Les Rebelles sous la loupe de l'Impact

Anthony Wega ainsi que les jumeaux Chito et... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

Anthony Wega ainsi que les jumeaux Chito et Chikuru Mutudu font partie de l'équipe menée par Alexandre Giroux. Celle-ci tentera de se qualifier pour le prestigieux tournoi de l'Impact de Montréal

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La formation U14 du club de soccer des Rebelles de l'Est pourrait bientôt se frotter à de la compétition de calibre international. L'équipe sera sous la loupe de l'Impact de Montréal le week-end prochain alors qu'elle participera au tournoi de qualification de l'International U14. La confiance est de mise dans le camp trifluvien.

Un total de 16 formations québécoises prendra part à ce tournoi qui se déroulera ce week-end au Centre Nutrilait, domicile d'entraînement de l'Impact, qui chapeaute l'événement. Le gagnant de ce tournoi obtiendra son laissez-passer pour l'International U14 qui aura lieu en juillet.

La liste des équipes qui participeront à cette compétition est impressionnante, alors qu'on retrouvera les académies de six clubs de la Major League Soccer, dont l'Impact, en plus de celle du Bologne FC (Italie).

Selon l'entraîneur Alexandre Giroux, les Rebelles sont en quelque sorte les invités surprises, dû à la taille du club en comparaison aux grosses pointures montréalaises, qui comptent trois à quatre fois plus de membres que l'organisation trifluvienne. Mais le pilote est loin de sous-estimer sa bande. À vrai dire, il vise la victoire, rien de moins.

«Nous serons l'un des seuls représentants situé hors de Montréal. Je sais qu'ils ont reçu une tonne d'inscriptions. Je ne veux pas me faire de faux espoirs, mais je pense qu'on peut avoir accès à la finale. À tout le moins, un top-4 est possible quand je regarde les tournois que nous avons gagnés dans les dernières années. Nous avons aussi battu l'Académie de l'Impact l'an passé», note celui qui dirige ce groupe de joueurs depuis maintenant six ans.

Du renfort venu d'Afrique

Oui, le club basé à l'est de la rivière Saint-Maurice compte plusieurs surdoués. Mais encore faut-il être en mesure d'assembler cette équipe au portrait multiethnique. Grâce à un recrutement effectué dans les écoles primaires et secondaires dans les dernières années, les Rebelles ont été en mesure d'ajouter dans leurs rangs des adolescents qui n'auraient probablement pas été en mesure de fouler le terrain, faute de moyens.

Et quand ce n'est pas l'argent qui cloche, ce sont les difficultés d'intégration qui font que certains enfants restent chez eux plutôt que de rejoindre un club de soccer. Pourtant, ce n'est pas le talent qui manque, comme le démontrent les quatre joueurs d'origine africaine de l'équipe, dont les habiletés sont indéniables.

Les Camerounais Anthony Wega et Franck Loïc Zoumesi risquent d'en faire voir de toutes les couleurs à leurs adversaires cet été, tout comme les jumeaux Tanzaniens Chikuru et Chito Mutudu. Comme pour plusieurs immigrants, le ballon rond est devenu le meilleur moyen d'intégration.

«J'aime beaucoup ça et ça m'a permis de me faire des amis», raconte timidement Chikuru.

C'est ainsi que ces nouveaux arrivants ont en quelque sorte été adoptés par les Rebelles, particulièrement les parents dont plusieurs ont mis l'épaule à la roue.

«Ça demande la collaboration de beaucoup de parents. Le plus gros défi, c'est le temps qu'il faut concéder. Tout le monde donne un petit coup de main, que ce soit avec la nourriture, l'aspect financier et même émotif, parce qu'on les aime d'amour et qu'ils sont devenus une extension de la famille», raconte Giroux, qui se transforme aussi en chauffeur de taxi, sans quoi certains de ses joueurs ne seraient pas en mesure de se déplacer en province pour participer aux matchs.

Samedi, par une journée froide et pluvieuse, c'est avec une boîte de gants que le pilote s'est présenté au terrain, afin de permettre à ses protégés d'avoir les mains chaudes pendant un match face à Beauport. Les petites attentions du genre sont fréquentes afin de permettre aux joueurs étrangers de pratiquer le soccer dans le froid québécois.

Alexandre Giroux, qui en est à sa 12e année derrière le banc, est même allé plus loin en payant l'inscription de trois de ses joueurs.

«J'ai été choyé dans la vie et je tente d'avoir une bonne conscience sociale. Parfois, tu vois un joueur et tu décides d'en faire ton projet personnel, peu importe ce que ça va coûter. Tu sais que tu risques de le perdre un jour (à un plus gros club), mais c'est correct», avoue celui qui occupe un poste de chargé de projet dans une entreprise en mécanique du bâtiment.

Une vitrine unique

Le tournoi de cette fin de semaine pourrait aussi avoir des répercussions majeures sur la suite de la carrière de certains joueurs des Rebelles, qui profiteront ainsi d'une excellente fenêtre pour se faire voir devant les décideurs de l'Impact, qui pourraient leur tendre une invitation afin de joindre l'Académie.

«Pour l'Impact, c'est gagnant. Il va voir du soccer de qualité, un bassin de joueurs de qualité dans lequel il va pouvoir piger sans même se déplacer ou dépenser quoi que ce soit», mentionne l'entraîneur, qui ajoute que les succès de sa troupe ne pourront qu'être bénéfiques pour le soccer mauricien et envoyer le message qu'il y a d'excellents joueurs en région.

«Non seulement ça donne une bonne visibilité pour notre club, mais aussi pour l'Association régionale de soccer et le Club de soccer de Trois-Rivières.»

C'est donc avec ce joyeux mélange formé de 17 joueurs de toutes les origines que les Rebelles s'attaqueront au tournoi qualificatif de l'International U14. En plus de ses athlètes africains, les Trifluviens peuvent se permettre d'aspirer aux grands honneurs grâce à leur filière sud-américaine, puisque deux athlètes ont des racines colombiennes et péruviennes.

Et autour de ces six joueurs se greffent les 11 Québécois d'origine qui ont donné à l'équipe une identité offensive et particulièrement physique. Un nombre qui grossira bientôt de 11 à 17, grâce au ballon rond.

«Est-ce que je suis du Pérou? Non, je suis Québécois!», répond du tac au tac le jeune Adam Caceda lorsqu'on lui demande sa nationalité.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer