Le Blizzard s'approche du mur

Le robuste Martin Larivière estime que la LNAH... (Courtoisie Hugo Cotnoir)

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Le robuste Martin Larivière estime que la LNAH doit revenir à ses racines pour regarnir les gradins de certains amphithéâtres du circuit, dont le Colisée de Trois-Rivières.

Courtoisie Hugo Cotnoir

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CHRONIQUE / Ça fait des années que les vautours rôdent autour de la Ligue nord-américaine à Trois-Rivières. Au rythme où vont les choses, ils vont finir par se régaler à la fin de la saison.

Après des années de vaches maigres, le Blizzard a atteint le fond du baril. Non seulement l'équipe n'arrive pas à gagner, mais elle a été surpassée au chapitre des assistances par les Patriotes de l'UQTR et même certains clubs de la Ligue senior A. Pour une équipe qui se vante d'offrir le meilleur calibre de jeu après la LNH, c'est une méchante claque!

C'est aussi un message clair que la vitesse et les habiletés, au hockey senior, ça ne fait pas nécessairement déplacer les foules. Les gens qui consomment ce genre de hockey, du moins en Mauricie, sont à la recherche de rivalités, de combats, de jeu physique. La victoire? Oui, oui.

Mais entre une défaite de 5-4 avec trois combats et une victoire de 2-1 sans boxe sur deux lames, vous pouvez me croire sur parole que c'est le premier scénario qui obtiendrait la faveur du jury.

Au cours du règne de Léo-Guy Morrissette, la LNAH a fait un virage important en réduisant les alignements et en obligeant les clubs à aligner un minimum de joueurs de 26 ans et moins. Le but était de diminuer les dépenses, devenues incontrôlables.

Petit à petit, l'aspect spectacle a rétréci, tout comme les assistances. Certains marchés ont résisté mieux que d'autres mais globalement, le lien est facile à établir. 

À Trois-Rivières, les méchantes langues disaient que c'était le style coloré de Morrissette qui faisait suer les fans. Que des proprios d'ici auraient automatiquement plus d'appuis. Or ils sont en place depuis quelques années et ils écrivent eux aussi leur bilan financier à l'encre rouge.

Le grand patron Ronald Lavertu a eu beau tirer la sonnette d'alarme en début de saison en indiquant être prêt à fermer le club si les gradins ne se remplissaient pas davantage, il a prêché dans le désert jusqu'à maintenant.

Donc, le mur approche, mes amis. Est-ce évitable? Martin Larivière pense que oui. À condition que le circuit Godin renoue avec ses racines. Larivière est un vétéran du hockey senior, avec 13 campagnes à son actif.

Un de ces guerriers qui ne recule devant personne, malgré ses 5'9''. Il a fait part de ses états d'âme via les médias sociaux il y a deux semaines et il persiste et signe, sa ligue doit se regarder dans le miroir.

«Le hockey a changé, c'est vrai. Notre ligue aussi. Le jeu n'a jamais été aussi rapide. Mais il manque quelque chose... le volet spectacle a été un peu trop tassé et c'est ce qui nous fait mal.»

Larivière ne fait pas dans la dentelle. Ça prend plus de gars en mesure de jeter les gants dans chaque alignement, selon lui. Et ça presse!

«Le fait qu'une équipe va être exclue des séries cette année change tout. La victoire devient centrale, même en novembre. Et pas juste pour les clubs dans le fond du classement, ceux qui sont en haut veulent se positionner le mieux possible.

Par le passé, les matchs étaient moins importants à ce stade-ci de l'année, les clubs pouvaient passer des messages. Ça provoquait des éticelles, ça obligeait des clubs à mettre sur la glace des hommes forts pour répondre. Cette année, sur le quatrième trio de certains clubs, il y a des spécialistes des unités spéciales! Désolé, mais ce n'est pas comme ça qu'on va attirer des gens», lance celui qui est surnommé Larry dans le milieu.

«Il faudrait d'ailleurs revenir à un alignement de 20 joueurs plutôt que 19. Il y a des bons bagarreurs qui pourraient revenir dans la ligue. Ils sont là, ils sont disponibles mais les clubs n'ont pas de place actuellement pour eux. On se tire dans le pied.»

Il donne l'exemple du senior A, un calibre de jeu nettement inférieur qui a néanmoins la cote.

«J'ai des amis qui jouent dans cette ligue et je regarde les combats, personne ne peut nier que le calibre de jeu et le calibre des bagarreurs est inférieur à ce qu'on offre dans la LNAH. Mais dans le senior A, ça brasse pas mal plus et on voit ce qui se passe aux guichets.

Je ne pense pas qu'on doit revenir aux mêlées générales, qui se produisent encore dans le senior A, mais il faut rétablir l'équilibre», propose Larry.

«Ça doit être une prise de conscience de ligue. Regarde Jonquière et Saint-Georges, ils ont fait un méchant bon recrutement. Ces équipes-là gagnent mais comme ils ont trop de bons joueurs, ils ont tassé de la robustesse et des bagarreurs. Résultat, Jonquière et Saint-Georges ne donnent plus de spectacle sur la route. C'est problématique.»

Le point de rupture approche peut-être, les équipes de la LNAH ont quand même des budgets imposants. Une ligue ne peut fonctionner à 2-3 équipes! Les Prédateurs de Laval sont sur le respirateur articiel. On chuchote en coulisses qu'ils vont déménager à Saint-Jérôme l'an prochain.

À Trois-Rivières, c'est encore plus nébuleux, avec un propriétaire fatigué de manger de l'argent. Cette concession a fait des erreurs stratégiques depuis quelques années, plusieurs transactions ont été bouclées à l'avantage des autres équipes.

Et cette perte de robustesse généralisée semble faire plus mal ici qu'ailleurs. Malgré la bonne volonté des nouveaux hommes de hockey en place, il est dur de ramer contre une vague de fond aussi puissante...

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