Une chute prive Bellemare d'un podium

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Alex Bellemare s'apprêtait à boucler une superbe deuxième descente avant de tomber sur le dernier rail, dimanche à Stoneham.

Le Soleil

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(Stoneham) Pour la troisième fois de la saison, le skieur acrobatique Alex Beaulieu-Marchand (ABM) est grimpé sur la troisième marche du podium d'une Coupe du monde de slopestyle, dimanche. «Trois, trois, trois et je suis né le 3 mars, ça semble être mon chiffre du destin», constatait-il en souriant au terme de sa journée de travail.

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Pour la troisième fois de la saison, Alex Beaulieu-Marchand a encore une fois terminé au troisième rang, dimanche, à Stoneham.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Son ami Alex Bellemare aurait pu l'accompagner ou l'exclure du podium s'il n'avait pas chuté sur le dernier obstacle, en toute fin de parcours. L'annonceur maison a alors souligné qu'il s'était peut-être endormi...

«Je n'ai pas été lâche comme l'a dit le commentateur, je savais qu'il était manqué dès le début, j'avais mal embarqué sur le rail et je savais que c'était fini... J'aurais aimé avoir été parfait, mais on ne peut pas tout avoir. J'ai le goût de dire que ça aurait été assez bon pour un podium», a fait remarquer le skieur de Saint-Boniface, qui a terminé 10e.

Après s'être arrêté pendant quelques minutes devant les journalistes, ABM avait des activités encore plus plaisantes à savourer : monter sur la tribune d'honneur, asperger la foule de champagne, s'offrir un bon souper en famille et fêter sa médaille de bronze.

«Peu importe l'endroit où je me trouve, je suis toujours content de faire un podium. Ce dont je suis le plus fier, c'est de la façon dont j'ai skié. Que ça survienne à la maison, devant les miens, c'est un bonus, c'est du bonbon, c'est vraiment exceptionnel», a dit l'athlète de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Écarté de la finale de big air, Beaulieu-Marchand était fort heureux de boucler sa fin de semaine avec un podium. Il se réjouissait surtout d'avoir livré une deuxième descente assez payante pour se faufiler dans le trio de tête dominé par le Suisse Andri Ragettli et l'Anglais James Woods.

À l'improviste

Sixième après la première descente, il devait tenter quelque chose de spécial. «J'étais stressé avant ma deuxième descente. J'avais réussi ma première, mais je me suis rendu compte que je devais améliorer mon premier rail. Je ne l'avais pas trop pratiqué, j'y suis allé à l'improviste en essayant un truc et ça a fait la différence», analysait celui qui a obtenu une note de 93,40 points.

«Une troisième position, ça me rend heureux. Ce n'est pas moi qui décide du résultat, je suis content de la manière dont j'ai skié. J'aurais aimé faire la finale de big air, mais je me suis bien repris ici.» 

Beaulieu-Marchand s'est donc imposé dans cette épreuve qui comptait dans le processus des qualifications canadiennes pour les Jeux olympiques de 2018. En 2014, ABM avait été du rendez-vous russe, à Sotchi.

«De l'avoir fait une fois me permet d'y aller dans un meilleur état d'esprit. Si je skie bien, peut-être que je vais y aller, mais je ne me mets pas de pression pour essayer d'y retourner. Ce qui compte, c'est que je suis en forme. Et je vais continuer d'essayer de faire de bonnes performances.»

Toutant revient en force

Sébastien Toutant ne participe pas souvent au Jamboree de Québec, mais lorsqu'il s'y présente, il ne le fait pas à moitié. Comme à son unique présence en 2011, le populaire planchiste québécois a grimpé sur la première marche du podium de l'épreuve de slopestyle, dimanche, devant parents et amis à la Station Touristique Stoneham.

La vedette des X-Games a devancé de justesse son compatriote Mark McMorris avec une deuxième descente parfaite. Il n'avait pas le choix de la réussir, puisqu'il avait raté son premier essai. La pression était élevée, il y a répondu comme le professionnel du snowboard qu'il est!

«Ça m'a déçu de ne pas faire la finale du big air [samedi], j'étais fâché et je voulais bien faire. De revenir en force en gagnant le slopestyle, c'est encore mieux. J'ai montré que peu importe ce qui arrive, je peux négocier avec la pression», a avoué le favori de la foule.

Au pied de la pente, les Toutant étaient ravis. Quelques minutes plus tôt, ils avaient remonté le moral à «Touts», frustré d'avoir raté sa première descente. Il ne leur avait pas dit, mais il gardait le meilleur pour la fin.

