Courir un marathon pour combattre le cancer

L'enseignant d'éducation physique à l'école secondaire La Découverte,... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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L'enseignant d'éducation physique à l'école secondaire La Découverte, Yannick Hubert, a décidé de courir 42,2 km sur un tapis roulant, jeudi, afin d'insuffler un peu d'espoir aux gens atteints de cancer, dont certains de ses proches. Avec l'aide de ses élèves, il a amassé plus de 5700 $ pour la Fondation Terry-Fox.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Saint-Léonard-d'Aston) Courir pour combattre le cancer. Ce concept est cher aux élèves et enseignants de l'école secondaire La Découverte de Saint-Léonard-d'Aston qui, depuis 2010, amassent des fonds pour la Fondation Terry-Fox. La maladie s'est assurée en 2017 de leur rappeler l'importance de leur geste en frappant de plein fouet l'école centricoise.

Jeudi, les élèves étaient réunis dans la place d'accueil de l'école afin d'encourager leur professeur d'éducation physique Yannick Hubert, qui avait lancé un défi aux jeunes l'automne dernier. S'ils étaient en mesure d'amasser 4220 $ pour la Fondation Terry-Fox, il allait courir un marathon de 42,2 km sur un tapis roulant lors d'une journée de classe. 

L'idée de faire souffrir leur professeur semble en avoir motivé plusieurs, puisque la cagnotte a finalement atteint la somme de 5710,95 $.

«L'an passé, on s'était fixé un objectif mais on ne l'avait pas atteint. On était déçus dans le département d'éducation physique. L'année précédente, on l'avait atteint quand André Alie (aussi enseignant) avait pédalé pendant huit heures. C'est lui qui m'a proposé de courir le marathon», explique celui qui est aussi un triathlète.

C'est donc à l'automne, dans le cadre du Polycourons, la course annuelle de l'école depuis près de quatre décennies, que devait se dérouler ce marathon. Hubert a toutefois subi une blessure au pied qui l'a forcé à repousser ce défi au mois de mai. 

C'est alors que le cancer l'attendait dans le détour pour lui servir un croc-en-jambe comme il en est capable.

«Il y a trois semaines, on a annoncé à ma mère qu'elle avait le cancer. Quand ça touche la famille, ça change beaucoup les perspectives. Et en décembre 2015, c'est à mon père qu'on avait annoncé la même chose.» 

C'est donc avec le coeur lourd que le professeur d'éducation physique s'est attaqué à son défi. Mais il n'était pas seul à courir ce marathon. Durant la période de pause du midi, des dizaines d'élèves sont allés le voir à l'oeuvre sur le tapis roulant. 

La scène s'est répétée à la sortie des classes, alors qu'il restait quelques kilomètres à parcourir avant de compléter la distance. Certains jeunes se sont même joints à lui, puisque deux autres tapis roulants avaient été aménagés ainsi qu'une dizaine de vélos stationnaires, tous occupés.

C'est le cas de William Duchesneau, qui a finalement parcouru plus d'une vingtaine de kilomètres avec son professeur.

«Tout le monde a embarqué parce qu'on trouvait que c'était une bonne idée. On donnait déjà de l'argent pour Terry-Fox, mais notre professeur nous a motivés à en donner encore plus. On l'a encouragé dans tout ça», indique le garçon.

Il faut dire qu'à l'école La Découverte, la maladie fait partie du quotidien de plusieurs membres du personnel. L'enfant d'un enseignant a récemment été atteinte d'un cancer pour lequel elle est en rémission. La fillette du directeur adjoint de l'établissement, Marc-André Godbout, se bat elle aussi contre le cancer. 

C'est pourquoi Yannick Hubert a porté quatre chandails différents pour chaque tranche de 10 km de son défi, afin de rendre hommage à ceux qui livrent ou qui ont livré le combat contre le cancer. Il n'a pas hésité à expliquer la situation à ses élèves.

«Je n'ai pas eu peur de l'annoncer à mes jeunes quand j'ai su pour ma mère. Je ne me sentais pas bien en classe et je leur ai dit que ma mère était à l'hôpital. On tente d'être à notre meilleur comme enseignant, mais quand il y a des choses à la maison, ce n'est pas toujours possible.»

Marc-André Godbout était bien heureux de voir la réaction des élèves de son école, non seulement pour l'argent qu'ils ont amassé, mais aussi pour l'intérêt qu'ils ont démontré envers le Polycourons et leur attachement à leur lieu d'apprentissage.

«Le sentiment d'appartenance est très élevé et ça passe par des événements comme ça. Les membres du personnel sont proches des élèves et quand les projets sont vivants et animés, on n'a pas besoin de les tirer pour qu'ils participent. La mobilisation vient d'elle-même.»

Yannick Hubert espère que la réussite de son marathon jeudi continuera d'inspirer d'autres élèves. D'ailleurs, il entraîne actuellement une quinzaine de jeunes qui participeront au Demi-marathon d'Ottawa le 28 mai. Il n'hésite pas à leur rappeler la leçon qui lui a permis de regarder devant malgré les embûches.

«J'ai l'impression qu'on a touché une petite corde sensible chez les élèves. On vit notre vie dans le bonheur, mais parfois, le cancer nous ramène à la réalité. Ça nous saisit. Quand j'ai appris pour mon père, je m'entraînais pour le triathlon Ironman. Quand je trouvais ça difficile, je pensais à lui et aux difficultés qu'il traversait. Tu te dis que courir un 10 km de plus, il n'y a rien là!»




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