Manon Rhéaume, 25 ans plus tard: une passion, de mère en fils

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À l'instar de leur mère, les enfants de Manon Rhéaume carburent au hockey. L'un d'entre eux, Dylan, a choisi la même voie, avec un masque et de grosses jambières

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Michel Lamarche
La Presse Canadienne
Montréal

Telle mère, tel fils. Voilà un dicton que l'on entend peu, et là encore dans un contexte bien précis. Mais au hockey? C'est pourtant ce que cherche à accomplir et peut-être même surpasser Dylan St. Cyr, le garçon de Manon Rhéaume.

«Quand j'ai commencé, j'ai joué à l'avant et comme gardien de but et j'avais même choisi de devenir attaquant. Mais je pense que ç'a duré deux semaines. Je ne voulais jamais quitter la patinoire», explique le jeune homme de 17 ans.

Le hockey est tellement imprégné dans l'ADN de Dylan qu'il ne s'est jamais vraiment lancé dans d'autres disciplines sportives. Une situation différente de sa mère qui, à un certain moment de sa jeunesse, a dû choisir entre le hockey et le ski alpin.

«Comme mon père (Gerry St. Cyr, qui a évolué dans la Ligue junior de l'Ouest et dans la ECHL) et ma mère ont tous deux pratiqué ce sport, ça été facile pour moi d'y plonger. Je devais avoir deux ans quand j'ai chaussé des patins pour la première fois. Il n'y a jamais vraiment eu autre chose.»

Dylan profite évidemment d'une situation privilégiée, mais les conseils que sa mère lui prodigue sont de nature psychologique d'abord et avant tout.

«Quand il a commencé, je lui donnais des trucs au niveau technique, mais depuis qu'il peut compter sur un entraîneur des gardiens, j'essaie de le conseiller sur l'aspect mental», précise Manon.

Celle-ci dit se revoir dans certains des rituels et dans l'attitude de son fils.

«À la fin de l'échauffement, il tient à saisir la rondelle de sa mitaine avant de sortir de ses buts. C'est quelque chose que je faisais et dont on ne s'est jamais parlé. Aussi, avant un match, il est exactement comme je l'étais; il ne parle pas, il est dans sa bulle. Et sa force mentale est incroyable», décrit-elle.

Nerveuse

Dylan confie n'avoir jamais senti que sa mère tenait absolument à ce qu'il se lance dans le hockey, et encore moins comme gardien de but.

«Elle voulait que je sois heureux avec les choix que j'allais faire. En fait, je pense qu'elle aurait préféré que je sois un joueur d'avant, parce que je sais qu'elle est très stressée chaque fois que je suis dans les buts», dit-il.

Rhéaume ne le nie pas. Si on l'observe dans les gradins alors qu'elle regarde Dylan jouer, on ne devinerait jamais qu'elle a le trac. Mais elle assure qu'elle est très nerveuse pour lui.

«J'ai beaucoup plus de respect pour mes parents parce que de voir ton enfant être gardien de but, c'est probablement la position la plus difficile. Jouer, c'est plaisant. J'adore ça. J'adore la pression. Mais quand c'est ton enfant, c'est plus difficile.»

Elle a d'ailleurs été soulagée quand Dakoda, le cadet de la famille qui aura 10 ans en décembre, a choisi de vouloir inscrire des buts plutôt que d'empêcher les joueurs rivaux d'en marquer.

«J'étais contente! avoue-t-elle sans détour. C'est moins stressant pour moi! Aussi, je ne voulais pas qu'il suive les traces de son frère et qu'il soit comparé à lui. Ça lui sera plus facile d'avancer en jouant à sa position à lui.»

Membre de l'équipe des moins de 18 ans du Programme national d'entraînement et de développement de USA Hockey, St. Cyr a aidé sa formation à remporter le Tournoi des cinq nations, qui réunissait des équipes de la Suède, de la République tchèque, de la Finlande et de la Suisse.

Lors de cette compétition tenue au début de novembre, à Plymouth - tout près de la résidence familiale - devant de nombreux dépisteurs de la LNH et agents de joueurs, St. Cyr a signé trois victoires en quatre matchs, affiché une moyenne de buts alloués de 2,00 et un taux d'arrêts de ,909.

Malgré ces belles statistiques, la route de Dylan vers la Ligue nationale est parsemée d'embûches à cause de sa taille. À cinq pieds huit pouces et 158 livres, il ne correspond pas au prototype de gardiens de buts du 21e siècle, c'est-à-dire grand et costaud.

Mais ça ne devrait pas l'empêcher de se hisser jusqu'au niveau universitaire. D'ailleurs, il s'est engagé à joindre, en 2018, les Wolverines de l'Université du Michigan, une prestigieuse institution située à Ann Arbor, à 30 km à peine de la résidence familiale.

Et c'est aussi loin qu'il regarde lorsqu'il est question de son avenir. «Quelle est ma route? Je ne le sais pas. On verra. Mon but ultime est de faire preuve de combativité et de me concentrer sur le moment présent.»

Rhéaume dose aussi ses attentes envers ses deux enfants, du moins en ce qui a trait au hockey.

«S'ils jouent au niveau collégial ou chez les professionnels, tant mieux, dit-elle. Mais c'est plus que ça. Je leur souhaite d'apprendre des leçons de vie à travers le hockey. Aujourd'hui, je regarde la façon dont mon plus vieux s'entraîne et se nourrit. Avec USA Hockey, les joueurs apprennent tellement de belles leçons que je suis certaine que ça va rester avec eux pour le reste de leur vie.»

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