Quand un disque soude une amitié

Non seulement Audrey St-Arnaud et Jessie Grignon-Tomas se... (Courtoisie)

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Non seulement Audrey St-Arnaud et Jessie Grignon-Tomas se connaissent-elles depuis près de deux décennies, elles sont aussi parmi les meilleures joueuses d'ultimate frisbee au Québec.

Courtoisie

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(Trois-Rivières) Si l'ultimate frisbee (ou disque volant) gagne chaque année de plus en plus d'adeptes au Québec, il n'en demeure pas moins que l'élite se concentre d'abord dans l'Ouest canadien. Au sein de ces équipes nationales composées à majorité de joueurs de la Colombie-Britannique, on retrouve deux filles de Trois-Rivières, deux amies de longue date en fait, en Jessie Grignon-Tomas et Audrey St-Arnaud, 28 ans.

Depuis leur quatrième année du primaire, l'amitié des deux filles est intrinsèquement liée à la pratique de différents sports. «On a toujours été ensemble au Collège Marie-de-l'Incarnation, que ce soit au basketball ou en flag football», confie St-Arnaud.

«Nous avons pris nos distances au cégep, mais en 2009, quand Jessie a rejoint l'équipe canadienne junior d'ultimate, on a eu la chance de participer aux Championnats du monde.»

C'était le premier de trois grands rendez-vous internationaux auxquels elles participeraient en défendant le même maillot, celui de leur pays. Cinq ans auparavant, Audrey St-Arnaud était tombée sous le charme de la discipline lors d'une démonstration à son école secondaire. Quelques mois plus tard, elle méritait un poste sur la sélection canadienne junior pour les Mondiaux. Son amie Jessie la rejoindrait en 2009. Elles figurent depuis ce temps parmi les meilleures athlètes de disque volant, d'un océan à l'autre.

«Dans notre duo, c'est Jessie la star! Elle est une athlète incroyable», sourit Audrey St-Arnaud, une ergothérapeute maintenant établie à Québec. Quant à Grignon-Tomas, une kinésiologue de formation, elle travaille comme gestionnaire pour une compagnie d'assurance à Montréal. 

Au cours des mois à venir, elles tenteront de nouveau d'impressionner les bonzes de leur fédération pour faire partie de l'équipe canadienne aux Jeux mondiaux, un événement multisports regroupant des disciplines qui ne sont pas inscrites au programmes des Jeux olympiques. La compétition a lieu en Pologne du 20 au 30 juillet et regroupera 4500 athlètes répartis au sein de 200 épreuves, avec 100 nations participantes.

L'ultimate mixte (7 gars et 7 filles pour chaque club) sera représenté en Pologne. Le Canada a retenu 20 candidatures pour former l'équipe, mais seulement 14 athlètes seront choisis au terme des camps de sélection. «Nous avons de très bonnes chances d'y parvenir, avance Grignon-Tomas. Pour nous, ce serait le tournoi le plus prestigieux auquel on participerait. Il y a eu des championnats avant les Jeux mondiaux, mais ça ne se compare pas avec la portée de cet événement.»

Deux ambassadrices

Leur sélection relève donc de l'exploit. «De voir que nous sommes les deux seules du Québec, oui ça fait un petit velours! Mais nous aimerions que d'autres joueurs soient recrutés. C'est pour ça qu'on s'implique dans notre sport», exprime Jessie Grignon-Tomas, qui campe aussi le rôle d'entraîneure chez les juniors dans la région métropolitaine.

Quant à St-Arnaud, elle est responsable des régions au conseil d'administration de la fédération provinciale. Elle offre également de son temps au sein du programme Iris, dont le but vise à développer une élite au Québec. «La prochaine étape, c'est de faire reconnaître la discipline par Sport Canada. L'ultimate sera en démonstration aux Jeux olympiques dans quelques années. Il faudra profiter de cette vague pour améliorer nos conditions.»

Car en ce moment, les athlètes de pointe doivent débourser d'importantes sommes d'argent pour accompagner les équipes nationales aux quatre coins du monde. À la mi-avril, nos deux Trifluviennes voyageront vers Vancouver pour un camp d'entraînement. Quelques semaines plus tard, elles auront rendez-vous en Colombie pour un tournoi de préparation en vue des Jeux mondiaux. «Pour l'instant, on doit s'autogérer et chercher des commanditaires, des compagnies», explique Grignon-Tomas.

«Mais il y a de l'espoir. Le sport évolue partout au pays et ailleurs dans le monde. On va finir par l'avoir, cette reconnaissance.»

D'ici là, les deux amies sont déterminées à ajouter des médailles à leur belle collection. Après avoir décroché l'or au Japon en 2012 aux Mondiaux mixtes et le bronze l'an passé à Londres lors du tournoi féminin, elles visent un autre podium en Pologne. Un podium qui souderait encore un peu plus leur amitié.

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