Une deuxième vie en Afrique pour des maillots de soccer

Des jeunes heureux de leur nouveau maillot.... (Courtoisie)

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Des jeunes heureux de leur nouveau maillot.

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(Trois-Rivières) Ils reposaient dans des entrepôts ces dernières années, mais depuis qu'ils ont été acheminés au Cameroun, des dizaines d'enfants s'adonnent à la pratique de leur passe-temps favori en les enfilant avec fierté.

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Grâce à l'initiative de Mathias Tchoumbou (à droite), qui s'est rendu en Afrique il y a quelques jours, des dizaines de jeunes Camerounais passeront Noël avec de nouveaux uniformes de soccer, gracieuseté des deux clubs de Trois-Rivières.

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Grâce à la générosité des deux clubs de soccer de Trois-Rivières, de jeunes Africains ont reçu des maillots sportifs en cadeau, à quelques jours de Noël.

L'initiateur de ce projet humanitaire, Mathias Tchoumbou, est revenu au Québec il y a quelques jours, encore secoué par un voyage qui lui aura fait découvrir un arrière-pays du Cameroun qu'il connaissait peu. Et où des vieux chandails appartenant au Club de soccer de Trois-Rivières (CSTR) et aux Rebelles de l'Est auront une deuxième vie.

«J'ai vécu de fortes émotions quand je me suis retrouvé devant eux. J'étais seul face à ces dizaines d'enfants et leurs enseignants, mais il y a toute une équipe qui a rendu ce projet possible», explique Tchoumbou.

En effet, des dizaines de maillots ont été distribués dans des écoles, des orphelinats et des centres pour personnes handicapées. Quelques ballons usagés ont aussi traversé l'océan. Des cadeaux du ciel, rien de moins.

«Dans l'école que j'ai visitée, l'enseignant en éducation physique n'avait presque rien pour faire bouger les enfants. J'ai constaté à quel point il y a une cassure entre les riches et les pauvres en Afrique. Mais ça confirme aussi que nous devons poursuivre nos efforts pour appuyer ces gens.»

L'idée a commencé à germer dans l'esprit de Mathias Tchoumbou il y a trois ans. Camerounais d'origine, le Trifluvien d'adoption établi au Canada depuis 2007 souhaitait faire sa part pour aider les compatriotes de son pays natal. Jouant comme des centaines d'adeptes du ballon rond dans la Ligue des vétérans de Trois-Rivières, Tchoumbou a sensibilisé ses coéquipiers et amassé un nombre considérable de chandails de soccer.

«J'ai récolté de l'information sur les villages camerounais que je m'apprêtais à visiter pour partager les dons. Les donateurs en apprenaient donc sur les activités agricoles, le mode de vie des habitants. Ce fut très enrichissant pour tout le monde.»

L'accueil reçu lors de sa première visite au Cameroun en 2013 l'a d'ailleurs marqué. «Je pensais m'entretenir uniquement avec les responsables des établissements, leur laisser le matériel et rentrer chez moi. Ça ne s'est pas passé comme ça!»

En fait, le visiteur a reçu un traitement digne d'une rock star. Tous les enfants sont sortis dans la cour et ont entonné des chants pour remercier à leur façon le généreux donateur venu du bout du monde. «Comment ne pas être ému? En voyant tous ces petits, j'ai décidé qu'il y aurait d'autres projets, que ce ne serait pas le seul.»

Ça lui aura pris trois ans, mais le deuxième périple en Afrique centrale a été tout aussi mémorable, notamment grâce à l'appui des deux clubs de soccer de Trois-Rivières.

«Tout part de l'idée de redonner. Nous avions déjà des vêtements usagés, alors tant qu'à les laisser moisir dans nos entrepôts, pourquoi ne pas les redistribuer? Il y a des gens dans le besoin, c'est bien de voir qu'on fait une différence. Tout le mérite revient à Mathias», indique le président des Rebelles de l'Est, Williams Tarlotin.

Même son de cloche du côté du Club de soccer de Trois-Rivières. «La fusion du club il y a quelques années a fait en sorte que nous avons rangé beaucoup de matériel, que ce soit des shorts, des bas, des dossards ou des chandails. Les uniformes étaient encore en bonne condition», mentionne Jean Bergeron, qui estime avoir donné près de 1000 maillots à Tchoumbou ainsi qu'à un étudiant ayant effectué un stage humanitaire en Amérique du Sud.

La compagnie Air France a quant à elle facilité le transport des sacs remplis de ballons et de chandails pour la mission au Cameroun, au grand bonheur de l'organisateur. «Nous avons amené des équipements sportifs, mais aussi du matériel informatique», souligne Mathias Tchoumbou.

Un troisième voyage dès 2017?

S'il n'en tient qu'à lui, Mathias Tchoumbou retournera en Afrique dès 2017. Il a fondé au cours des derniers mois l'organisme Humani.Actions afin de l'aider dans sa préparation et ses déplacements. D'ici quelques semaines, un site web devrait voir le jour, histoire de mieux coordonner la collecte des dons pour l'entrepreneur, un ingénieur de formation.

«On ne se limitera pas aux dons des clubs sportifs. Si d'autres organismes désirent nous envoyer du matériel, ils pourront le faire. Nous planchons sur d'autres projets en Afrique, mais on aimerait aussi aller en Haïti. Il y a des besoins partout.»

Grâce à leur générosité, les clubs de soccer de Trois-Rivières ont augmenté leur nombre de représentants ce mois-ci. Les petits Camerounais qui profitent de ces précieux dons ne fouleront sans doute pas les mêmes terrains que leurs confrères de Trois-Rivières, mais un lien particulier les unira pour longtemps.

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