est pas question de s'avancer publiquement. En principe, cette étape devrait être franchie d'ici la fin de la semaine...

Un retour aux sources

Si ça se matérialise comme prévu, ce sera un retour aux sources pour le Louisevillois d'origine, qui avait obtenu sa première chance dans la LNAH au vieux Colisée. C'est le controversé Danny Moore qui lui avait offert de graduer, après l'avoir vu mener le Canadel de son patelin aux grands honneurs dans la LNAH. Un des rares bons coups de Moore lors de son bref règne trifluvien.

Quelques années plus tard, Lygitsakos menait le Caron et Guay aux plus grands honneurs. Il avait quitté par la suite en raison d'une dispute avec Léo-Guy Morrissette, qui voulait qu'il se contente du rôle de directeur-gérant.

Lygitsakos avait alors mis les voiles pour le Saguenay, où l'attendait une concession bien mal en point. Il l'a rebâtie, gagné une autre coupe en cours de route, puis il a été libéré pour des raisons essentiellement monétaires quand les propriétaires ont senti qu'ils disposaient d'un alignement assez étoffé pour se passer de ses services.

Lygitsakos n'est pas resté au chômage bien longtemps, Saint-Georges-de-Beauce avait à son tour besoin de sa magie pour redonner du lustre à sa concession. Encore une fois, il a livré la marchandise, avant d'être victime d'une dispute interne gagnée par l'un des copropriétaires de l'équipe.

Ce dénouement il y a quelques semaines l'avait étourdi pas à peu près. Mais encore là, le téléphone a sonné rapidement et cette fois, c'était l'état-major de la LNAH qui criait à l'aide, en le mettant en contact avec ces promoteurs tentés par le marché trifluvien après avoir échoué dans leur tentative d'établir une concession à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Loin d'être gagné d'avance

S'il scelle son entente, Lygitsakos devra relever le plus gros défi de sa carrière. Il hériterait d'une franchise dont la liste de protection a été amputée de plusieurs bons éléments par une série de transactions douteuses réalisées sous l'ancienne administration depuis trois ans. L'incidence a été directe sur les performances de l'équipe et, par ricochet, sur les assistances au Colisée. Réparer tous les pots cassés à ce niveau ne peut se faire en quelques semaines.

Lygitsakos a un autre problème. Le nouveau style de jeu de la LNAH est axé davantage sur les habiletés, moins sur le jeu viril. Dans certains marchés, le virage fut un succès. À Trois-Rivières, c'est un cuisant échec jusqu'à maintenant. L'ancienne clientèle qui trippe sur la bagarre et les rivalités s'est réfugiée chez le senior A régional. Pour la moitié du prix, elle est contentée, acceptant volontiers que le hockey soit de moindre qualité.

Pour l'instant, cette masse de fans n'a pas été remplacée par des amateurs aimant le jeu basé sur la vitesse et la finesse. Dans ce rayon, les Cataractes ratissent de plus en plus large, avec des foules dépassant souvent les 3000 spectateurs.

Le hockey universitaire va chercher l'essentiel de ce qui reste, avec comme résultat que la LNAH se retrouve entre deux chaises dans un marché hautement contingenté. Lygitsakos sait tout ça, il est copropriétaire de la formation championne senior A à Louiseville! Ce sera intéressant de voir s'il tentera de façonner une recette plus corsée, afin de ramener les anciens fans au bercail.

Chose certaine, c'est un pari loin d'être gagné d'avance. Il y a quelques années, quand Léo-Guy Morrissette peinait à remplir les gradins malgré ses menaces de déménagement, c'était de bon goût de plaider que les gens ne voulaient pas l'encourager en raison de sa personnalité, ou parce qu'il venait de l'extérieur. Force est d'admettre que le groupe d'actionnaires locaux qui a pris sa place n'a pas connu plus de succès. Lygitsakos peut-il faire mieux? Difficile à dire.

Mais l'expérience emmagasinée au cours de la dernière décennie, jumelée à son expertise et ses talents de vendeurs, en font le candidat idéal pour cette ultime tentative.

Les partisans, grands gagnants

Bref retour sur le repêchage de la LHJMQ. En résistant à la tentation de monnayer Samuel Girard à Saint-John en acceptant une offre sous les standards qu'il avait établis, Martin Mondou fait un cadeau à son nouveau pilote Daniel Renaud, qui va pouvoir amorcer son règne avec une équipe potable.

Les plus grands gagnants restent toutefois les fans des Cataractes, qui vont pouvoir continuer à épier le joueur le plus spectaculaire de la ligue.

Pour la première fois depuis qu'il évolue dans le junior, la Tornade de Roberval a eu droit à trois semaines de vacances ce printemps. Puis à un vrai été d'entraînement. À mon avis, quand il va débarquer à Shawinigan à la mi-août, il sera mûr pour élever son jeu d'un autre cran. Ça sent la moyenne des deux points par match jusqu'au camp d'Équipe Canada junior!

Réunis autour d'un joueur aussi dominant, qui sait ce que vont réussir à faire les Cataractes en début de saison. Rappelez-vous, il n'y a pas de super puissance sur papier pour 2017-18.

Les Cataractes ont des trous à boucher, surtout en attaque, mais ils vont compter sur le retour de deux des cinq joueurs élus sur l'équipe d'étoiles du circuit la saison dernière.

Avec un bon repêchage européen, tout pourrait tomber en place pour une quatrième saison d'affilée dans le top 5 de la ligue. Surtout si Brandon Gignac revient à titre de vétéran de 20 ans. Cameron Askew, lui, a déjà avisé les Cataractes de l'attendre à la mi-août. Les autres candidats pour les postes de 20 ans sont Mathieu Olivier et Samuel Blier.

Et puis si le gâteau ne lève pas, il sera toujours temps aux Fêtes de sacrifier Girard...




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer