Les Québécois aux trousses du kid

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Les pilotes de la série NASCAR Pinty's, se frotteront de nouveau au jeune Cayden Lapcevich (76) en 2017.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Année après année, le peloton de la série NASCAR Pinty's gagne en qualité. En 2016, on y retrouvait des anciens de la série IndyCar, des vainqueurs d'épreuves d'endurance de calibre mondial et des pilotes ayant pris part à des épreuves de la Coupe Sprint et Xfinity de NASCAR. Pourtant, c'est un jeune homme de 16 ans, Cayden Lapcevich, qui a fait la barbe à tout le monde pour remporter le titre de la série.

Dès ce week-end, au Canadian Tire Motorsport Park (CTMP), les vétérans tenteront de prendre leur revanche sur l'adolescent, qui avait épaté la galerie l'an dernier alors qu'il ne s'attendait même pas à disputer une saison complète, faute de commanditaire. Il avait finalement été de toutes les épreuves.

«Nous avons été en mesure d'être régulier et je pense que c'est ce qui a été la clé, d'amasser des points tous les week-ends. Je ne sens pas de pression supplémentaire parce que j'ai le titre de champion et je sais ce que j'ai à faire», affirme Lapcevich, qui a été nommé la semaine dernière au sein du programme NASCAR Next, réservé aux pilotes les plus prometteurs en Amérique du Nord.

L'analyse de la dernière saison que fait Lapcevich, le directeur général du Grand Prix de Trois-Rivières, Dominic Fugère la partage entièrement. Il s'attend à une course endiablée en 2017.

«Ce sera un championnat très chaudement disputé. L'an dernier, tout a bien été pour Lapcevich, qui a fait preuve de régularité. Ce n'est pas un championnat que tu gagnes, c'en est un que tu perds. Il ne faut pas que tu aies de malchance. On a un paquet de pilotes qui ont l'équipe, l'équipement et l'expertise pour se battre.»

Ce peloton de prétendants aura assurément une couleur bien québécoise, puisqu'à part D.J. Kennington, la menace viendra de la Belle Province. S'il y en a un qui a perdu le titre l'an dernier, c'est Andrew Ranger. Sa fin de saison malchanceuse l'a relégué au deuxième rang. «J'ai manqué le championnat dans l'avant-dernière course parce que j'ai sauté le moteur. C'est ce qui m'a coûté le championnat. Je suis très confiant pour cette année», lance Ranger, qui sera le premier pilote à étrenner le nouveau moteur de chez Chrysler

Si Ranger a été malchanceux en fin de saison, c'est plus tôt dans l'année que Louis-Philippe Dumoulin a connu des difficultés. Il a dû attendre à la cinquième épreuve de la saison avant de finalement s'insérer dans le top-10. Le champion de 2014 s'en promet pour 2017.

«À la lumière des essais que nous avons fait au CTMP, je pense que c'est de bon augure et très positif. L'an dernier, on débutait notre aventure avec notre propre écurie et il y avait tant de préparatifs à faire. Cette année, j'ai un bon feeling. Je ne veux pas être trop confiant, mais je me sens beaucoup mieux dans mon siège que l'an passé.»

Dumoulin profitera d'une aide encore plus importante de la part de son coéquipier, son frère Jean-François. L'aîné de la famille n'a pris part qu'à six des 12 épreuves l'an dernier, mais a révélé vendredi qu'il sera de toutes les courses du championnat cette saison, une première pour lui. Le développement de l'écurie ne pourra qu'être plus efficace et les deux pilotes pourraient menacer tout le peloton.

«C'est sûr qu'avec toute l'information qu'on va ramasser, ça ne peut qu'aider aux deux», ajoute le cadet de la famille.

Un autre pilote qui n'avait pas l'habitude de disputer tout le championnat est Alex Tagliani, qui ajoutait quelques épreuves aux quatre coins de la planète durant la période estivale. Ce sera différent en 2017, puisque le coureur de Lachenaie a fait de la série Pinty's sa priorité. D'ailleurs, n'eût été son absence lors d'une course en 2016, il aurait possiblement remporté le championnat des coureurs devant Lapcevich.

«On vise le championnat, mais on ne doit pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Les autres aussi veulent gagner, les Ranger, Dumoulin, les Lacroix. Tout le monde qui va aux courses veut gagner, personne ne sera là pour parader. Je m'attends à ce que ce soit une saison très serrée», souligne Tagliani.

La liste des pilotes en mesure d'aspirer au titre ne s'arrête pas là. Double champion du Grand Prix de Trois-Rivières, Kevin Lacroix n'a pas à rougir de ses performances sur circuit routier, où il a amassé quatre victoires en 10 départs. S'il est en mesure de rouler à l'avant lorsqu'il faut uniquement tourner à gauche, sa quatrième place au classement 2016 pourrait s'améliorer.

Le dernier en lice parmi les Québécois qui pourraient s'illustrer est Alex Labbé. Le Victoriavillois poursuit son apprentissage après avoir pris le septième rang au classement 2016 de la série Pinty's. À l'inverse de Lacroix, c'est sur les ovales qu'il est à son meilleur et il s'est d'ailleurs assuré d'être fin prêt pour la saison en participant à quelques courses aux États-Unis, dont l'épreuve de la série Xfinity au Texas.

«C'est sûr que c'est une grosse année pour moi et je dois gagner le championnat et livrer la marchandise. On avait eu un bon début de saison, mais ç'a cafouillé par la suite. Nous avons effectué des changements qui devraient nous permettre de régler ces pépins.»

Le calendrier de la série NASCAR Pinty's comptera 13 épreuves cette saison - une de plus qu'en 2016 -, dont deux seront disputées lors de la même journée, le 26 juillet au Wyant Group Raceway de Saskatoon. Le CTMP sera lui aussi l'hôte de deux courses en début et fin de saison. Quatre épreuves en sol québécois sont aussi au menu, soit à l'Autodrome Chaudière le 17 juin, au Circuit ICAR sous les réflecteurs en soirée, le 8 juillet, au Grand Prix de Trois-Rivières, le 13 août, et à Saint-Eustache, le 9 septembre. Finalement, la deuxième épreuve de la saison, qui avait lieu au Sunset Speedway d'Innisfil en Ontario se déroulera plutôt au Delaware Speedway de London.

Calendrier

21 mai Canadian Tire Motorsport Park, On

3 juin Delaware Speedway, On

17 juin Autodrome Chaudiere, Qc

8 juillet Circuit ICAR

15 juillet Parc des expositions de Toronto, On

26 juillet Wyant Group Raceway, Sk

26 juillet Wyant Group Raceway, Sk

29 juillet Edmonton International Raceway, Al

13 août Circuit de Trois-Rivieres, Qc

19 août Riverside International Speedway, NE

3 septembre Canadian Tire Motorsport Park, On

9 septembre Autodrome St-Eustache, Qc

16 septembre Kawartha Speedway, On

Selon Alex Tagliani, la présence d'événements de renom,... (Olivier Croteau) - image 3.0

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Selon Alex Tagliani, la présence d'événements de renom, tel le Grand Prix de Trois-Rivières et les deux épreuves au Canadian Tire Motorsport Park, accentue la crédibilité du championnat NASCAR Pinty's pour les annonceurs.

Olivier Croteau

La crédibilité au rendez-vous

Lorsque NASCAR a fait l'acquisition de la série CASCAR en 2006, il fallait s'attendre à ce que le championnat canadien connaisse d'importants changements. Dix ans après la première saison de la série NASCAR Canada, le plateau n'a jamais semblé aussi relevé.

Bien sûr, la qualité des pilotes a été en croissance au fil de ces années, mais c'est aussi le professionnalisme des équipes qui font partie du championnat qui a pris du poil de la bête. La preuve la plus tangible est possiblement l'arrivée cette saison du quincaillier Lowes dans la série sur le capot d'Alex Tagliani. En course automobile, qui dit Lowes dit Jimmie Johnson, sept fois champion de la série NASCAR Monster Energy. On peut donc parler d'une énorme prise.

«D'être en mesure d'amener Lowes dans une catégorie canadienne et de les voir s'impliquer dans les magasins, en plus des 13 courses, c'est énorme. Je ne verrai pas mon été passer!», rigole Tagliani, qui dit recevoir des dizaines de courriels par jour de demandes du public ou d'entreprises pour des visites promotionnelles.

