«Chaque année, ça parle de Super Bowl»

Louis-Philippe Ladouceur roule sa bosse comme spécialiste des... (AP)

Agrandir

Louis-Philippe Ladouceur roule sa bosse comme spécialiste des longues remises dans la NFL depuis 12 ans.

AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

À travers la saison magique que connaissent les Cowboys de Dallas - et toute la frénésie qui entoure habituellement les chouchous de l'Amérique - un vétéran québécois tâche de garder les deux pieds sur terre.

Le spécialiste des longues remises Louis-Philippe Ladouceur n'en est pas à son premier rodéo. À sa 12e campagne dans la Ligue nationale de football, il sait pertinemment qu'une bonne saison, aussi spectaculaire soit-elle, n'est pas totalement satisfaisante sans un trophée Vince-Lombardi. Un précieux trophée dont les partisans s'ennuient depuis les trois conquêtes en quatre saisons (1992, 1993, 1995) lors des belles années de Troy Aikman et Emmitt Smith.

«Chaque année, ça parle de Super Bowl pour les Cowboys. Évidemment que ça serait le fun de gagner, mais il faut y aller un match à la fois, une semaine à la fois. C'est peut-être plate de voir les choses comme ça, mais c'est la façon qu'il faut aborder tout ça. Si tu t'emballes trop, ça peut finir par te jouer des tours. Alors on se concentre uniquement sur dimanche prochain et notre rendez-vous face aux Giants de New York», explique sagement le colosse ce 6pi 5po et 256 livres, en entrevue avec Le Nouvelliste.

Au fil de ses 11 premières campagnes au pays de Jerry Jones, le Québécois de 35 ans a effectivement traversé de fabuleuses saisons. En 2007, les Boys avaient entamé la saison avec un dossier de 12-1 avant de boucler leur parcours à 13-3. Après un laissez-passer au premier tour éliminatoire, ils ont été surpris par les Giants de New York, en route vers leur historique conquête du Super Bowl face aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Pas plus tard qu'en 2014, les Cowboys semblaient encore avoir le vent dans les voiles, à 12-4. Mais leur parcours s'est arrêté au second tour face aux Packers de Green Bay à la suite d'un jeu controversé impliquant Dez Bryant.

En tout, l'ancien des Islanders du collège John-Abbott a goûté aux éliminatoires quatre fois. Deux gains et quatre revers qui laissent un sentiment de mission inachevée, sans cette précieuse victoire lors du dernier match de l'année.

Évidemment, au rythme où vont les choses cette saison à Dallas, les Cowboys se sont hissés parmi les favoris pour remporter le Super Bowl. Avec un dossier de 11 victoires et une petite défaite, il n'y a rien de plus logique.

Pourtant, l'année 2016 avait bien mal débuté pour les Cowboys. Avant même le premier match de la saison, le quart Tony Romo s'est abonné à long terme à l'infirmerie en raison d'une blessure au dos. En considérant que les Cowboys avaient compilé un dossier de 1-11 l'an dernier en son absence, ça ne sentait pas très bon...

Cependant, deux petits nouveaux sont venus prendre en charge l'attaque avec une aisance déconcertante. Pendant que Dak Prescott s'assure de bien gérer le ballon comme général de l'offensive (19 passes de touché contre deux interceptions), Ezekiel Elliott casse la baraque comme demi offensif. Ses 1285 verges en 12 matchs le placent d'ailleurs au sommet de la NFL. Il a aussi atteint la zone des buts 12 fois.

S'ils se retrouvent plus souvent sous les projecteurs, ils ne sont pas les seuls jeunes joueurs à briller à Dallas. «C'est un sport où les jeunes dominent. Ce n'est pas trop long que les petits vieux comme moi prennent le bord!», rigole Ladouceur.

«C'est le fun de voir aller Zeke et Dak. Il y a aussi des gars comme (Anthony) Brown et (Maliek) Collins qui font très bien en défense. On a de bons jeunes un peu partout sur le terrain. Là, c'est le fun, on a une équipe en forme et la saison va très bien», note le 91 des Cowboys.

Grâce au brio des jeunes, entre autres, les Cowboys pourraient agrémenter leur saison de quelques records. Leur séquence de 11 victoires consécutives lors d'une même année représente d'ailleurs une nouvelle marque d'équipe. Dallas est également en voie de battre son record de victoires en une saison (13).

«Je vois cette saison simplement comme une autre année. Les records ne veulent rien dire tant qu'on n'aura pas gagné le Super Bowl. Une chose que j'ai comprise avec le temps, c'est que ce ne sont pas les records qui font gagner des championnats.»

Si jamais les jeunes coqs sont tentés de s'emballer trop rapidement, ils pourront vraisemblablement compter sur les conseils avisés du vétéran québécois Ladouceur, une véritable force tranquille au sein d'un vestiaire bourré de vedettes ultra médiatisées.

Une perfection qui colle à la peau

«Pour un petit gars de Pointe-Claire qui a grandi en regardant du hockey, c'est un gros accomplissement d'avoir atteint la NFL.»

En effet, se faire une niche dans le circuit Goodell n'avait rien de banal pour L.P. Ladouceur. Mais son parcours depuis 2005 est encore plus époustouflant.

D'abord débarqué chez les Saints de la Nouvelle-Orléans comme joueur invité, après un stage fructueux comme ailier défensif chez les Golden Bears de la Californie, le Québécois a ensuite vu sa carrière débloquer en arrivant chez les Cowboys de Dallas, où l'on a choisi de l'utiliser comme spécialiste des longues remises.

Depuis, une aura de perfection enveloppe Ladouceur, au grand plaisir de ses patrons. Son nombre de remises parle de lui-même: 801 bottés de dégagement, 361 placements et 511 convertis d'après-touché. Bref, un total 1673 remises bien réussies!

Ce brio lui a notamment valu une invitation au Pro Bowl, en 2014. Mais malgré une feuille de route immaculée, Ladouceur est heureux dans son rôle effacé, loin des puissants projecteurs de Dallas.

«Je n'ai jamais été celui qui voulait attirer l'attention. J'ai toujours compris que c'était un sport d'équipe. Tout le monde travaille, tout le monde a un rôle. Je comprenais ça même lorsque j'évoluais en défensive avec les Saints et à l'université. Il faut toujours garder en tête qu'il y a toujours plus gros et plus important que soi dans l'équipe.»

Au poste de spécialiste des longues remises, une carrière peut être bien courte si les erreurs se multiplient. À vrai dire, les jeunes sont souvent à une gaffe de la porte de sortie. Cette particularité du boulot n'a jamais empêché Ladouceur de dormir. Aujourd'hui, il jouit d'une plus grande marge de manoeuvre compte tenu de ses 12 saisons derrière la cravate.

«J'ai toujours eu confiance en mes moyens, j'ai toujours cru que j'étais à ma place dans la NFL. Si tu ne penses pas comme ça, tu ne vas pas réussir», explique le Québécois devenu Texan.

À 35 ans, Ladouceur se voit encore jouer quelques saisons dans la NFL. Son contrat prendra fin au terme de la prochaine saison et il aimerait que ses services soient renouvelés à Dallas, où il est bien installé avec sa famille.

«La santé est là. Certains gars ont joué jusqu'à 40 ans à ma position. Si ça s'arrête à la fin de mon contrat, je n'aurai aucun regret. Juste de pouvoir jouer une saison dans la NFL était très bon, je suis rendu à ma 12e année et j'en suis bien heureux...»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer