Herrera: soupir de soulagement généralisé

La demande d'asile politique du voltigeur des Aigles... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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La demande d'asile politique du voltigeur des Aigles Javier Herrera a été acceptée par Ottawa.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Son statut de réfugié politique enfin confirmé par le gouvernement du Canada, Javier Herrera pourra s'attaquer à un autre important dossier dans les prochains jours: son avenir en tant que joueur de baseball professionnel.

Ça regarde plutôt bien pour lui, puisque les Aigles de Trois-Rivières ont publié un communiqué de presse, lundi matin, afin de féliciter les acteurs impliqués dans cette saga qui dure depuis près de 15 mois.

L'équipe peut désormais passer à l'étape suivante elle aussi, soit le début des négociations pour un retour du puissant cogneur du Venezuela dans un alignement qui a beaucoup souffert de ses nombreuses absences l'été dernier, conséquence de son impossibilité à accompagner le club aux États-Unis.

«Javier est l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du club, sinon le meilleur», tranche le directeur général René Martin, dont le début d'année est plus intéressant que celui de 2016.

«L'an passé, on nageait dans l'incertitude avec le statut de Herrera, on ne savait même pas s'il pourrait jouer des matchs à Trois-Rivières, Québec et Ottawa.»

Puis, quelques semaines plus tard, les Oiseaux perdaient leur arrêt-court Pedro Lopez, véritable pierre angulaire d'une défensive qui avait guidé l'équipe vers les grands honneurs en séries éliminatoires.

«Je trouve qu'on commence cette nouvelle année sur de bien meilleures bases, sourit Martin. Javier, c'est le troisième frappeur du club, le gars le plus craint par les lanceurs adverses.»

Une vision partagée par le gérant T.J. Stanton, tout aussi élogieux envers son vétéran, qu'il a eu la chance de côtoyer dès son entrée en poste au milieu du mois de juillet. Les deux hommes se rencontreront samedi pour discuter de l'avenir de Herrera dans le maillot rouge et blanc.

«Je suis autant content que lui, s'exclame Stanton, qui travaille dans des programmes Sport-études durant l'hiver. Javier a un style unique, c'est un joueur particulier parce que les lanceurs se méfient de lui dans toutes les situations. C'est le gars que tu veux avoir au bâton avec des coureurs en position de marquer. Sa seule présence fait craindre le pire à l'adversaire.»

Stanton est catégorique, il n'y a pas de frappeurs aussi redoutables que Herrera chez les Aigles. «Est-ce le meilleur joueur? Difficile à dire, mais il est assurément notre meilleur cogneur. On vient de régler un important dossier.»

Les équipes de la Ligue Can-Am ayant droit à un maximum de quatre vétérans, les Aigles peuvent toujours s'entendre avec deux autres joueurs de ce statut, c'est-à-dire ceux misant sur une expérience de plus de cinq saisons chez les professionnels, peu importe le niveau.

Daniel Mateo, Steve Brown et Jesus Merchan, tous des porte-couleurs de l'édition 2016, sont évidemment sur les rangs, mais il n'y a pas de place pour tout le monde. C'est sans compter que Stanton pourrait se tourner vers d'autres candidats, selon les besoins.

«Nous aurons de grandes décisions à prendre», s'est contenté de répondre Stanton, qui n'a jamais caché son désir de revoir Herrera.

Le plan B était à Shawinigan

Si Javier Herrera avait essuyé un deuxième refus dans sa quête d'obtenir l'asile politique au Canada, l'avocat de la famille, Me Éric Taillefer, aurait sans doute traîné ce dossier jusqu'en cour.

Herrera aurait été dans l'impossibilité de compléter une demande de passeport provisoire, le privant encore des voyages avec ses coéquipiers pour les matchs des Aigles aux États-Unis. L'organisation planchait cependant sur un plan B afin d'encourager Herrera à persévérer... et à garder la forme.

En effet, le célèbre numéro 13 des Oiseaux aurait sans doute pris le chemin de Shawinigan, où les Cascades de la Ligue de baseball majeur du Québec l'auraient accueilli à bras ouverts.

«Les Cascades étaient emballés face à cette idée, même s'ils espéraient que le dossier se règle avant qu'on ne doive passer à cette option, explique René Martin. Nous, on se donnait jusqu'au début du mois de mars pour un dénouement. Non seulement les Cascades lui offraient un poste dans l'équipe, mais ils s'engageaient à l'aider pour lui dénicher un emploi. C'est un bel exemple de solidarité régionale entre deux équipes.»

Le directeur général des Cascades, Eraklis Tzavellas, salue quant à lui la conclusion du long processus de demande de réfugiés des Herrera.

«Si ça n'avait pas fonctionné pour lui, on l'aurait accommodé à Shawinigan. Nous avions fait de même avec le lanceur Luis Munoz l'an dernier et ça lui avait permis d'avoir une deuxième chance dans la Ligue Can-Am, avec Ottawa cette fois.»

Évidemment, Tzavellas est ouvert à d'autres opportunités du genre à l'avenir. «C'est bon pour tout le monde, on ne fermera jamais la porte à l'arrivée d'un joueur comme Munoz ou Herrera.»

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