«Le programme de NASCAR Canada a pris un sérieux auquel je ne m'attendais pas, ajoute-t-il. Je pense que le championnat gagne en crédibilité pour plusieurs raisons. Il y a la compétitivité des pilotes, mais aussi le sérieux des équipes qui démontrent beaucoup de professionnalisme. C'est de plus en plus attrayant.»

Andrew Ranger abonde dans le même sens, lui qui a roulé dans presque toutes les séries de stock-car en Amérique du Nord.

«Outre les trois grosses séries américaines, de toutes les autres, que ce soit en K&N West ou East, en ARCA ou en Late Model, je trouve que la série NASCAR Canada est supérieure, surtout avec les budgets que nous avons. En K&N, les budgets sont de 1 M$ par année et s'il y a 5000 personnes dans les estrades, ils se tapent dans les mains. Ce n'est rien comparé à ce qu'on attire au GP3R, au CTMP et à Toronto.»

Le prochain défi sera pour toutes les équipes de se mettre au diapason. Alors que Tagliani réfléchit à ajouter une deuxième voiture sur la grille de départ, d'autres doivent encore se débrouiller avec les moyens du bord pour envoyer une voiture en piste pour quelques épreuves du calendrier, comme c'est le cas de Marc-Antoine Camirand, qui s'est dégoté un commanditaire à la dernière seconde. Même le champion en titre, Cayden Lapcevich, aura besoin d'éviter la casse pour disputer toute la saison, faute de commanditaire. C'est ce qu'il a confié au Nouvelliste vendredi. Un appui d'une multinationale, en comparaison avec celle de l'entreprise familiale ou du commerce du coin, ça ne change pas le monde, sauf que...

En 2016, seulement huit pilotes ont pris part à toutes les épreuves, et le nombre de coureurs présents pouvait grandement varier, ce qui n'aide pas à faire connaître la série au grand public et obtenir une visibilité dans tous les médias. D'ailleurs, les épreuves sont presque toutes diffusées en différé sur TSN et RDS, parfois avec quelques semaines de retard. Difficile dans ce cas de mettre en oeuvre un programme de partenariat à long terme et d'effectuer des activités qui permettent de faire connaître la série au grand public. Si cette tendance devait s'inverser, le calendrier de la série pourrait ajouter d'autres manches et accélérer sa croissance. «Il y a plusieurs pistes qui veulent s'ajouter. Ce n'est pas que la série qui ne veut pas, les promoteurs non plus, mais les équipes doivent suivre. Ça prend un peu de temps à arriver à ce point, mais on est dans cette direction», estime Tagliani.

Une école pour 

les Américains

La série NASCAR Pinty's se fait lentement mais sûrement une réputation aux États-Unis grâce à son calendrier parsemé de cinq courses sur circuit routier. C'est plus que pour tout autre championnat NASCAR en Amérique du Nord.

Après Jeffrey Earnhardt l'an dernier, ce sera au tour du prometteur Christopher Bell, de se retrouver dans un baquet de voitures canadiennes. À 22 ans, Bell a terminé au troisième rang du classement de la série de camionnettes NASCAR Camping World l'an dernier. Or, comme les camionnettes font un arrêt en septembre en Ontario, au Canadian Tire Motorsport Park, il s'est inscrit à l'épreuve de ce week-end.

«Le NASCAR Pinty's, c'est une place pour apprendre à faire du circuit routier. Austin et Ty Dillon l'avaient fait. Ils viennent au CTMP pour apprendre à courir parce qu'ils vont revenir en camionnettes. Les pilotes canadiens sont les meilleurs et lorsqu'ils vont en Xfinity, ils sont en avant. C'est un investissement pour une équipe de prendre 25 000 $ pour mettre un pilote dans une voiture. Il n'a qu'à suivre la ligne de course des meilleurs et de s'en rappeler quand il va être dans la camionette!», lance le directeur général du GP3R, Dominic Fugère.

Alex Labbé, qui a effectué quelques courses en Xfinity, abonde dans le même sens.

«Le NASCAR, c'est différent, c'est un monde américain. Mais je pense qu'ils sont de plus en plus en mesure de voir que notre série est compétitive avec les gars qui sont venus s'essayer. Ils n'ont pas gagné!»




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