Éric Furlatt en a fait du chemin

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(Trois-Rivières) Éric Furlatt n'a jamais recherché les honneurs. Mais samedi après-midi au Centre Bell, quelques instants avant le match entre le Canadien et les Jets, les membres de sa famille, ses amis et certains collègues dérouleront le tapis rouge pour celui qui a officié, il y a quelques jours à Columbus, son 1000e match dans la Ligue nationale de hockey.

D'un naturel réservé, l'arbitre de Trois-Rivières n'est pas habitué à ce genre de reconnaissance. Quand il foule la glace des amphithéâtres du circuit Bettman, il a plutôt droit aux huées des amateurs. Un rite qui ne l'a jamais incommodé. Mais samedi, ça risque d'être différent.

«Le match en tant que tel ne me stresse pas, mais tout ce qui l'entoure, j'avoue que oui! Ce sera une journée importante pour ma famille, même si la petite cérémonie ne durera que deux minutes», soulignait-il, jeudi lors d'un entretien téléphonique avec Le Nouvelliste.

Tous les arbitres de la LNH ont droit à ce beau clin d'oeil lorsqu'ils atteignent le plateau des 1000 parties. La ligue leur offre d'ailleurs la possibilité de choisir le lieu où la cérémonie se déroule en plus du trio qui les accompagne pour ce match.

Le numéro 27 a évidemment jeté son dévolu sur le Centre Bell, où il sera accompagné de Marc Joannette ainsi que des juges de lignes Jonny Murray et Michel Cormier, un autre produit de Trois-Rivières et, surtout, un ami proche de Furlatt. «Je connais Michel depuis le hockey mineur, ce sera bien spécial de vivre ça avec lui.»

Furlatt aurait apprécié inviter Frédéric L'Écuyer afin de compléter un trio mauricien, mais ce dernier n'était pas disponible. Il a cependant arbitré son 1000e match à ses côtés, le 9 février à Columbus. Là où tout avait commencé pour Furlatt le 8 octobre 2001, lors d'un match Flyers-Blue Jackets. «Je me souviens encore de ma première mise au jeu en carrière. Keith Primeau jouait pour Philadelphie, mais je ne me rappelle plus du joueur de centre délégué par les Blue Jackets...»

Depuis ce baptême de feu, il a vu défiler des milliers de joueurs, côtoyant au passage certains des meilleurs hockeyeurs d'une génération, sinon deux. Bien sûr que certains d'entre eux l'ont impressionné. «Côté talent, un gars comme Pavel Datsyuk était tellement dominant avec la rondelle que tu venais à oublier l'action qui se passait autour de toi!»

Heureusement, cela n'a pas souvent paru, du moins pas dans le cas de Furlatt. La plupart des analystes le classent, année après année, parmi les meilleurs officiels de la LNH. Vrai que son nom a rarement été associé à des controverses.

En excluant un épisode houleux avec Guy Boucher dans les séries éliminatoires du Lightning de Tampa Bay en 2011, c'est assez tranquille à ce chapitre. «Si je rends mes patrons heureux, je suis satisfait! Le reste, ça m'importe peu. À l'époque, Guy m'avait visé indirectement lors d'un point de presse. Son club était en troisième ronde, il tentait de tirer la couverte de son côté. Il jouait le tout pour le tout, je comprends que ça fait partie du hockey.»

De toute façon, l'époque où les entraîneurs intimidaient les hommes rayés, un peu comme Pat Burns se plaisait à le faire, semble révolue. À l'instar de la vitesse d'exécution et de la rapidité des joueurs, les mentalités ont changé depuis 2001. «Les entraîneurs passent plus de temps à analyser les reprises vidéos des écrans installés sur les bancs. Ils crient moins qu'avant, c'est une bonne chose», rigole Furlatt, qui salue au passage les personnalités attachantes de certains joueurs.

«Francis Brouillon était super sympathique. P.K. Subban aussi, c'est le genre de gars qui vient te voir avant chaque match pour te demander comment ça va.»

Parmi ses endroits favoris, New York et San Jose occupent une place spéciale. «Pour l'ambiance qui se dégage dans ces deux villes. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais c'est particulier. Un peu comme à Detroit, où j'ai vécu mes premières séries. Il y a des ces moments que tu ne peux pas oublier.»

À quand une finale?

À 45 ans, Éric Furlatt se sent encore d'attaque pour six ou sept ans. Il aimerait arbitrer dans la ligue jusqu'à au moins 50 ans. S'il a pu vivre les émotions intenses du troisième tour éliminatoire, il n'a toujours pas été sélectionné pour la finale de la Coupe Stanley.

«Pour être franc, j'y ai pensé longtemps à la finale. Si on me choisit, ce sera un privilège, mais ça ne fait plus partie de mes priorités. J'espère seulement rester en santé le plus longtemps possible.»

Tout en regardant la relève pousser, particulièrement au Québec. Le Trifluvien Guillaume Labonté, qui évolue dans la Ligue américaine, semble destiné à suivre les traces de Furlatt, L'Écuyer et Cormier. «Guillaume aura sa chance car il est vraiment bon. Tant qu'il ne prend pas mon poste, je n'ai aucun problème à ce qu'il gradue», lance Furlatt en riant.

Son complice de toujours, Michel Cormier, salue sa longue carrière. «C'est le gars discipliné, toujours à son affaire. L'éthique de travail d'Éric et sa forme physique exemplaire lui ont permis d'avoir ce succès. Pour moi, il se rapproche de la Coupe Stanley.»

Cormier rêve d'ailleurs au jour où il pourrait partager ces moments avec son pote. «Une finale ensemble, ce serait génial! Mais déjà, de me retrouver à ses côtés pour la cérémonie de son 1000e match, je le vois comme un grand honneur.»

Quelques moments marquants

  • Première partie LNH le 8 décembre 2001 à Columbus
  • Première rencontre de séries le 12 avril 2003 à Detroit
  • Le 25 octobre 2003, Furlatt et Michel Cormier arbitrent un premier match ensemble à Montréal
  • Le match des étoiles de 2012 à Ottawa
  • Match extérieur au Yankee Stadium entre les Rangers et les Islanders, le 29 janvier 2014




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