Un champion de tennis aux Estacades

Même s'il passe cinq à six mois à... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Même s'il passe cinq à six mois à l'extérieur du pays, que ce soit pour des tournois ou des camps d'entraînement, Félix Auger-Aliassime demeure un jeune étudiant-athlète du secondaire. C'est d'ailleurs grâce au programme d'études à distance de l'Académie les Estacades que le prometteur tennisman peut poursuivre son cheminement scolaire.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Pressenti comme la prochaine figure de proue du tennis québécois, Félix Auger-Aliassime, 16 ans, compte déjà une victoire dans un tournoi professionnel. Plus impressionnant encore, il a enlevé les honneurs du volet junior des Internationaux des États-Unis, à New York. Ce que les gens ignorent, c'est qu'il est aussi un étudiant de l'Académie les Estacades.

Grâce au programme d'études à distance dédié aux athlètes, le jeune surdoué de 16 ans a pu poursuivre son cheminement scolaire tout en maintenant la cadence au Centre national de tennis de Montréal.

Depuis sa troisième année du secondaire, Auger-Aliassime, à l'instar d'une vingtaine de sportifs à travers le Québec, suit ses cours à l'aide d'une plateforme virtuelle et avec le soutien de professeurs basés en Mauricie.

Pour une rare fois en trois ans, il a visité l'Académie les Estacades mercredi matin afin de compléter un important examen de mathématiques. Élève de cinquième secondaire, il passe plutôt inaperçu dans les couloirs de l'institution. Dans le monde du tennis international, on l'identifie pourtant parmi la crème de la relève, lui qui a le potentiel de devenir un futur champion des tournois du Grand Chelem.

«Nous n'avons pas une vie normale d'ado, on le sait. Mais nous sommes bien encadrés. Ce n'est pas évident de voyager partout sur la planète et de demeurer étudiant en même temps, sauf que nous réussissons plutôt bien», estime Auger-Aliassime, sous le regard approbateur des responsables de l'éducation à distance aux Estacades, qui avaient convié les médias à une rencontre avec trois joueurs de tennis inscrits au programme.

Certains d'entre eux, comme Auger-Aliassime, passent cinq à six mois à l'extérieur du pays. Les tournois et les camps d'entraînement s'enchaînent rapidement dans ce monde où même les joueurs juniors doivent négocier avec un horaire chargé.

Lors d'une escale en Colombie, le réseau Internet a connu une défaillance, ce qui a compliqué les échanges entre l'étudiant et ses professeurs. Mais la plupart du temps, tout se déroule comme prévu. Autant sur les courts que dans les cours!

«Je viens aux Estacades quatre ou cinq fois par année pour les examens. Sinon, nous sommes à Montréal pratiquement à temps plein avec le personnel de Tennis Canada. Je n'ai pas à me plaindre, j'aime ce mode de vie et je caresse de grandes ambitions pour 2017.»

Autant sur les bancs d'école que sur le terrain, puisqu'il terminera son secondaire en juin. Ses derniers examens sonneront la fin de cette association avec les Estacades, une école qu'il ne connaît pas beaucoup, malgré le lien qui les unit.

«J'aimerais revenir ici un jour et organiser des séances d'entraînement avec les plus jeunes athlètes du Sport-études en tennis.»

La coordonnatrice des programmes Sport-études à l'Académie, Luce Mongrain, salive déjà à l'idée de recevoir Auger-Aliassime lors d'une clinique, lui qui gagne de plus en plus d'adeptes au pays en vertu de ses récents succès. Et à entendre parler le principal concerné, il ne se contentera pas des titres obtenus en 2016. 

«J'ai dépassé les objectifs que nous nous étions fixés, mes entraîneurs et moi. Atteindre la finale de Roland-Garros chez les juniors, c'était déjà très gros. Gagner la finale junior d'un Grand Chelem, à New York en plus, ça dépassait un peu l'entendement! J'espère donc continuer à gagner des titres chez les pros et éviter les blessures.»

Des liens avec Trois-Rivières

Originaire de Montréal mais ayant grandi à Québec, Félix Auger-Aliassime n'en demeure pas moins attaché à la Mauricie dans une certaine mesure. En plus de ses cours à distance, il a visité Trois-Rivières à quelques reprises à la fin de la dernière décennie. Son père Sam travaillait alors comme professionnel à l'École de Tennis Mauricie.

La discipline traversait à l'époque une période sombre dans la région, alors que les entraîneurs peinaient à recruter de nouveaux jeunes joueurs. Heureusement, le tennis a retrouvé ses lettres de noblesse depuis.

Auger-Aliassime félicite d'ailleurs les acteurs impliqués, lui qui a la chance de voir ce qui se fait ailleurs. De plus, tous les membres de sa famille gravitent dans l'univers du tennis. Sa soeur Malika est elle aussi une ancienne élève du programme à distance des Estacades.

«Je me souviens d'avoir participé à un championnat provincial au Complexe sportif Alphonse-Desjardins, se remémore Félix Auger-Aliassime. Nous jouions à l'intérieur en raison de la pluie et la surface était beaucoup trop rapide, ce n'était pas le meilleur endroit pour pratiquer le tennis. Je suis content de savoir qu'un nouveau centre a vu le jour en ville. Il y a de plus en plus d'installations de qualité partout au Québec, c'est encourageant pour l'avenir de notre sport.»

L'avenir s'annonce tout aussi intéressant aussi pour notre tennisman. Quatrième meilleur joueur junior sur la planète, il a le potentiel, le talent et la maturité pour devenir l'une des têtes d'affiche du tennis au Canada.

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