«Pour ma deuxième descente, j'ai exécuté ce que je voulais faire dans la première. Si j'avais réussi en partant, j'aurais ajouté quelques rails plus difficiles dans la seconde pour augmenter ma note. Mais je n'ai pas pris le risque de le faire, car je savais que mes rails étaient assez forts pour gagner. J'avais été déçu de ne pas atterrir la première, mais j'essayais de voir le positif pour la deuxième. Toute ma famille est ici, j'étais déçu de ne pas avoir pu faire le big air, mais de gagner devant eux, c'est le meilleur cadeau que je pouvais me faire.»

Toutant et McMorris ont réussi le deuxième doublé or-argent canadien de la fin de semaine. La veille, McMorris avait remporté la finale de big air. Il n'était pas triste à l'idée de céder la plus haute marche du podium à Toutant.

«Finir derrière Touts, ce n'est pas gênant. C'est un bon ami. On a un doublé, difficile de faire mieux. Je suis content, car tout ce qu'on peut demander, c'est de réussir sa descente, et après, ce n'est plus entre nos mains», a indiqué McMorris. Le Norvégien de 18 ans, Marcus Kleveland, a pris le troisième rang.

Vers Pyongyang

Toutant se réjouissait à l'idée d'avoir triomphé dans la pente en 2017 après l'avoir fait sur la rampe en 2011. «Nous avons plusieurs compétitions de big air, cette année, et je trouve ça dommage. Le big air, c'est le fun, ça donne un bon show, mais notre sport a besoin du slopestyle. Ça démontre que tu es un skieur complet.»

À un an des Jeux de Pyongyang, sa première victoire de la saison hivernale (il avait gagné l'été dernier en Nouvelle-Zélande) ne pouvait pas mieux tomber.

«À chaque compétition, j'essaie de gagner et de ne pas penser trop loin devant. J'étais préparé pour les Jeux de Sotchi, mais pas à 100 %. Là, je veux l'être à 110 %, je veux vraiment gagner une médaille et j'aurai deux chances [big air et slopestyle]. Je n'y pense pas présentement, mais je vise les Olympiques, et tout ce que je fais, c'est en prévision des Jeux.»

Le slopestyle féminin de ski a été l'affaire d'un duo américain formé de Julia Marino et Jamie Anderson devant la Canadienne Brooke Voigt.

Kim Lamarre sixième

Présente à une compétition locale pour la première fois depuis l'adolescence, Kim Lamarre a pris le sixième rang de la finale de slopestyle. «Je vais me rappeler de plusieurs choses positives de ma semaine. Comme d'avoir pu bien atterrir ma descente, augmenter mon niveau de difficulté, réussir mon nouveau saut», a noté la skieuse de Lac-Beauport. La médaillée de bronze des Jeux de Sotchi savourait sa première présence en finale d'une Coupe du monde depuis le printemps 2015. «Je vais construire sur ma participation à la finale, j'ai accompli beaucoup. En haut de la pente, j'ai oublié le fait que j'étais chez moi. Je me disais : Kim, t'es capable, vas-y, amuse-toi. Je voulais essayer de me calmer les nerfs», a raconté celle qui skiait devant les siens, dont sa grand-mère Ginette Séguin, athlète olympique de 1956, à Cortina d'Ampezzo, en ski alpin. «Ma famille ne peut pas se déplacer pour me voir, alors je suis contente d'avoir pu faire la finale. C'est juste dommage de ne pas leur avoir montré mon meilleur. Que voulez-vous, ça arrive, mais ils m'aiment quand même.» La Norvégienne Johanne Killi l'a emporté devant les Suissesses Sarah Hoefflin et Giulia Tanno.

Drouin: «Le ski et le snow, une bonne formule»

Même si dame Nature a forcé l'annulation des qualifications de slopestyle, samedi, Patrice Drouin estimait que le Jamboree 2017 avait réussi son mariage du snowboard et du ski acrobatique. «On a passé un week-end extraordinaire à Québec et à Stoneham. L'introduction du ski dans le Jamboree a été une révélation pour nous, on ne peut pas ne pas être content. Le plan de match de la FIS [Fédération internationale de ski] est de développer cette super série et on fait partie de leur vision. On est là depuis 19 ans, on va essayer de faire un plan à long terme avec eux. Le ski et le snow, c'est une bonne formule», a estimé le président de Gestev. Interrogé sur la présence d'un drone au-dessus du site, dimanche, Drouin n'avait aucune idée d'où il venait. «Quelqu'un s'est levé dimanche matin et a décidé de filmer les installations. On ne l'a jamais trouvé, c'était un opérateur fantôme. Il y a des règlements à Transport Canada pour cela, et nous, avec la FIS, on ne peut pas faire survoler un drone au-dessus des spectateurs et des coureurs.»

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