L'épreuve reine des 12 heures de La Tuque disparaît

La direction des 12 heures d'endurance de La... (Audrey Tremblay)

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La direction des 12 heures d'endurance de La Tuque fera peau neuve en 2017 avec la disparition de l'épreuve de 12 heures en quad. Celle-ci était la marque de commerce de l'événement depuis ses premiers balbutiements, au début des années 2000.

Audrey Tremblay

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(Trois-Rivières) La nouvelle a pris tout le monde par surprise en Haute-Mauricie. L'organisation des 12 heures d'endurance de La Tuque délaissera la célèbre course d'endurance mettant en vedette les quads pour plancher sur une formule qui, assure-t-elle, permettra au populaire événement d'assurer sa pérennité.

On ne pourra donc plus parler des 12 heures de La Tuque, cette éreintante épreuve dans laquelle des équipes de quadistes se livrent bataille sur le circuit Gilles-Brabant, le temps de trois séances d'une durée de quatre heures chacune.

Il s'agit d'une transformation extrême entreprise par l'équipe menée par le directeur général David Duchesneau, qui s'apprête à célébrer la 16e édition de l'un des plus importants rendez-vous au Canada pour les véhicules hors-route. Bon an mal an, les 12 heures d'endurance attirent entre 20 000 et 30 000 personnes.

«C'est une question de marché», explique le directeur général, conscient que la décision cause du mécontentement et de l'incompréhension. Il jure cependant qu'au sein des diverses associations, la nouvelle est bien accueillie.

«Nous avons mené des consultations. Mis à part 2016, les inscriptions pour l'épreuve d'endurance de VTT diminuaient. Nous avions toujours une vingtaine d'équipes. Les courses sont longues, il y avait beaucoup d'enthousiasme pour les départs, mais après ça devenait plus tranquille, le spectateur décrochait un peu. En plus, ça monopolise beaucoup de bénévoles et d'effectifs une course comme celle-là.»

David Duchesneau poursuit sa réflexion en rappelant que le monde du VTT a déjà connu des jours plus heureux. «Ils vendent moins de modèles sports depuis quelques années et c'est une tendance observée autant chez nous qu'en Europe.»

Sinon, il ne s'inquiète pas des effets négatifs qui pourraient résulter d'un changement de nom. «On l'a déjà fait. Au début des années 2000, on parlait du Mondial d'endurance du quad. On ne change pas le nom d'une marque tous les jours, mais nous sommes confiants de dévoiler quelque chose d'accrocheur au printemps», mentionne le directeur général, qui demeure en négociations avec les commanditaires de l'événement.

Des ajouts

Pour palier à la perte de la formule d'endurance en VTT, les 12 heures de La Tuque annoncent l'ajout des courses de drag en VTT, d'enduroquad (une course d'endurance de plus de deux heures inspirée de l'endurocross) ainsi que de flat track, qui consiste en des épreuves de courte durée où les départs s'enchaînent les uns après les autres. La disposition du circuit sera retouchée afin de permettre au public de voir toutes les courses dans leur ensemble.

Les 12 heures collaboreront avec la Fédération des motocyclistes de sentiers du Québec (FMSQ), l'Association de drag de VTT Québec et le Regroupement des courses sur neige du Centre-du-Québec, où la discipline du flat track est très populaire. Le flat track aura lieu sur terre battue.

En gros, l'organisation remplace son volet d'endurance pour trois nouvelles catégories en VTT. «Cette nouvelle formule attirera environ 200 pilotes de plus», affirme David Duchesneau, qui estime que près de 800 participants voyageront vers La Tuque en mai 2017.

Les véhicules côte à côte en avant-scène

La disparition de la course de 12 heures fait en sorte que ce sont les véhicules côte à côte qui présenteront l'épreuve reine dès cette année. Le directeur général a confirmé que cette portion de la programmation restera intacte, tout comme les courses de motos.

La fameuse manche de nuit reviendra, mais cette fois avec les véhicules côte à côte. «C'est un clin d'oeil aux 12 heures et le moment le plus apprécié de nos spectateurs. On ne voulait pas perdre ça. Le côte à côte gagne de plus en plus d'adeptes. Ce sont des cycles et présentement, ça ''pogne''. Nous sommes fiers d'annoncer que d'excellents pilotes viendront à La Tuque.»

Réactions

Plusieurs personnes ont partagé leur déception et leur frustration sur les réseaux sociaux, mardi. Acteur de la première heure des 12 heures de La Tuque, Sylvain Arseneault acceptait pour sa part de donner la chance au coureur.

«Ça ne va pas bien dans le monde du VTT de compétition, souffle le pilote de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, une véritable légende du quad au Québec. Des championnats disparaissent, d'autres sont réduits et en plus, c'est très dispendieux. ça peut coûter entre 2500 $ et 3000 $ par fin de semaine. 

«Aussi, on doit se battre avec ceux qui chialent contre le bruit. Mais il y a de l'espoir pour la nouvelle formule. Le flat track, ça m'allume! Je pense également qu'il y aura de l'intérêt pour le drag. David est un gars ouvert, je suis confiant.»

D'autres tiennent un discours différent. Champion des 12 heures autant en équipe que dans la classe Ironman, le Latuquois Éric Lamontagne regrette la décision des dirigeants. 

«En 2016, on a répondu avec 45 inscriptions pour l'épreuve d'endurance, on envoyait un message clair que nous voulions garder la course de 12 heures. À la cérémonie des trophées, ils ont dit que le quad serait de retour en 2017, que les inscriptions allaient commencer plus tôt pour amener plus de monde. Aucun coureur ne fait ça pour récolter des bourses. L'argent, on en dépense pour courir ici.»

Le pilote, qui a déjà pris part à la prestigieuse épreuve de Pont-de-Vaux en France, ne croit pas à l'argument selon lequel la course des 12 heures exige trop de préparation et d'effectifs. «C'est bizarre, c'est la même préparation que pour le côte à côte. C'est clair qu'ils ne voulaient plus du quad...»

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