Le karting fait le bonheur!

À le voir aller en piste, Raphaël, 15... (Olivier Croteau)

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À le voir aller en piste, Raphaël, 15 ans de Bécancour, maîtrise bien les courbes et suit la ligne de piste des meneurs devant lui. Derrière son volant, tout semble naturel pour ce jeune autiste.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Il peut nommer tous les pilotes du championnat de Formule 1. Ceux de rallycross aussi. Une trentaine de modèles réduits des plus beaux bolides de la F1 font la fierté de sa collection personnelle. Sur la piste de karting, Raphaël, un jeune autiste de 15 ans, ne s'en laisse pas imposer non plus. Il roule devant et flirte avec les meilleurs.

«Je l'amène au Grand Prix de Montréal depuis trois ans. Il ne manque pas une course», raconte son père Gino, lui-même un grand amateur. Le père et le fils préfèrent que leur nom de famille ne soit pas dévoilé. 

«J'ai suivi Jacques Villeneuve comme tout le monde. Ça fait 16 années consécutives que j'assiste au Grand Prix et l'année où ç'a été annulé (en 2009), je suis allé à celui de Belgique. Sa passion pour le karting part peut-être de là!»

Comme des dizaines d'autres coureurs, Raphaël participait, en fin de semaine chez Karting Trois-Rivières, à la deuxième édition du KarFest, un événement visant à lancer la nouvelle saison de l'Association des pilotes de karting loisir du Québec. 

À le voir aller en piste, l'adolescent originaire de Bécancour maîtrise bien les courbes et suit la ligne de piste des meneurs devant lui.

Derrière son volant, tout semble naturel. Il en est à sa deuxième année au sein du championnat de l'APKLQ. «Il a du plaisir et c'est ce qui compte. Plus jeune, ça n'a pas été facile de lui trouver un sport. Au soccer ou au baseball, il avait de la difficulté à interagir avec les autres. C'est là qu'on a découvert sa condition.»

L'initiation au karting a eu lieu sur la piste de Saint-Célestin, où Raphaël a eu la piqûre. «Je lui ai dit que s'il voulait rouler toutes les fins de semaine durant l'été, je ne voyais pas de problème. S'il avait une passion, il fallait la vivre.»

Quelques années plus tard, voici la famille en possession d'un kart Intrepid, d'une remorque ainsi que de tous les outils nécessaires pour l'entretien et le bon déroulement des courses! À Noël, Raphaël a reçu un habit de course ainsi que de nouvelles bottes. Il soutire beaucoup de fierté à s'accoutrer comme ses idoles. 

«Je te jure qu'il les connaît tous, sourit Gino. L'année dernière au centre-ville de Trois-Rivières, pendant la séance d'autographes des pilotes de rallycross, il pouvait identifier toutes les vedettes de la série. On suit ça à la télévision, c'est rare qu'on manque une épreuve.»

Évidemment, Raphaël n'est pas le plus facile à approcher. Mais si vous lui posez une question sur sa course, il se fera un plaisir de répondre dans ses mots. «Il ne parle pas beaucoup et il a très peu d'expression sur son visage, mais sur un circuit, il est parmi les conducteurs les plus sécuritaires. Certains sont dangereux sur la piste, mais pas lui, il a du respect pour les autres», souligne Pascal Paquin, qui côtoie le jeune homme durant l'été.

C'est d'ailleurs lui qui a incité Gino à inscrire son fils aux compétitions de l'APKLQ. «Je ne regrette pas de l'avoir convaincu. Raphaël a sa place avec nous.»

Une partie des profits du KarFest de Trois-Rivières sera remise à Autisme Mauricie.

Stroll comme fer de lance?

Comme tous les meilleurs pilotes au monde, Lance Stroll a découvert sa passion pour la course automobile à un très jeune âge. Et comme une grande majorité, l'histoire d'amour a commencé à bord d'un kart. 

Bien au fait de l'histoire du pilote québécois qui a gravi les échelons jusqu'à la Formule 1, Mario Dufour, de l'Association des pilotes de karting loisir du Québec, espère tirer profit de cette promotion pour mousser la popularité du karting.

«Je pense que si Lance parle de son cheminement, de sa petite histoire à lui, ça peut avoir des effets positifs chez les jeunes», soutient Dufour, membre du conseil d'administration de l'APKLQ. «Les gens qui s'intéressent à la carrière de Lance savent où il a commencé, mais pas nécessairement le grand public.»

C'est pourquoi Dufour a écrit aux gens des relations publiques de l'écurie Williams il y a quelques semaines afin de tâter leur intérêt à participer à une vidéo dans laquelle Lance Stroll, 18 ans, raconterait ses premiers pas dans l'univers du karting. «Je suis certain que Lance aurait l'humilité de reconnaître dans quel monde il a évolué en tant que pilote. En ce moment au Québec, on rattrape le temps perdu par la disparition du championnat de karting il y a quatre ans et un gars de la F1 nous donnerait assurément un bon coup de pouce pour continuer à redresser la situation.»

L'APKLQ, qui célèbre ses deux ans, note déjà une hausse significative de son nombre de membres. De plus, en fin de semaine, environ 150 personnes ont répondu à l'appel pour le KarFest 2017. «En moyenne, il y avait 45 inscrits par course il y a un an. Nous allons atteindre les 100 à 120 participants par manche pour cet été.»

Le calendrier de l'APKLQ inclut notamment des courses chez Karting Trois-Rivières de même que chez SC Performance, à Saint-Célestin.




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