Point final d'une grande carrière

Marie-Ève Nault a eu le privilège de disputer... (Twitter)

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Marie-Ève Nault a eu le privilège de disputer les 90 minutes de jeu en défense centrale pour cette 71e et dernière partie dans le maillot de l'unifolié.

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(Trois-Rivières) Ses coéquipières vous diront qu'elle n'a jamais été la plus volubile. Elle n'était pas du genre non plus à monopoliser le devant de la scène. Mais la présence de Marie-Ève Nault au sein de l'équipe nationale de soccer féminin aura influencé une génération de joueuses.

Dans le cadre de son dernier match international en carrière, samedi à Vancouver, la Trifluvienne de 34 ans, les larmes aux yeux et entourée de ses proches, a reçu un vibrant hommage de la communauté associée à son sport. Un sport pour lequel elle aura légué un grand héritage.

Signe du grand respect qu'elle lui voue, la joueuse étoile Christine Sinclair a confié son brassard de capitaine à Nault, samedi, lors d'une rencontre amicale contre les Mexicaines. Un puissant témoignage de respect venant de l'une des meilleures joueuses de l'histoire du soccer féminin.

«J'ai été surprise et honorée, c'était son initiative à elle», racontait Marie-Ève Nault, dimanche, alors qu'elle s'apprêtait à quitter la Colombie-Britannique pour revenir au Québec.

«De voir Christine poser ce geste, ça en dit beaucoup sur le respect mutuel qui existe dans cette équipe, et ce, peu importe le rôle des joueuses.»

Malgré une tempête de neige dans la région de Vancouver, plus de 22 000 personnes ont assisté à la victoire de 3-2 de nos représentantes. De son côté, la joueuse de Trois-Rivières a eu le privilège de disputer les 90 minutes de jeu en défense centrale pour cette 71e et dernière partie dans le maillot de l'unifolié.

Une fois le coup de sifflet final entendu, Soccer Canada a souligné les carrières de Nault, Melissa Tancredi et Rhian Wilkinson, trois joueuses qui auront eu l'honneur de défendre les couleurs de leur pays aux Jeux olympiques ainsi qu'en Coupe du monde. Une période faste pour le ballon rond et, plus important encore, la reconnaissance des sports collectifs d'excellence au niveau féminin au pays.

«Cet hommage est venu me chercher! Je suis fière d'avoir pu partager ce moment devant autant de monde. En plus, je crois avoir disputé un bon match. Je me souviendrai longtemps de cette soirée.»

Avant les cérémonies chargées en émotions de samedi, Soccer Canada avait déjà publié sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle des proches de Marie-Ève Nault se confiaient.

«Elle m'a beaucoup appris, notamment sur le réel potentiel des gens. Elle a toujours été présente pour les autres et par ses actes, c'était une vraie joueuse d'équipe. L'histoire des Jeux de 2012, c'est la sienne», partage l'entraîneur-chef John Herdman, en faisant allusion au tournoi de Londres, quand Nault avait quitté les gradins pour rejoindre le onze partant en raison des blessures à deux défenseures.

Elle n'avait pas déçu et avait grandement contribué à la conquête de la médaille de bronze du Canada.

«Elle est la coéquipière modèle. Marie-Ève n'a pas besoin de parler beaucoup pour avoir une influence positive», selon Jessie Fleming, de 16 ans sa cadette.

«Marie-Ève est la grande héroïne méconnue de cette équipe, elle a toujours offert son 110 %», poursuit l'ex-gardienne Karina LeBlanc.

«Même en sachant qu'elle occupait d'abord un rôle de réserviste, elle réussissait à nous pousser pour nous rendre meilleures», ajoute Diana Matheson.

On apprend aussi dans cette vidéo que l'ancienne porte-couleurs des Diablos a toujours été surnommée Buddy par ses coéquipières. La raison est simple, les joueuses anglophones peinaient à prononcer son nom!

Une autre joueuse de soccer originaire de Trois-Rivières, Luce Mongrain, tenait des propos tout aussi élogieux envers celle qu'elle aura vu grandir dans le monde du soccer régional. Mongrain, qui a été l'idole de Marie-Ève Nault à une certaine époque, a suivi les célébrations de samedi par l'entremise du petit écran.

«C'est incroyable qu'elle ait joué 90 minutes. Il aurait été difficile d'écrire une plus belle histoire pour mettre un terme à sa carrière. Je dis souvent que pour être un bon athlète, il faut être une bonne personne. En regardant les filles après le match, on sentait à quel point elles tenaient Marie-Ève en très haute estime.»

Décrivant son amie comme une personne «discrète, accessible et généreuse», Luce Mongrain sait que la défenseure arborant le numéro 20 quittera sans regret. «Elle vivra une retraite harmonieuse en sachant qu'elle a accompli de grandes choses en tant qu'athlète.»

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