Blizzard: Desjardins remercié

Bob Desjardins a été remercié par la direction... (Olivier Croteau)

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Bob Desjardins a été remercié par la direction du Blizzard.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) L'organigramme hockey du Blizzard a encore une fois été remodelé. Mercredi soir, le responsable des opérations hockey Sébastien Vouligny a limogé l'entraîneur-chef et directeur-gérant Bob Desjardins, s'offrant les pleins pouvoirs afin de relancer l'équipe à sa façon.

Malheureux détenteur du dernier rang au classement général, le Blizzard n'a empoché que deux victoires en 16 sorties depuis le début de la saison. Un rendement qui, évidemment, a entraîné une baisse aux guichets. 

Pour stopper l'hémorragie, Desjardins voulait continuer à réaliser des transactions et attirer d'autres joueurs autonomes. Vouligny privilégiait de tenter de s'en sortir avec les effectifs à l'interne. 

Le différend philosophique aura eu raison du mariage entre les deux hommes de hockey. «J'avais appris à apprécier Bob durant notre courte collaboration mais nous ne travaillons pas de la même façon. Résultat, il ne pouvait nous offrir le meilleur de lui-même parce que je le talonnais, et je n'offrais pas moi non plus le meilleur de moi car la chimie n'était pas parfaite. Ce qu'on veut, c'est que tout le monde tire dans la même direction.»

Vouligny s'installe donc comme le seul capitaine du navire avec ses complices Jonathan Lessard et Samuel Fortier, qui obtient de son côté le fauteuil de directeur-gérant. Ils ont eu du succès dans le senior A à Saint-Léonard-d'Aston en favorisant un partenariat très prononcé avec les joueurs. C'est la recette qu'ils vont tenter de reproduire à Trois-Rivières. 

«On veut former l'équipe la plus unie de la ligue. Que les gars aient envie d'adhérer au plan. L'entente est bonne dans le vestiaire, mais je ne sentais pas de réel sentiment d'appartenance envers l'équipe. Ça ne rejoint pas mes valeurs, ni celles de notre propriétaire. On va mettre nos énergies là-dessus», lance Vouligny.

«Un entraîneur doit être au service des joueurs, et non l'inverse. Ça fait six semaines que je suis dans l'entourage de l'équipe, et j'ai entre 30 000 et 40 000 heures d'études de comportement humain dans mon bagage professionnel, alors je sais pas mal à qui j'ai affaire. On va travailler étroitement avec chacun de mes joueurs pour qu'ils puissent tous en donner plus. Ça ne veut pas dire que nous allons passer l'occasion de nous améliorer sur le marché des transactions si elle passe. Ça veut dire que c'est d'abord et avant tout avec les gars en place que nous voulons nous relever.»

Le Blizzard est engagé dans une course contre la montre et Vouligny en est fort conscient. Avec un propriétaire qui a bien averti que les choses devaient se replacer autant aux guichets que sur la glace sinon il allait jeter l'éponge à la fin de la saison, des signes positifs sont attendus depuis un bout de temps. 

«On veut sauver l'équipe. Pour y arriver, ça n'implique pas automatiquement de faire les séries cette saison. Mais on doit à tout le moins prouver que les choses s'en vont dans le bon sens, que le vent a tourné. La mission est claire.»

À court terme, la relance du Blizzard devrait se faire autour du gardien Marco Cousineau, qui connaît un début de saison difficile. «Il fait partie de ceux qui croient à notre plan. Je n'ai aucun doute que Marco va retrouver ses repères. De un parce qu'il a les outils pour le faire, mais aussi parce qu'il investit l'énergie nécessaire pour y arriver. Je crois beaucoup en lui. Et avec un Cousineau au sommet de son art, cette équipe sera automatiquement plus difficile à vaincre.»

Vouligny dirigera son premier match vendredi soir, au Colisée de Trois-Rivières face à l'Assurancia de Thetford Mines. Une commande pas évidente compte tenu que l'équipe sera privée de Chris Cloutier et Marc-André Huot (suspendus), Stéphane Boileau et Pierre-Olivier Beaulieu (obligations professionnelles) et Martin Larivière. «Personne ne pourra me reprocher d'avoir choisi mon match pour faire mes débuts! Ce ne sera pas évident mais j'aime cette équipe, et on commence à bâtir dès maintenant.»

Quant aux propos de Larivière tenus dans Le Nouvelliste jeudi, Vouligny s'en distancé le plus possible. Larivière disait que la survie du Blizzard, et ultimement de la LNAH, passait par davantage de combats sur la glace. «Je respecte son opinion. Et je n'ai rien contre un ou deux bons combats dans le feu de l'action. Ceci dit, le Blizzard appuie à 100 % le virage pris par notre ligue.»

«Bonne chance»

Bob Desjardins est de mauvais poil. Il se croit victime d'un scénario qui était écrit d'avance, à partir du moment où Ronald Lavertu a greffé Sébastien Vouligny à son club. «Il voulait tous les pouvoirs. Il s'est acheté un job derrière le banc. J'ai assez d'expérience pour décoder qu'il attendait juste le bon moment pour passer à l'acte. Je suis en tab...», vociférait Desjardins jeudi midi, lorsqu'il a retourné l'appel du Nouvelliste.

La fiche du Blizzard n'offre pas un plaidoyer très vibrant pour Desjardins. Ce dernier l'admet sans problème, mais il rappelle avoir hérité d'une situation chaotique. «On m'a donné le Titanic, qui s'enlignait direct sur un gros iceberg. Ça prend du temps à faire virer, un aussi gros bateau. Ceux qui ont vu les derniers matchs savent que ça s'en venait. Avec de meilleures performances de nos gardiens, on aurait facilement quelques victoires de plus au compteur. C'est assez incroyable de penser que les dirigeants du Blizzard vont jeter aux poubelles tous les progrès réalisés ces dernières semaines.»

Vouligny a expliqué la séparation par un conflit philosophique. Desjardins reconnaît qu'il cherchait à améliorer son club de toutes les façons possibles. «N'est-ce pas le travail d'un directeur-gérant? Quand tu hérites d'une équipe qui a repêché neuf joueurs l'été dernier sans être capable d'en attirer un seul, tu n'as pas le choix de regarder ailleurs que dans ta cour. Les autres clubs ne s'en privent pas... Par contre, je tiens à dire que j'ai toujours travaillé en équipe. Je consultais mes leaders chaque fois.. Cette explication, c'est de la bouillie pour les chats.»

Si le Blizzard tente bel et bien de s'en sortir avec les effectifs en place, Desjardins se montre sceptique.

«Surtout que plusieurs joueurs sont très affectés en ce moment par leur décision de me mettre à la porte. Je souhaite tout le bien possible à l'équipe, la LNAH a besoin de Trois-Rivières. Mais là, c'est un groupe sans expérience qui décidera de tout, au sein d'une concession mal en point. Et toutes les solutions se retrouveraient à l'interne, soudainement? Tout ce que je peux ajouter, c'est "bonne chance".»

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