Zewski: «On repart la machine»

Bernard Barré, Mikaël Zewski, Jean Zewski et Yvon... (Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Bernard Barré, Mikaël Zewski, Jean Zewski et Yvon Michel ont hâte au 3 juin, alors que le pugiliste de Trois-Rivières affrontera l'Argentin Christian Ariel Lopez (22-4-1) au Centre Bell.

Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Ils n'ont peut-être pas encore réuni toutes les conditions gagnantes pour en arriver à une entente à long terme avec Mikaël Zewski, mais les dirigeants du Groupe GYM ont posé un geste significatif en se déplaçant à Trois-Rivières, mardi après-midi, pour mousser son retour sur le ring le 3 juin au Centre Bell, en sous-carte du choc Adonis Stevenson-Andrej Fonfara.

Un tel privilège est rarement accordé à un boxeur qui meuble l'un des combats préliminaires d'une soirée. Sauf que dans le cas de Zewski, c'est différent. D'une part, l'ex-protégé de Top Rank dispose d'un palmarès de 27 victoires en 28 sorties chez les pros, avec un total de 21 k.-o., ce qui le rend intéressant pour un promoteur. 

Mais il y a aussi le fait que les deux clans négocient depuis des mois pour accoucher d'une association de plusieurs combats pouvant ramener Zewski parmi l'élite mondiale chez les 147 livres. Il ne reste que quelques ficelles à attacher, et le combat du 3 juin devrait cimenter le tout.

«Ce fut plus long que prévu, Mikaël est géré par un Américain, Cameron Dunkin. C'est un bon gars, les discussions sont cordiales mais aux États-Unis, ils travaillent d'une façon différente. Ils privilégient le volume. Ici, nous aimons davantage tracer un plan et choisir soigneusement les adversaires pour permettre à nos boxeurs de progresser.

On a eu besoin de temps pour accorder les deux visions, pour s'assurer que tout le monde y trouve son compte. Nous sommes très près de tout finaliser et c'est pourquoi nous faisons de la place à Mikaël sur notre carte du 3 juin», explique Yvon Michel.

Ce dernier a rappelé son attachement pour la Mauricie. C'est ici, à Trois-Rivières, que Bernard Barré et lui sont tombés en amour avec la boxe, au contact de Jim Girard. 

Devenus promoteurs, les deux grands amis ont par la suite aidé Patrice L'Heureux et David Cadieux à devenir tour à tour champions canadiens, eux qui ont rempli l'aréna Jacques-Plante et le Colisée de Trois-Rivières avec deux duels qui ont été gagnés par Cadieux. 

Michel ne le cache pas, il espère aussi faire boxer Zewski dans son patelin. 

«On veut que la Mauricie se range derrière Mikaël. Il est spectaculaire, talentueux, charismatique, il a bien des atouts pour plaire. Il y a de l'intérêt du côté de Shawinigan pour le faire boxer au Centre Gervais Auto, ce serait aussi vraiment intéressant d'aller à l'Amphithéâtre Cogeco. Ce sont des scénarios que nous allons étudier dans les prochains mois.»

Voilà qui sonne comme de la musique aux oreilles de l'athlète de 28 ans, qui ne demande pas mieux que d'assumer un rôle de leader dans son industrie après avoir fait ses classes au pays de l'Oncle Sam. 

«On repart la machine le 3 juin. Je veux toujours être champion du monde. En fait, je veux être plus que champion du monde, je veux laisser ma trace dans ce sport. J'ai été arrêté pendant un an et demi, ce fut frustrant par moment mais je ne me suis jamais découragé, je suis resté à l'entraînement. Tout ce travail-là, il faut que ça sorte et ça va se passer le 3 juin.»

Le Groupe GYM ne lui met pas un chauffeur de taxi dans les pattes. L'Argentin Christian Ariel Lopez (22-4-1, 13 k.-o.) n'a peut-être pas les habiletés de Zewski, mais il n'est pas trop du genre à éviter les guerres. La confrontation a été prévue pour huit rondes, à 150 livres. 

«On s'attend à un combat physique, où Mikaël va pouvoir montrer ses grandes qualités de boxeur», a souligné Bernard Barré. «Il me semble un gars solide, qui ne se couchera pas à la moindre occasion. Il va falloir que je travaille pour bien paraître», estime Zewski.

Ce dernier est toujours entraîné par son papa Jean, qui a promis que son poulain allait rayonner. «Il est dans une forme physique et mentale extraordinaire. De plus, on a droit à du sparring de qualité avec Custio Clayton. Vous allez avoir un bon spectacle!»

Comme Yvon Michel, Zewski voit plus loin que le 3 juin. Il veut rapidement reconquérir un titre mineur, lui qui a été dépouillé du sien lors de sa seule défaite en carrière face à Konstantin Ponomarev (31-0), afin de se placer dans le top 15 mondial, un cercle fermé où le téléphone peut sonner à tout moment pour un combat de championnat du monde. 

«Mais avant tout ça, je vais commencer par le premier round le 3 juin! Je suis très excité de revenir au Centre Bell. Je me suis battu partout dans le monde, notamment dans des amphithéâtres prestigieux de Las Vegas et au Madison Square Garden de New York. Or, aucune ambiance ne se compare à ce qu'on peut vivre au Québec, que ce soit au Centre Bell ou au Centre Vidéotron.»

Adonis Stevenson s'apprête à défendre sa couronne du WBC... (Photo Olivier PontBriand, La Presse) - image 2.0

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Adonis Stevenson s'apprête à défendre sa couronne du WBC pour la huitième fois le 3 juin.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

Triste pour Stevenson

Mikaël Zewski fera partie d'un gala dont la tête d'affiche sera Adonis Stevenson, champion du monde des mi-lourds. Artiste du k.-o., Stevenson a eu bien mauvaise presse dans les derniers mois, puisqu'il est peu actif et qu'il ne se mesure pas aux autres canons de sa division. 

Remarquez, il n'est pas le seul champion à être ainsi «protégé» par son entourage. Lucian Bute avait lui aussi eu droit à plusieurs valets, avant de se mesurer à Carl Froch, qui l'a démoli. Or InterBox a souvent été félicité pour sa façon de gérer Bute, à qui il a fait faire une petite fortune. Stevenson n'a pas droit au même bénéfice du doute. 

«Ce n'est pas vrai que Stevenson évite des gars. Il a changé de diffuseur à l'invitation de Bernard Hopkins pour unifier les titres mais c'est tombé à l'eau parce que Hopkins s'est chicané avec son réseau. Puis avec Kovalev, nous avions une entente pour aller en appel d'offres mais le clan Kovalev s'est retiré à deux jours d'avis.

Quant à Jean Pascal, il avait la chance de se battre avec Stevenson, il a préféré affronter Kovalev. Stevenson est prêt pour n'importe qui mais malheureusement, ce n'est pas la perception en ce moment. C'est très tendance actuellement de le critiquer», bougonnait Yvon Michel, qui a sa petite idée pourquoi, malgré des routes similaires, Stevenson n'a pas droit au même traitement que Bute. 

«Son passé revient toujours sur la table. Et ça c'est triste parce que depuis sa sortie de prison, il est irréprochable. C'est un gars qui s'est retrouvé dans la rue à 11 ans mais il n'y a aucune excuse pour les gestes qu'il a commis. Ceci dit, il s'est promis en prison de tirer un trait là-dessus et depuis 20 ans, c'est un modèle pour la société et un père de famille très présent. C'est comme si, au Québec, les gens n'avaient pas le droit à une deuxième chance.»

Stevenson en sera à une huitième défense de son titre face à Andrzej Fonfara, un exploit peu banal. 

«Nous sommes chanceux au Québec, nous avons formé plusieurs champions du monde en l'espace de quelques années. Mais il ne faut jamais oublier à quel point c'est dur de se rendre jusque-là. C'est encore plus dur, évidemment, de rester au haut de la pyramide. À mes yeux, Stevenson est le plus beau boxeur qu'on ait eu dans l'histoire au Québec. Il est puissant, spectaculaire. J'ai bien peur, par contre, qu'il ne soit reconnu à sa juste valeur qu'une fois qu'il aura accroché ses gants.»




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